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Comment Monaco vise l’excellence numérique

Mis à jour le 25/06/2018 à 13:24 Publié le 25/06/2018 à 05:00
Le Club Eco de Monaco s'est réuni à la Résidence du Ministre d'Etat.

Le Club Eco de Monaco s'est réuni à la Résidence du Ministre d'Etat. Jean-François Ottonello

Comment Monaco vise l’excellence numérique

Club Eco Le numérique est un axe majeur de la feuille de route du gouvernement princier pour 2018. Comment la Principauté se prépare-t-elle à en devenir un leader mondial ?

Smart Nation, Smart Principauté, Principauté intelligente, la terminologie précise du numérique comme marque d'excellence de Monaco n'est pas encore définitivement arrêtée, mais la structuration du plan d'action elle, est bel et bien en phase d'accélération. Comment le gouvernement princier et les opérateurs privés mettent-ils en œuvre le Monaco numérique de demain ? Les partenaires du club Eco de Monaco en débattent à l'invitation du Ministre d'État Serge Telle, qui a également convié à intervenir à ses côtés Frédéric Genta, le délégué interministériel chargé de la transition numérique de la Principauté de Monaco.

Serge Telle, quelle est votre vision du Monaco numérique de demain?
Il y a deux ans et demi, lorsque je suis arrivé, le Prince Albert m’a fixé comme feuille de route, ce qui constitue le programme politique du gouvernement, de préserver et de développer le modèle social monégasque, d’augmenter l’attractivité de Monaco et de continuer les grands projets structurants de la Principauté. Dans ce monde en mutation, il y a un outil qui touche tous ces sujets et qui est essentiel, c’est le numérique. C’est cet outil qui va faire en sorte que les Monégasques verront leur vie quotidienne changer. C’est cet outil, selon qu’on réussit le pari, qui modifiera la nature profonde de la Principauté et qui en constitue un chantier structurant.

Comment la démarche de transition se met-elle en place?
Nous y avons mis un budget conséquent parce que c’est un impératif. Le monde change. La façon de consommer, de travailler, d’interagir se modifie. Le numérique est un outil pour continuer à être attractif et prospère. Il faut y mettre les moyens humains et financiers. En parallèle, nous avons créé une agence de la sécurité numérique et créé presque vingt équivalents temps plein sur 2018. Ce qui représente un effort pour un budget comme le nôtre.

Quelles sont les priorités de votre stratégie?
On doit s’occuper à la fois de la mobilité propre et de la relation de l’administration avec les administrés. Monaco qui est en avance sur tout avait pris du retard sur le numérique. Selon les indicateurs des Nations Unies, Monaco est assez loin dans la dématérialisation de son administration. Nous avons besoin de la renforcer et de créer cette Principauté intelligente ou smart nation, selon la terminologie que nous adopterons. Notre objectif est de devenir un leader mondial du numérique, en étant encore meilleur là où l’on est bon, et en travaillant à un numérique haute couture. Je laisse le soin à Frédéric Genta de développer ces points.

Frédéric Genta, vous êtes en poste depuis trois mois. Quel est votre diagnostic sur le numérique à Monaco?
Monaco a des avantages compétitifs: des infrastructures solides en terme d’accès à Internet, une volonté très forte du Souverain et du Ministre, une motivation tout aussi forte des équipes. On sent que le numérique est une grande cause nationale. L’information et les communications représentent 3% de l’emploi en Principauté et 4,5% de notre PIB. On a des champions comme MISet Platinium Group, un tissu local très fort. On a une attractivité réelle. J’ai rencontré une quarantaine d’entreprises dont Amazon, Google, Decaux, Schneider Électric. Aujourd’hui, tout le monde a envie de travailler avec Monaco. Il faut trouver la bonne façon de le faire. On n’est pas la Silicon Valley mais le reste du monde veut que Monaco soit leur showroom, c’est un atout extraordinaire. Le but est de faire venir les meilleurs du monde et de les mettre en musique pour servir Monaco.

