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Ces chiffres qui prouvent que la Covid-19 a bien impacté l'économie de Monaco en 2020

Un an après l’arrivée du virus en Europe, quel est l’effet de la crise sanitaire sur l’économie de la Principauté. L’IMSEE a dressé le bilan de l’année 2020, entre instabilité et espoir de reprise

Marie Cardona Publié le 23/03/2021 à 08:12, mis à jour le 23/03/2021 à 08:18
Dans le secteur de l’immobilier, le nombre de ventes a été divisé par deux par rapport à 2019. (Photo Jean-François Ottonello)

Sans surprise, "les chiffres ne sont pas bons", a constaté Jean Castellini, conseiller de gouvernement-ministre des Finances et de l’Economie, ce lundi, à l’occasion de la présentation du bulletin trimestriel de l’économie de l’IMSEE (Institut monégasque de la statistique et des études économiques) pour le 4e trimestre 2020.

 

Aucun secteur d’activité n’a été épargné. En Principauté, malgré la reprise constatée lors de la période estivale et les fêtes de fin d’année, les indicateurs – en cumul annuel – restent en recul. "Les indicateurs étrangers vont dans le même sens. L’INSEE confirme une chute du PIB français de 8,3% en 2020."

La situation sanitaire demeure instable et continue d’être le principal déterminant de la reprise. "Un certain optimisme peut tout de même nous animer. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que l’activité mondiale se redressera en 2021, avec une anticipation de l’ordre de 4%. Le PIB de la zone euro devrait reculer de 7,5% en 2020 avant de rebondir à 3,9% en 2021."

Deux mois d’heures travaillées perdues

Après plusieurs mois de relative stabilité, l’emploi du secteur privé se redresse et atteint un niveau comparable à celui du début de l’année 2020. Le nombre d’emplois s’établit à 55 321 (- 2,7% par rapport à la même période en 2019).

Le dispositif du CTTR (Chômage Total Temporaire Renforcé) a coûté 114 M€. Il a permis de freiner la chute de l’emploi, même si plusieurs plans de départs volontaires ont été observés dans l’hôtellerie.

"Au pic de la crise, aux mois de mars et avril 2020, 22 500 personnes ont été placées en CTTR. En novembre nous en avions 6.500 et 5.900 en décembre", détaille Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé.

Grâce à ce rebond, l’écart mensuel 2019-2020 du nombre d’heures travaillées continue de se réduire. "Le nombre total d’heures cumulées sur l’année 2020 dépasse les 80 millions, contre 94 millions pour 2019. Soit près de 2 mois d’heures travaillées perdues", estime Sophie Vincent, directeur de l’IMSEE.

Le nombre d’employeurs est en légère baisse au dernier trimestre 2020: 56 entités de moins qu’en 2019 à la même période (-0,9%). L’hébergement et la restauration sont particulièrement touchés.

Du côté des demandeurs d’emploi, "leur nombre croît légèrement", annonce Didier Gamerdinger. Les chiffres récents font état de 1.019 personnes à la recherche d’un emploi en février 2021. "Nous avons des demandeurs d’emploi. Mais ce sont des chiffres que nous avons connus par le passé en saison creuse (NDLR: 1 .58 demandeurs d’emploi en janvier-février 2018 ; 1 120 en février-mars 2017.)"

Un premier pas vers la reprise. "Mais il faut être conscient qu’elle est parfois bridée par des mesures qui ne dépendent pas de nous et ralentissent les déplacements internationaux", souligne Jean Castellini.

Hôtels et croisières

L’hôtellerie est l’un des secteurs les plus touchés par la crise. "Tous les indicateurs sont orientés à la baisse", rapporte l’IMSEE.

Le taux d’occupation n’atteint pas les 30% en 2020 "alors qu’il était de près de 66% en 2019". "Les arrivées de personnes ont chuté de plus de moitié, de même que le nombre de chambres occupées."

Croisières: une baisse de 99,4%

Les ports restants fermés, "une seule escale et 1.105 passagers, en janvier 2020 sont comptabilisés. Soit une baisse de 99,4% par rapport à 2019".

Le chiffre d'affaires cumulé au niveau de celui de 2017

A la fin décembre 2020, le chiffre d’affaires de la Principauté (hors activités financières et d’assurance) s’élève à 13,81 milliards d’euros. "Il retrouve son niveau de 2017", note Sophie Vincent.

"Seuls trois grands secteurs d’activité voient leur chiffre d’affaires progresser 2020": les "activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien" (+24%), les activités immobilières (+17%) et de la Construction (+4%).

"En valeur, le commerce de gros est le secteur le plus impacté par la crise avec une baisse de 579 M €. En volume, c’est l’Hébergement et la restauration qui en pâtit le plus avec un chiffre d’affaires quasiment divisé par deux (- 48%)."

Le trafic aérien plombé par la crise sanitaire avec une chute de 64,6% (Photo JFO).

Vols: 63 passagers par jour

"La fermeture partielle de l’aéroport de Nice a eu des conséquences directes sur la Principauté", souligne Sophie Vincent. Le trafic aérien s’effondre avec "64,6% de vols et -70,6% de passagers". "Ce qui équivaut à 55.602 passagers de moins entre 2019 et 2020."

Sur la période 2016-2019, le nombre moyen de passagers journaliers s’élevait à 217. "En 2020, ce nombre chute à 63 personnes, soit une perte de 154 passagers par jour."

La fréquentation de l’héliport est aussi touchée même si ce sont les vols commerciaux qui enregistrent la plus forte baisse (- 72%)

Commerce extérieur: 3 ans de croissance effacés

La baisse des échanges mondiaux a fortement impacté la Principauté. "Avec un montant de 2,3 milliards d’euros, le volume global des échanges, hors France, recule fortement et retrouve son niveau de 2016. Trois années de croissance ont été effacées", commente Sophie Vincent.

Dans l’Union Européenne (hors France, toujours), l’Italie reste le premier partenaire de Monaco. Hors UE, il s’agit de la Suisse. "Les biens les plus échangés sont les articles de joaillerie et bijouterie, instruments de musique, les produits de la construction automobile et les produits en plastique."

Immobilier: les ventes divisées par 2

Si le secteur des activités immobilières se porte bien, c’est avant tout parce qu’il est porté par les activités des marchands de biens (+105 M €) et les revenus des locations des biens immobiliers (+45 M €).

Toutefois, "le nombre de ventes a été divisé par deux par rapport à 2019", rapporte l’IMSEE.

"Les bons résultats du second semestre (douze transactions) ne permettent pas de rattraper le retard accumulé au premier. Le recul en valeur est moins marqué (- 32%) que le nombre de ventes (-52%) en raison de la typologie des biens vendus."

Le marché des reventes immobilières résiste mieux (-7.9%).

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