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Comment Eca Group invente les robots et les drones du futur à Toulon

Leader mondial dans la guerre des mines, le groupe Eca a reçu la ministre de la Mer à Toulon. L’occasion de lui présenter ses drones sous-marins autonomes de haute technologie utilisés pour l’exploration et la surveillance en grande profondeur.

Ambre Mingaz Publié le 23/09/2021 à 18:30, mis à jour le 17/09/2021 à 18:06
La ministre de la Mer Annick Girardin a découvert les bijoux de technologies de cette entreprise fondée en 1936 et connue dans le monde entier. Luc Boutria

"Nous sommes presque plus connus en Australie que dans le Var comme une ETI technologique innovante." Drones navals, aériens, terrestres et autres équipements innovants vendus aux secteurs de la Défense, du maritime et de l'industrie: Eca Group (100 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2020) est un fleuron du territoire en matière d'aéronautique et de robotique, qui compte en tout 700 collaborateurs répartis à Toulouse et Saint-Nazaire pour l’aéronautique, et Toulon (le siège), Nantes, Montpellier, Lannion, Brest et en région parisienne pour la robotique. Lundi, ses responsables ont reçu à Toulon la visite de la ministre de la Mer Annick Girardin qui a remis l'ordre national maritime à Hervé Guillou, nommé à la présidence du conseil d'administration d'Eca Group en janvier 2021. L'occasion de faire découvrir à la ministre les bijoux de technologies dernier cri de cette entreprise fondée en 1936 et connue dans le monde entier.

L’entreprise du PAP

Pour exemples, à la fin des années 70, très investie dans la guerre des mines, notamment pour lutter contre les dangers sous-marins, Eca vendait ses premiers PAP ou robots "poissons auto propulsés", plus de 450 dans le monde entier et 22 aux Marines européennes et internationales. "Cinquante ans plus tard, nos robots sont toujours en utilisation y compris en France", assure fièrement Claude Cazaoulou, directeur des offres du pôle robotique chez Eca Group. L’entreprise figure aujourd'hui parmi les trois leaders mondiaux dans la guerre des mines.

En 2019, le groupe, aux côtés de Naval Group, a également signé "le contrat du siècle" de 2 milliards d'euros dont 500 millions d'euros pour ECA avec les marines belge et hollandaise pour leur fournir douze bateaux équipés de séries de robots made in Eca, soit une centaine de "joujous" de haute technologie en tout. "Pour Eca, c'est un gros marché et un fonds de roulement qui nous assure de l'activité pour dix ans." Sans compter par la suite l'entretien et la maintenance de ces robots.

"Nous sommes devenus des intégrateurs systémiens"

De quoi permettre aux ingénieurs d’Eca de poursuivre leurs recherches et d’inventer toujours davantage jusqu'à s'étendre à l'univers du système, soit "tout ce qui entoure les machines (dépouillement des données, suivi des missions, intégration de logiciels...). Nous sommes devenus des intégrateurs systémiens", sourit Claude Cazaoulou..

 

De l'intelligence artificielle en somme qui permet par exemple à ces robots de se conformer aux réglementations en vigueur en matière de trafic maritime et d'éviter tout obstacle. L'objectif étant de les rendre plus ou moins autonomes, même si certains restent téléopérés et supervisés, avec ou sans fil, depuis la surface par un opérateur.

Jusqu’à 6.000 mètres de profondeur

Parmi les petits bijoux d'Eca, certains drones sous-marins peuvent ainsi descendre jusqu'à 3.000, voire 6.000 mètres, de profondeur comme l’Ulyx conçu pour l'Ifremer. "A cette profondeur, comme il est plus difficile de communiquer avec le robot, il faut qu'il soit très autonome, capable de détecter ce qui est anormal, de se reconfigurer seul face à des événements, de réagir pour faire des images plus détaillées et les remonter à la surface."

Ces robots sont utilisés pour la recherche scientifique mais aussi pour photographier et cartographier les fonds, les épaves, surveiller des câbles sous-marins transatlantiques qui acheminent notre Internet, des champs d'éoliennes, des infrastructures pétrolières et demain pour la recherche de nouvelles ressources: minerais, matériaux...

 

Et pour aller toujours plus loin, alors que les J.O. 2024 se profilent avec des épreuves de voile prévues à Marseille, les ingénieurs varois d'Eca ont prévu une démonstration le 6 octobre à Hyères à l’attention des organisateurs. Dans le cadre de la protection côtière et portuaire, l'entreprise démontrera que ses robots, sur l'eau ou dans les airs, sont capables d'assurer des missions de surveillance du plan d'eau pour interdire l'accès à des intrus et, à l'avenir, pour les intercepter si besoin. "Toujours en complément des services de police, précise Claude Cazaoulou. L'intérêt du robot est qu'il vient soulager et compléter les moyens humains existants." Sa seule limite encore: son autonomie.

Herve Guillou, nommé à la présidence du conseil d'administration d'Eca Group en janvier dernier et ancien Pdg de Naval Group, a reçu l'ordre national maritime des mains de la ministre de la Mer. Luc Boutria.

Hervé Guillou médaillé de l'ordre national maritime

Depuis une fusion-absorption de décembre 2020 par le groupe Gorgé (1.800 salariés dans 7 pays, 275 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019), Eca Group est devenu "le" spécialiste ès robotique, simulation et aérospatial. Pas étonnant dans ces conditions qu’Hervé Guillou, l’ancien pdg de Naval Group (spécialisé dans le naval de défense et les énergies, partenaire majeur d’ECA Group) ait rejoint l’entreprise en janvier 2021 pour prendre la présidence de son conseil d’administration.

Un choix stratégique et judicieux qui devrait ouvrir à Eca de nouveaux marchés civils et militaires en France et à l’international. Car ce vice-président du Conseil général de l’armement, aussi président du Groupement des industries de construction et activités navales et résident du Comité stratégique de filière des industriels de la mer Hervé Guillou ne manque ni "d’entrées" ni d’expérience.

Décoré de l’ordre national maritime "pour ses engagements et son rayonnement dans le maritime en France", Hervé Guillou, polytechnicien, ingénieur, voileux aux origines bretonnes et ex-capitaine d’industrie, est un infatigable amoureux de la mer. "C’est de mon devoir aujourd’hui que cette filière qui représente 8% de croissance par an se développe."

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