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Covid-19: 10% du budget de l’État monégasque pour sauver l’emploi

Mis à jour le 15/12/2020 à 22:42 Publié le 15/12/2020 à 22:42
Les touristes n’ayant pu venir jusqu’à Monaco, l’hébergement et la restauration ont été très touchés par la crise.

Les touristes n’ayant pu venir jusqu’à Monaco, l’hébergement et la restauration ont été très touchés par la crise. Photo archives Jean-François Ottonello

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Covid-19: 10% du budget de l’État monégasque pour sauver l’emploi

D’un point de vue social et économique, la crise sanitaire replace Monaco comme en 2017. Le gouvernement a dépensé 100 millions pour protéger les salariés et permettre la relance.

Si 2020 a démarré fort, elle a été stoppée net par la crise sanitaire; puis elle a redémarré à moitié en juillet/août, pour ralentir en septembre.

Une année singulière que le gouvernement a décryptée mardi 15 décembre, en conférence de presse au Ministère d’État.

Le conseiller aux Finances Jean Castellini et le conseiller aux Affaires sociales et la Santé Didier Gamerdinger ont analysé les chiffres rassemblés par Sophie Vincent, directrice de l’Institut Monégasque de la Statistique et des Études Économiques (IMSEE).

Des chiffres qui n’ont rien de folichons mais qui permettent de garder de l’optimisme. Car, "quand on déconfine, l’activité reprend, même si elle est bridée par les déplacements à l’étranger", souligne Jean Castellini.

Le conseiller pour les Finances et l’Économie veut axer tous les efforts du gouvernement sur la relance avec le fonds rouge et blanc, la prime exceptionnelle, la poursuite du CTTR (Chômage Total Temporaire Renforcé) et la CARE (Commission d’Accompagnement de la Relance Économique).

Comme en 2017

Les deux mois de juillet et août ont ainsi vu une fréquentation de 60% et Monaco n’a pas bradé sa destination (les prix moyens ont été en baisse de 9%).

Mais septembre a été très impacté par l’annulation de deux grosses manifestations: les rendez-vous des réassureurs et le Monaco Yacht Show.

Aujourd’hui, à Monaco comme partout dans le monde, la situation demeure fragile et très incertaine. Et les deux mois d’été n’ont pas permis de rattraper le retard du printemps. 2020 est en recul et ses chiffres en termes d’emplois et de chiffre d’affaires sont ceux de 2017.

Sophie Vincent a souligné que quasiment tous les indicateurs du commerce extérieur, de l’économie, du tourisme et de l’emploi sont à la baisse. "L’économie monégasque continue d’être impacte par la situation sanitaire."

À titre d’exemple, le commerce extérieur se retrouve à un niveau légèrement inférieur à 2015 et les transactions hors Europe reculent de 47%.

Le chiffre d’affaires de Monaco (hors activités financières et assurance) recule de 2,2 milliards d’euros, soit 11%. Un niveau qui est celui d’il y a deux ans.

Parmi les secteurs les plus impactés par la crise, on trouve l’hôtellerie et la restauration qui dégringolent de 51%, ainsi que les activités récréatives, sportives, culturelles et les casinos. Idem pour le commerce de détail, la bijouterie et l’habillement.

A contrario, les activités financières et les banques tirent leur épingle du jeu avec un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros, soit une progression de 3,5%.

53.587 emplois au troisième trimestre

Le CTTR, mis en place dès mars 2020, a permis de sauver des emplois.

Il n’en reste pas moins vrai que le nombre de salariés est en baisse avec exactement 53.587 emplois en septembre, ce qui correspond à une baisse de 7,7% en comparaison des chiffres de 2019.

"L’hébergement et la restauration sont les secteurs les plus touchés avec 2.300 emplois perdus", note Sophie Vincent, directrice de l’IMSEE. Ce qui correspond à une chute de 23%.

A contrario, le secteur de la construction montre une augmentation de 5% du nombre d’emplois qui passe de 5.153 à 5.418.

La crise a eu un impact plus important sur le nombre d’heures que sur le nombre d’emplois (protégé par le CTTR), notamment au deuxième trimestre 2020.

Depuis le mois de mars, le nombre d’heures mensuel est inférieur à celui de 2019, entraînant un retard d’heures cumulées de 11 millions d’heures (soit -16%).

Depuis avril, l’écart mensuel par rapport à l’année dernière se réduit pour parvenir en septembre à une baisse de 10%.

Ainsi, le nombre d’heures travaillées au troisième trimestre est en augmentation de 33 % par rapport au deuxième trimestre 2020.

"Deux années de croissance ont été effacées"

Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement pour les Affaires sociales et la Santé, souligne que "le système du CTTR a fonctionné à plein en mars et avril. Il a repris en septembre et octobre et se poursuit en fin d’année notamment en raison de la fermeture des bars. L’état a consacré 10% de son budget à aider les salariés, soit 100 millions d’euros. Un chiffre qui devrait être de 110 millions en fin d’année. Ce dispositif a donc permis de protéger l’emploi. De même, le nombre de demandeurs d’emploi, assez important lors du confinement, puis en baisse en juin et durant la période estivale, est moins important qu’en 2017 et 2018".

Il est intéressant de constater que janvier a démarré sur les chapeaux de roues: le nombre de salariés était supérieur aux années précédentes.

Mais dès février, les missions d’intérim n’ont pas été renouvelées. Et le nombre d’emplois est retombé à la situation de 2017.

Didier Gamerdinger souligne ainsi que "deux années de croissance ont été effacées". Mais, malgré cela, "les chefs d’entreprise sont optimistes. Le CTTR a fonctionné comme amortisseur de la crise".

Jean Castellini ne crie évidemment pas victoire. "Le gouvernement reste vigilant. L’épreuve n’est pas terminée. Les dispositifs CTTR et CARE se prolonge. Certaines professions comme les taxis, au vu de la faible reprise du tourisme, continueront aussi de faire l’objet d’aides au premier trimestre 2021."

Grande incertitude pour 2021

L’exonération partielle des charges patronales étendue aux petites entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 millions a permis de venir en aide à quarante chefs d’entreprise supplémentaires.

Montant total des cotisations prises en charge est de 1 million d’euros, soit 200.000 euros par mois. Pour Jean Castellini, "l’objectif n’est pas de dépenser tous les crédits votés mais de dépenser bien".

L’incertitude est grande sur 2021; et même sur la fin de l’année. Le couvre-feu en France devrait interdire aux résidents français de dîner ou d’aller aux spectacles à Monaco.

Une entrave de plus qui aura forcément un impact sur l’économie monégasque.

Prochaine échéance le 18 décembre à minuit. Il va s’agir de savoir quelles restrictions Monaco va décider de mettre en place pour la fin de l’année...

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