Avec le Startup Summit, la French Tech Côte d’Azur met ses jeunes pousses au vert

Pour cette nouvelle édition du StartUp Summit, la French Tech Côte d’Azur a réuni jeunes pousses, investisseurs et acteurs économiques azuréens durant quatre jours. Au programme, green et RSE. Suivez le fil vert.

Agnès Farrugia et Karine Wenger Publié le 05/09/2022 à 18:30, mis à jour le 02/09/2022 à 22:13
Quatre lieux - le Musée international de la Parfumerie, l'Observatoire de Nice, la villa Eilen Roc à Antibes et l'île Sainte-Marguerite -; quatre territoires et des dizaines de startuppers, décideurs, investisseurs et business angels. C'est ça, le French Tech Côte d'Azur Startup Summit. (Photos A.F., K.W. et D.R.)

Elles sont nombreuses sur le territoire les startups de l’économie verte et de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

La French Tech Côte d’Azur (FTCA), ce mouvement collectif qui réunit les associations Cannes is Up, le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse (CEPG), Nice Start(s)Up et Telecom Valley, a fédéré un maximum de ces pépites pendant quatre journées, du 29 août au 1er septembre.

Le top départ de ce marathon de la greentech, où pas moins de 150 entrepreneurs, décideurs, investisseurs et partenaires de l’écosystème d’innovation se sont croisés, était donné à Grasse, au Musée international de la parfumerie.

César Camy, coprésident du collectif FTCA, était fier d’ouvrir de cette édition du StartUp Summit: "C’est la première fois que nous maillons les quatre territoires de nos membres avec, en plus, le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse qui annonce la création de sa communauté de startups! La French Tech Côte d’Azur n’en sera que plus solide pour faire entrer nos startups dans le classement FT120."

 

Une French Tech Côte d’Azur
encore plus solide

Cette année, la thématique choisie était le green et la RSE. "Un thème fort, en lien avec l’avenir. Cette année, nous avons retenu davantage de startups, et davantage d’investisseurs qualifiés seront présents. Le tout au service du territoire pour répondre aux enjeux environnementaux de demain." À VivaTech Paris cette année, grand-messe de la Tech, l’économie verte était déjà à l’honneur pour nos startups régionales.

1.800 greentech sont d’ailleurs recensées dans l’Hexagone, dont 70% situées hors région parisienne. Les experts de Bpifrance, de souligner le fort potentiel de croissance de ces jeunes pousses fondées pour la plupart il y a moins de cinq ans. Et de constater que deux fois plus de fonds y ont été investis en 2021 par rapport à 2020, soit 2,2Mds€. Ce sont des entreprises jeunes, innovantes, aux marchés tournés vers l’international.

Bernard Kleynhoff, pour la Région Sud et Rising Sud, d’affirmer que nous avons ce genre de pépites vertes sur notre territoire et qu’elles peuvent compter sur la Région Sud "qui donne les moyens aux startups de parvenir à davantage de green et de RSE. Région Sud Invest consacre d’ailleurs 20% de ses fonds disponibles à la greentech depuis quatre ans."

Le modérateur de la soirée d’ouverture, Léonard Cox, membre du CEPG, de poser la question: "Une greentech française peut-elle devenir une licorne [valorisée à plus d’1Md€, ndlr]?

 

La réponse avec Back Market et Vestiaire Collective. Nos jeunes pousses suivront-elles ce fil vert ailé? A Grasse, Nice, Antibes et Cannes, elles ont en tout cas tout donné pour suivre cette voie. Retour sur les temps forts de cet événement de la rentrée.

Jour 1: une communauté de startups en construction à Grasse 

Grasse, capitale mondiale du parfum dans un écosystème azuréen déjà bien loti en pépites de tout horizon. Grasse, choisie pour le lancement de ces quatre journées dédiées aux startups du territoire engagées dans le green et la RSE.

C’est au Musée international de la parfumerie (MIP) que les responsables des quatre collectifs issus de la French Tech Côte d’Azur [le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse -CEPG, Cannes is uUp, Nice Start(s)Up et Telecom Valley, ndlr] se sont réunis, conviant les acteurs du financement comme la Région Sud et Rising Sud, les investisseurs (Rise Partners, Smalt Capital, ABI...), les élus, et nos pépites de l’économie verte et de la RSE. Tous unis pour lancer les festivités.

