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Crise sanitaire, bilan annuel, saisonniers... Les confidences de Jean-Luc Biamonti, président-délégué de la SBM

Président-délégué de l’entreprise, Jean-Luc Biamonti observe à mi-parcours de son exercice annuel, que le chiffre d’affaires a progressé cette saison. Mais la menace covid rôde toujours.

Cédric Verany Publié le 02/12/2021 à 15:30, mis à jour le 02/12/2021 à 15:31
"Est-ce que les chiffres satisfaisants de 2021 vont tenir avec l'arrivée du nouveau variant?", se questionne Jean-Luc Biamonti, président-délégué de la Société des Bains de Mer. Photo Michael Alési/Dir’Com’
La saison estivale 2021 permet à la Société des Bains de Mer de se "positionner pour que ça redémarre" Photo Cyril Dodergny.

Il n’a pas pour habitude de prendre la parole à ce moment de l’année sur les activités de l’entreprise qu’il dirige. Mais le président-delegué de la Société des Bains de Mer, Jean-Luc Biamonti, a accepté de faire un point alors que le premier semestre de l’exercice en cours, du 1er avril au 30 septembre, de la société s’achève.

Avec un chiffre d’affaires en forte augmentation par rapport au premier semestre de l’exercice précédent, à savoir 311,4 millions d’euros contre 168,8 millions d’euros à la même époque dans l’exercice 2020/2021 et une hausse dans tous les secteurs.

Faut-il y voir les signes d’une éclaircie, même si le rebond de la crise sanitaire semble assombrir la fin d’année? Jean-Luc Biamonti livre son sentiment.

 

Après une nouvelle saison placée sous le signe de la Covid-19, les résultats de l’entreprise semblent meilleurs?
Ces chiffres sont à contraster dans la mesure où les trois premiers mois de la saison ont été difficiles. Fin juin, ça s’est amélioré. Puis les mois de juillet, août, septembre ont été très bons. Octobre a continué sur le même train. Si on se compare à l’année 2020, qui était une année catastrophe, forcement nous sommes en très grande hausse. Mais en comparant ces chiffres à l’été 2019 qui était un très bon été, on se retrouve 24% en dessous, ce qui est, quand même, plutôt satisfaisant. Cette performance financière s’explique aussi via l’impact du plan de sauvegarde de l’emploi mené dans l’entreprise ainsi que toutes les économies de coûts qu’on a essayé de faire. Ce qui porte ses fruits, car avec un écart de chiffre d’affaires important entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2021, de l’ordre de 100 millions d’euros en moins, nous faisons les mêmes résultats, ce qui montre que nous avons fait des économies.

Quelles conclusions établir alors que la crise sanitaire est toujours une réalité. Que la SBM tire son épingle du jeu?
L’entreprise est bien positionnée pour que ça redémarre. Cet été, je dois dire que nous avons peu souffert, grâce à une clientèle du Moyen Orient et des États-Unis qui est venue. Il y a quinze jours, je vous aurais dit "nous sommes repartis". Depuis, avec la progression de ce nouveau variant, je suis un peu moins optimiste, bien que nous soyons plutôt bien lancés sur les réservations du mois de décembre. Mais est-ce que tout cela va tenir? Les menaces sanitaires sont là, beaucoup d’événements s’annulent. On commence à enregistrer des annulations d’Américains, même si traditionnellement pour les fêtes de fin d’année, la clientèle étrangère est principalement italienne…

Vous craignez de nouvelles mesures restrictives?
Je crois que tout est fait, aujourd’hui par les gouvernements pour éviter des décisions sévères. À ce jour, on peut dire qu’à Monaco, le gouvernement a bien géré la situation. On peut leur faire confiance.