Des points de faiblesse?
On a de vrais problèmes sur les outils informatiques dans l’État, on utilise des systèmes archaïques, on n’a pas de système de dématérialisation, pas de cloud souverain. Sur ses e-services, Monaco a dématérialisé 6 % de ses procédures, un pays dans la normalité c’est 40 à 50 %, l’Estonie c’est 80 %. On est aussi une ville moins connectée que peut l’être notre voisine niçoise en terme de mobilier. Et on n’a pas encore de structure pour former la population et être inclusif avec le numérique.Ce qui un facteur de réussite majeur. C’est rarement la technologie qui crée le business, c’est son appropriation par l’usager.

Vos perspectives à trois ans et à six mois?
Pour parvenir à un numérique haute couture au service des usagers et des entreprises, nous avons deux priorités: l’attractivité et la prospérité économique. Pour renforcer l’attractivité, il faut être meilleurs là où l’on est bon, comme le modèle social, et travailler sur les expériences de vie: la santé, la sécurité, l’éducation, la mobilité, la relation avec l’administration et les instances publiques. Pour la prospérité, il ne faut pas que le numérique soit un centre de coût mais un moteur pour ramener de l’emploi, de la TVA. Le numérique doit être un axe économique aussi bien qu’on a pu le faire avec le luxe, la finance, l’environnement, le tourisme. Il n’y a aucune raison pour ne pas y arriver. Le numérique demande peu d’espace et de la forte valeur ajoutée. C’est exactement ce que l’on est.

Un exemple d’action dans la e-éducation?
À trois ans, nous voulons un enseignement digitalisé et personnalisé. C’est la fin des mêmes exercices de maths pour tous.On passe dans l’individualisé. Àcourt terme, nous mettons en place du coding, avec une méthode utilisée par 15 millions d’Australiens et d’Anglais. Chaque élève aura un circuit intégré avec un robot qui augmentera en complexité chaque année. C’est en test sur 2018, en full-time pour 2019.

Sur la mobilité, sujet sensible?
À trois ans, on travaille sur un outil digital multimodal. Je suis ici, je veux aller là, l’appli m’indique le trajet et le moyen de transport les plus efficaces en fonction des préférences et abonnements que l’on a rentrés. On mène une réflexion sur la modélisation de la ville, avec la Smeg notamment. On travaille à une plateforme qui, dès que l’on a un choix stratégique à faire, implanter un immeuble, des antennes, nous indique l’impact sur le reste. Avec des outils de planification, modélisation et gestion de la ville. Une ville connectée, intelligente pour prendre les meilleures décisions. A court terme, on réfléchit à ce qui est mobilier urbain connecté.

Vous parliez aussi d’inclusivité...
On travaille au lancement d’une plateforme d’e-learning pour les 6000 fonctionnaires et agents de l’Etat, notamment les 4000 qui n’ont pas de poste de travail et dont le besoin en formation est aussi nécessaire. Avec des locaux et des coachs dédiés. Au-delà de la dématérialisation éminem-ment symbolique, c’est un message qu’on envoie. La notion d’exemplarité est importante.Le numérique est une énorme excuse pour faire ce qu’on ne faisait pas avant.

Côté nouvelles opportunités économique...
Je ne cache pas qu’on est moins avancé et que nous sommes encore en phase de réflexion. Il y a un sujet blockchain, forcément. Pas forcément sur une vision de cryptomonnaie. Mais plutôt comme base neutre pour la sécurité. Travailler des axes alignés sur ce qui existe en Principauté, cohérents avec notre image de marque. Doit-on être être reconnu comme place de financement comme Istanbul et Londres? Être le lieu où les entreprises installent leur siège pour l’Europe? Il faut affiner.

Votre regard sur Monaco Tech?
C’est un succès. On va mettre en place une structure qui fera le lien entre l’incubation et le pays, pour pousser ces startups le plus loin possible. On réfléchit aussi au scalable, le côté vie du produit. On est business friendly, on accueille toutes les startups du marché en Principauté, mais sur Monaco Tech, à titre personnel, je pense qu’on va devoir se spécialiser. Déterminer deux ou trois axes d’excellence comme le Real Estate, les CleanTechs, les FinTechs pour à la fin des fins créer des clusters puissants [N.D.L.R.: Serge Telle d’approuver cette nécessité de spécialisation].


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