Diffuseur de talents

Pour accéder à cette soirée, qui de mieux placé que le Grassois Robertet pour vous mettre dans l’ambiance? Ses équipes ont concocté un tunnel de senteurs diffusant sur le passage des convives, via un appareil caché dans le feuillage, une odeur de jasmin de Grasse, puis de fleur d’oranger et enfin de feuilles de figuier. "Des senteurs emblématiques de l’entreprise", indique Vincent Manget, directeur R&D division parfumerie-innovation.
On poursuit la diffusion de talents à l’intérieur du musée avec nombre de startups à impact présentant leur innovation.

Startup à impact? Celles dont les pratiques sociales et environnementales s’inscrivent au cœur de leur modèle comme Viridis (évaluation de l’impact des polluants sur l’environnement marin), Osmose (dans le domaine des bâtiments intelligents) ou Les Potageurs (développement de potagers urbains). Une belle sélection de savoir-faire que n’a pas manqué de souligner Charlotte Daeffler, présidente du CEPG, en annonçant la construction d’une communauté de startups ici à Grasse: "Nous n’avons pas trouvé son nom, ni décidé combien de membres la composeront, mais la volonté est forte de la mettre en marche, et les talents sont là. Construisons-la ensemble. La feuille de route devrait être prête au premier trimestre 2023."

Vincent Manget, directeur R&D division parfumerie-innovation du Groupe Robertet, dans le Tunnel de senteurs. (Photo A.F.).

Jour 2: le grand oral pour lever des fonds à l'Observatoire de Nice

L’Observatoire de Nice: un lieu magique, emblématique, inspirant. Il n’en fallait pas moins aux douze entrepreneurs sélectionnés par les équipes French Tech Côte d’Azur pour tenter d’ensorceler les business angels et fonds d’investissement venus les écouter.

Le principe? Un vidéo projecteur qui fait défiler les diapositives retraçant le projet du startupper: genèse, équipe, financement, concept approuvé ou en innovation en phase de prototypage, perspectives de développement et surtout, la fameuse question : de combien ont-ils besoin pour faire décoller leur business ?

RSE au programme

Des projets tous en lien avec la responsabilité sociétale des entreprises, vaste notion, qui englobe l’ensemble des actions menées par une société dans la prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans son activité. Améliorer le quotidien de ses salariés, diminuer son empreinte carbone...

Tout est (presque) dans le pitch

Top départ des pitchs pour ces entrepreneurs tous issus du territoire, et tous venus pour lever des fonds: Oghji, Native Spaces, Qiti, Akidaia, MyTalents, Gandee, E-Move, ExactCure, Legapass, Borobo, TraXxs et Synple. Ils sont en demande de tickets compris entre 400k€ et 3M€.
Sachant que l’année dernière, neuf startups sur dix avaient levé des fonds à l’issue de la session de pitch, dont Delicity, le livreur écolo niçois, qui a closé cet été un deuxième tour de table. Alors l’exercice est stressant, parce que l’enjeu est de taille.

Philippe Elie, dans la salle pour Angel’sBayInvest, prend des notes sur chacun après la série de questions: "Ce que je cherche, c’est l’étincelle. Il y a évidemment le projet qui doit tenir la route, mais quand j’investis, c’est qu’il y a un côté humain fort. La personne doit être engagée et engageante dans son pitch. On est là pour les aider à scaler [monter en puissance, ndlr], alors il faut un certain engouement quand ils présentent."
Pitch de huit minutes, séances de questions/réponses avec les investisseurs, débriefing. Cible choisie, moment pour lancer son marché, technologie, choix des partenaires, montant des fonds demandés... Ils étaient une dizaine d’investisseurs présents dans la salle, tous très calés et intéressés. L’histoire ne dit pas (encore) qui a signé un chèque avec qui, mais ce qui est sûr, c’est que certains startuppers se sont démarqués, avec des pourparlers bien enclenchés à la pause déjeuner, sous un beau soleil niçois. 

Silence, on pitch sous la coupole de l'observatoire de Nice. (Photo A.F.).

Jour 3: des femmes hautes en couleur

"Vrose", c’est bien le "vrose"...

C’était la couleur tendance de la troisième soirée du French Tech Startup Summit. Organisée par Telecom Valley, elle a lieu au cap d’Antibes, face à la baie des Milliardaires, dans les jardins de la villa Eilen Roc.

Dédié aux partenaires privés et publics, l’événement était placé sous la couleur verte de la RSE – fil conducteur du Summit – et rose car c’est à cette occasion qu’ont été dévoilées les lauréates de la deuxième édition du palmarès des Femmes de la French Tech Côte d’Azur (FTCA).