Ces dernières semaines, la SBM a redoublé d’animations pour faire vivre le resort. Allez-vous poursuivre?
Dès que nous nous sommes donné un peu de mal pour faire des animations, en effet, la clientèle a répondu présent. Elle est là, contente des initiatives, prête à dépenser. Nous observons d’ailleurs que le prix moyen de dépense par couvert augmente dans les restaurants. Il y a une attente et une volonté de consommer. Pour les fêtes de fin d’année, nous continuons avec de très grands décors de Noël qui seront illuminés ce soir place du Casino. Nous lançons aussi un chalet gourmand, avenue Monte-Carlo où il sera possible de commander en amont et de venir récupérer des plats réalisés par les chefs du groupe. Et pour le 31 décembre, nous ferons le traditionnel compte à rebours sur la façade du Casino et nous accueillerons, au Sporting, les frères Jackson, qui ont cinquante-cinq ans de carrière.

Autour de Jean-Luc Biamonti pour la clôture du Festival des étoilés, les chefs Yannick Alléno, Franck Cerutti, Manon Fleury, Marcel Ravin, Dominique Lory et Alain Ducasse. Photo Monte-Carlo SBM.

En parallèle, vous avancez le recrutement de vos saisonniers de 2022 à début décembre. Pourquoi ce choix?
Nous devons préparer l’été 2022, il n’y a pas de raison que la saison prochaine soit sous cloche. D’habitude nous faisons ces recrutements en janvier, cette fois nous avons choisi de les proposer les 9 et 10 décembre au One Monte-Carlo et j’espère que nous aurons beaucoup de candidats. À nous ensuite de trouver le bon équilibre et doser pour déterminer nos besoins en personnel pour la saison prochaine, sachant qu’on ne sait pas ce que l’été 2022 nous réservera. Mais je reste optimiste…

Le numérique est au cœur de nombre de développements en Principauté. Est-ce le cas aussi au sein de votre entreprise?
Oui, en effet. Nous avions une base de données clients qui n’était pas totalement fiable. Alors nous avons fait un gros effort financier pour l’homogénéiser et repartir sur une base solide pour les Jeux, baptisée Casino Management System qui permet de suivre chaque client, savoir ses habitudes de jeu et ses attentes. C’est une remontée d’informations énorme. En janvier, le Customer Relationship Management permettra d’intégrer l’ensemble des établissements du resort à ce système. C’est une manière d’harmoniser des données sur nos clients de manière globale. La digitalisation va nous aider pour solliciter nos clients aux bons moments, savoir ce qu’ils aiment. Cette relation existait par l’humain avec une marge d’erreur. Via ce système plus automatique, cela permettra d’avoir moins de trous dans la raquette. Nous étions probablement un peu en retard, mais on a récupéré ce retard…

 

Comment progressent les travaux envisagés dans plusieurs établissements gastronomiques du groupe?
Nous venons de déposer la demande de permis de construire du Café de Paris. Les premières esquisses plaisent, nous attendons les autorisations mais, dans l’intervalle, nous nous préparons. À l’hôtel Hermitage ensuite, les travaux vont démarrer pour transformer le Vistamar en Pavyllon Alléno comme prévu. Nous devrions ouvrir en avril prochain. Yannick Alléno est ravi, il a un vrai pouvoir d’attraction et nous avons explosé les chiffres cette année du Vistamar, qui a toujours été un restaurant compliqué à exploiter car excentré.

Et les saveurs libanaises de Em Sherif s’installeront aussi au printemps prochain dans l’ancien Omer à l’hôtel de Paris…
En effet, nous souhaitions depuis longtemps proposer cette offre dans notre groupe. Tous les Libanais que nous interrogions nous disaient qu’Em Sherif était le meilleur restaurant de Beyrouth. C’est en effet une très bonne cuisine et un très bon management. L’équipe d’Em Sherif sait ce qu’attend la clientèle dans leurs établissements et supervisera l’ouverture à Monaco. Elle est même extrêmement confiante sur sa réussite en Principauté, si bien que lors de la conclusion de notre accord financier, ils se sont engagés à nous rendre une partie si nous n’atteignons pas le chiffre d’affaires que nous nous sommes fixé.

Offre numérique MM+

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