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Ce qu'en pensent les professionnels

Mis à jour le 09/01/2019 à 05:06 Publié le 09/01/2019 à 05:06
Les entreprises du bâtiment représentent un tiers des  utilisateurs des salariés intérimaires.

Les entreprises du bâtiment représentent un tiers des utilisateurs des salariés intérimaires. Jean-François Ottonello

Ce qu'en pensent les professionnels

Côté professionnel, à cette table des négociations, il y avait, entre autres, le Syndicat patronal des entreprises de travail temporaire, mais aussi les représentants du monde de l'entreprise, soit ceux qui ont recours à ces travailleurs.

Côté professionnel, à cette table des négociations, il y avait, entre autres, le Syndicat patronal des entreprises de travail temporaire, mais aussi les représentants du monde de l'entreprise, soit ceux qui ont recours à ces travailleurs.

Presque d'une seule voix, ils affirment tous qu'il n'y a aucun problème dans ce domaine, et que tout va bien. Un entrepreneur du bâtiment, qui souhaite rester anonyme, nous a confié son incompréhension : « On a du mal à comprendre pourquoi ils veulent réglementer un secteur qui fonctionne très bien. Nous, nous l'utilisons en cas de suractivité par rapport aux dates contractuelles. Donc, pour pouvoir boucler les chantiers à temps, on fait appel à des intérimaires, souvent à des postes qui ne demandent pas de qualifications particulières. S'il est vrai que l'intérimaire est précaire par définition. Certains choisissent de ne travailler que sous ce statut, parce que cela les arrange ». C'est justement cette précarité que les syndicats de salariés pointent du doigt.

Pourtant, Bruno Durand, à la tête du Syndicat patronal de l'intérim, veut mettre en avant une autre situation : « Je veux bien qu'on parle de précarité, mais la réalité de l'intérim aujourd'hui, c'est que nous avons parfois du mal à trouver des candidats pour remplir toutes les missions. Cela crée des rapports plus équilibrés et plus agréables avec les salariés. »

Si certains dénoncent un usage excessif des intérimaires afin d'éviter les contestations sociales, lui s'en défend : « Nous sommes structurés depuis 1991 avec un code de déontologie régulièrement révisé. Il a encore évolué en 2016. Il y a 13 entreprises signataires de ce code. Les entreprises qui ne le respecteraient pas se verraient exclues du syndicat. La réalité c'est que s'il y a très peu de conflits avec les salariés, c'est parce que nous avons un dialogue permanent. »

Autre réalité, aujourd'hui, bien souvent l'intérim est utilisé comme porte d'entrée dans l'entreprise : « Il nous arrive de rechercher des candidats pour une mission en vue d'embauche, d'avoir un rôle semblable à un cabinet de recrutement. » Une façon pour les entreprises de tester un candidat avec une flexibilité totale, même si la loi monégasque offre déjà une grande liberté aux employeurs grâce à l'article 6, qui permet un licenciement sans motif.

Quoi qu'il en soit, pour Bruno Durand, ce projet de loi « n'est pas un problème ». Il tient à mettre en avant la fibre sociale de certaines enseignes qui « investissent sur de la formation, par exemple pour les habilitations, pour accompagner des candidats qui font un bout de chemin avec l'entreprise, et les aider à évoluer. Alors que ce n'est pas une obligation à Monaco ! »


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