Féminisation

"Il y a un an, nous avons lancé une démarche de féminisation de la French Tech Côte d’Azur et mis en place plusieurs actions", élabore Nathalie Orvoën, second vice-président de l’association d’entrepreneurs azuréenne.

Une démarche entreprise avec sérieux puisque sur les quatre associations représentant la French Tech Côte d’Azur, trois sont désormais présidées par des femmes: Alice André pour CannesIsUP, Charlotte Daeffler pour le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse et Nathalie Orvoën pour Nice Start(s)Up. Et cette dernière d’enjoindre, avec humour, les adhérentes de Telecom Valley à rejoindre le mouvement...

On a besoin de vous, Messieurs,
pour avancer sur le chemin de la parité.

En parallèle, la FTCA s’est également féminisée en accueillant deux nouvelles entrepreneures – Elodie Biondi et Alice André – au sein de son conseil d’administration.
Outre le French Tech Tremplin qui s’adresse à des personnes éloignées de l’entrepreneuriat, sept startuppeuses ont pu bénéficier du programme Femmes Entrepreneures, conçu avec Rise Partners et financé par PKF Arsilon et le Groupe Suez.

"Mais il y a encore un long chemin à parcourir dans la tech, insiste Nathalie Orvöen qui rappelle que l’équité se gagne aussi avec les hommes. On a besoin de vous, Messieurs, pour avancer ensemble sur le chemin de la parité."
Point d’orgue de la soirée, le palmarès des Femmes de la French Tech a récompensé dix entrepreneures pour leur engagement dans la tech. Au nombre desquelles: Geneviève Coulomb (Tech-ISI); Cécile Destaing (Laboratoire Destaing); Hanan Osman-Ponchet (PKDerm); Rani Jeanne Dang (Université Nice Côte d’Azur); Manon Renou-Chevalier (LivMed’s); Teresa Colombi (LudoTIC); Magali Barnoin (Inniz); Alice André (Colette Consulting); Betty Seroussi (Travel Planet) et Marianne Varale (AzUp - Intermade).
Que leur souhaiter? Que la bien nommée baie des Milliardaires leur porte chance...

Les lauréates de la 2e édition des Femmes de la French Tech Côte d’Azur en vert et rose. (Photo K.W.).

Jour 4: le business en mode détente au DDA

Jeudi, l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, affichait complet pour la 5e édition du DDA (Déconnectez-vous, Détendez-vous et Amusez-vous) et dernière journée du Summit: 380 participants ont pris part aux 27 ateliers proposant des activités variées.

Au rayon des nouveautés: "Le pitch en anglais, l’escalade, la gestion du stress et le cerveau en entreprise", détaille Grégory Biondo, coprésident avec Alice André de Cannes is Up. Détente mais aussi boulot puisque pas moins de 220 rencontres business ont eu lieu. Les startuppers ont eu sept minutes – top chrono – pour convaincre les 25 décideurs venus de la Côte d’Azur, Aix et Paris.

Trophées et hackathons

Autres temps forts de la journée, la remise des trophées RSE portés par le Grassois Robertet, partenaire historique de l’événement. Sur les seize candidatures, trois ont été récompensées.

Le trophée Environnemental est allé à Sempack. Installée à Castagniers, l’entreprise de quatorze salariés produit un packaging à faible impact environnemental qui a pour ambition de remplacer les tubes et autres flacons.

La Niçoise Avencod, entreprise adaptée de services du numérique, a décroché le trophée de l’Inclusion sociétale et Talent Coin qui propose une alternative au recrutement aux entreprises s’est vue attribuer le prix du Capital humain.

Enfin, les vainqueurs des hackathons qui avaient eu lieu durant l’année sur les territoires de Cannes, Grasse et Sophia Antipolis ont également reçu leur récompense.

Le projet cannois SpaceIT est une solution qui centralise les flux touristiques et redirige les vacanciers vers des zones moins fréquentées. L’appli caractérise aussi les activités touristiques selon leur impact environnemental et sensibilise les touristes à voyager autrement. À Grasse, l’équipe de l’école d’ingénieurs ECAM a séduit avec son projet écoresponsable de station de recharge solaire pour téléphones portables et ordinateurs. Enfin, Lucien Tanghe, gagnant sophipolitain, a conçu une solution qui fait appel à l’IA pour lutter contre les défauts d’assurance en cas d’accidents.

Sempack, Avencod et Talent Coin, les trois entreprises lauréates des trophées RSE. (Photo K.W.).
Les équipes vainqueurs des trois hackathons qui se sont déroulés durant l'année à Sophia Antipolis, Cannes et Grasse. (Photo K.W.).

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.