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Crédits douteux : des

Les 250 associations ou professionnels floués il y a deux ans par « Var Solutions Documents » désespèrent de la lenteur de la justice. Inexorablement, leurs comptes plongent dans le rouge

Publié le 22/02/2016 à 05:13, mis à jour le 22/02/2016 à 05:13

Présidents d'associations sportives, chefs d'entreprise, professions libérales : ils sont près de 250 en France, des dizaines dans le Var et les Alpes-Maritimes, à être tombés il y a deux-trois ans dans le piège tendu par la société « Var Solutions Documents » (VSD). Ils ont succombé à d'alléchantes propositions de sponsoring. L'entreprise a, depuis, été liquidée. Son gérant, un dénommé Serge Bruzzechesse, sévirait désormais aux États-Unis. Les victimes s'inquiètent aujourd'hui de la lenteur du dossier, car l'affaire ne devrait être jugée que l'an prochain. Nombre d'entre elles, des clubs notamment, n'osent témoigner, par honte de s'être faits duper. Mais leur colère est immense, et leurs comptes s'enfoncent dans le rouge.

Une offre alléchante

À quelques variantes près, le scénario est toujours le même. Un commercial prétendument possesseur de la « carte Samsung » démarche le club. Il brandit une offre alléchante : un sponsoring de allant de 1 000 à 4 000 euros par an permettant aux clubs, par exemple, d'acheter maillots ou ballons. En échange, un leasing sur un photocopieur Samsung et un ordinateur contre quelques dizaines d'euros par mois. Du tout cuit.

 

Le contrat est soit signé à la va-vite, soit complété ultérieurement par le commercial sous le sceau de la confiance mutuelle. Erreur…

Le sponsoring attendu ne vient jamais, et les mensualités versées à la banque continuent de courir, parfois multipliées par dix. En outre, le plus souvent, la durée initiale du contrat a été doublée, voire triplée, par VSD, de façon douteuse.

Ainsi, le petit club se retrouve rapidement dans le rouge et finira par payer 40 000 à 600 000 euros un photocopieur qui ne vaut que... 3 000 euros ! De quoi mettre la clé sous la porte.

Cette vaste escroquerie prête d'autant plus à la compassion que nombre de victimes sont de petites associations, aux responsables aussi dévoués que crédules.

 

Il faut payer…

On y trouve ainsi pêle-mêle le club d'aïkido ou le Tennis-club de Mougins (lire page ci-contre), le club de basket de Grimaud - Sainte-Maxime, le club de volley de Draguignan, des garagistes, un bureau d'études, etc. Et même des avocats qui, honteux de s'être fait piéger et craignant pour leur réputation, préfèrent payer plutôt que de déposer plainte. Si les faits remontent à deux ou trois ans, plusieurs associations des Alpes-Maritimes et du Var en payent encore les frais et devront, pour certaines d'entre elles, se dissoudre et renaître de leurs cendres pour éviter la banqueroute.

Risque supplémentaire : leurs dirigeants peuvent in fine être poursuivis par les banques sur leurs biens personnels (lire page ci-contre).

Aujourd'hui, de nombreuses actions judiciaires particulières ou groupées sont en attente devant les tribunaux civils, et très peu de dossiers ont été jugés au fond. Il faut donc payer à des banques qui ont tout intérêt à gagner du temps…

« Fait rarissime, le procureur de la République de Toulon est intervenu personnellement devant la lenteur des procédures au tribunal de commerce et les risques qui en résultent pour la survie des entreprises victimes et les emplois induits », souligne Me Boris Ayache-Bourgoin, avocat parisien qui défend quelque 250 victimes. Il y a urgence.

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