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Comment la Société des Bains de Mer a fait un gain de 850 millions d'euros

À l’issue d’une opération financière complexe, le groupe vient d’annoncer que Betclic, son activité de jeux en ligne, a été cédée. Les explications de Jean-Luc Biamonti.

Joelle Deviras Publié le 06/07/2022 à 12:08, mis à jour le 06/07/2022 à 12:08
Jean-Luc Biamonti, Président-délégué de la Société des Bains de Mer. Photo Cyril Dodergny

Un gain de 850 millions d’euros: c’est l’annonce que vient de faire la Société des Bains de Mer (SBM).

Le 30 juin dernier, SBM International, filiale du Groupe, vient de réaliser le transfert de sa participation dans Betclic Everest Group (BEG) vers FL Entertainment. La SBM poursuit toutefois le partenariat qu’elle avait avec Stéphane Courbit et avec qui elle partageait BEG à parts égales.

Jean-Luc Biamonti, Président-délégué de la SBM, explique comment cette opération financière a été possible.

 

En quoi a constitué le transfert de Betclic Everest Group vers FL Entertainment?
Stéphane Courbit avait d’une part sa société de production audiovisuelle et d’autre part Betclic Everest Group qu’il partageait avec nous. Il a voulu coter son groupe en bourse en l’apportant à Pegasus Entrepreneurs qui a fusionné avec FL Entertainment. Nous nous sommes associés à lui pour cette opération en apportant notre part de BEG. La SBM a été payée pour moitié en cash - soit 425 millions, et l’autre moitié en actions valorisées au prix de 10 euros par action. FL Entertainment est cotée à Amsterdam depuis vendredi dernier : pour le moment, le cours reste supérieur à 11€. Il faut savoir que cette opération nous donne 10 % du capital de la société et un siège au conseil d’administration.

À l’heure où les marchés boursiers sont chahutés, c’est une belle performance…
Oui, c’est 850 millions gagnés pour la SBM.

Ne faut-il pas déduire de ces 850 millions le montant des investissements dans BEG?
En 2009 et les années qui ont suivi, nous avions investi 187 millions pour Betclic Everest Group et avions donné des garanties bancaires, ce qui nous ramenait à 281 millions. Au fil des ans, nous avons levé les garanties bancaires et récupéré 190 millions. Avant l’opération avec FL Entertainment, nous étions donc déjà gagnants.

C’est donc une très belle opération pour la SBM?
Effectivement. Nous sommes satisfaits des conditions que nous avons négociées. Nous avons de surcroît fait un parcours très enrichissant dans un secteur d’activité innovant, en pointe sur le digital et à l’issue de l’opération nous conservons un pied dans ce domaine puisque nous sommes actionnaires de FL Entertainment.

De quoi envisager de nouveaux investissements?
Nous allons discuter avec l’État, notre actionnaire majoritaire, et le Conseil d’Administration pour voir ce qu’il convient de faire. Il faut aussi penser aux actionnaires qui nous ont accompagnés tout au long du chemin et qui n’ont pas touché de dividende.

 

N’est-ce pas une occasion de financer de gros projets, à l’international par exemple?
À date, nous n’avons pas de projets internationaux à l’étude. Si cela devait changer, dans la mesure où la société marche bien en ce moment, les projets pourraient être financés.

Depuis combien de temps êtes-vous en affaires avec Stéphane Courbit?
En 2009, nous avons investi aux côtés de LOV Group, la holding de Stéphane Courbit. C’était à un moment où le gouvernement français avait annoncé qu’il allait légaliser les paris et jeux en ligne. Stéphane Courbit avait déjà acheté le leader français qui s’appelait Mangas Gaming, société qui possédait Betclic. Il avait préparé deux acquisitions, une en Scandinavie, l’autre en Allemagne / Autriche. Mais il n’avait pas les fonds à l’époque pour finaliser ces transactions. Nous avons donc souscrit une augmentation de capital de Mangas Gaming ce qui a permis à Betclic d’acheter les deux sociétés scandinave et allemande pour 185 millions. Nous détenions chacun, la SBM et Stéphane Courbit, 50% du capital de Mangas Gaming qui a ensuite acheté une société de poker en ligne appelée Everest. Le tout a été renommé Betclic Everest Group (BEG).

Betclic Everest Group n’était-il pas un pari risqué?
Il y a eu des hauts et des bas. Nous avons essuyé beaucoup de critiques. J’ai entendu dire qu’on dilapidait l’argent de la société. Deux événements n’ont pas été au rendez-vous. Nous pensions qu’il allait y avoir une harmonisation européenne des législations ; ce ne fut pas le cas. Il faut donc être présents dans chaque pays, avec un site et une infrastructure ; ce qui est infiniment plus compliqué qu’une structure centrale. Par ailleurs, à l’inverse de la plupart des autres pays, la France, notre marché principal, n’a jamais autorisé les casinos en ligne, ce qui n’a pas joué en notre faveur. Mais ce pari risqué au départ s’est révélé rentable sur la durée, la pratique des jeux en ligne s’étant largement répandue par le biais des téléphones portables. Stratégiquement, l’idée était de créer des synergies avec les casinos « en dur ». Nous voulions être présents sur le marché en ligne pour ne pas perdre une partie de notre clientèle.

Parce que les joueurs sont les mêmes?
Non, mais nous ne le savions pas à l’époque. Il s’est avéré que la clientèle en ligne a un profil beaucoup plus jeune que les joueurs de nos casinos.

Aujourd’hui, comment vous positionnez-vous dans le paysage des jeux et paris en ligne?
BEG est n° 1 en France dans les paris sportifs et n°2 dans le poker, n°1 dans les paris sportifs au Portugal et n°3 des parts de marché en Pologne.

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