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Aux Arcs-sur-Argens, le Parc d’activité des Bréguières resigne avec Lidl

Avec la construction de la seconde plateforme logistique pour Lidl, le Parc d’activité des Bréguières aux Arcs-sur-Argens sera presque complet. Les explications de son fondateur, Léo Barlatier, dirigeant du Groupe Barjane, et de Lahcène Lamaouche, directeur régional de la zone Sud de Lidl.

K.Wenger Publié le 14/06/2022 à 18:30, mis à jour le 10/06/2022 à 20:53
Léo Barlatier, codirigeant de Barjane, et Lahcène Lamaouche, directeur régional de la zone Sud de Lidl, devant le permis de construire de la nouvelle plateforme logistique, livrable fin 2023, du parc d’activité des Bréguières aux Arcs-sur-Argens. Vue aérienne du parc et la maquette de la future plateforme conçue avec GBL Architectes qui répond aux besoins de Lidl tout en intégrant les prérogatives de Barjane liées au développement du Parc des Bréguières. (Photos Franz Chavaroche, Drone Explore et GBL Architectes)

Les herbes folles poussent encore en toute quiétude sur le lot D du parc d’activité des Bréguières aux Arcs-sur-Argens. Mais leurs jours sont comptés. Dans moins de vingt-quatre mois, en leur lieu et place, s’érigera une plateforme logistique de 57.000m2 destinée à l’enseigne alimentaire Lidl.

"Les premiers coups de pioche ont débuté en avril", confirme Léo Barlatier, cofondateur et codirigeant avec sa sœur Julie Barlatier-Prieuret, de Barjane, le groupe d’immobilier logistique bucco-rhodanien qui a conçu, bâti, aménagé le parc d’activité et qui en assure également la gestion.
La collaboration entre l’enseigne alimentaire et Barjane remonte à 2009 "lorsque Lidl nous confie la réalisation de sa plateforme logistique", raconte-t-il. La première en Région Sud qui dessert tous ses supermarchés varois et azuréens. Un an plus tard, un bâtiment de 38.800m2 voit le jour aux Arcs dans le tout aussi flambant neuf parc d’activité. "Lidl était la première entreprise à s’y implanter."

Dernier lot

Douze ans plus tard, le premier distributeur alimentaire européen, à l’étroit dans ses murs, resigne avec Barjane la construction d’une seconde plateforme de logistique "de quelque 60.000m2 cette fois sur le dernier lot restant, précise Léo Barlatier, fier de la réussite du parc, le premier réalisé par Barjane de A à Z. Ici, nous sommes intervenus avec nos cinq métiers. Nous sommes aménageur, développeur immobilier, faisons du property management, du facility management et sommes producteurs d’énergie."
La route, le rond-point giratoire, la voie ferrée menant au parc? Une réalisation Barjane. La conception des bâtiments, Barjane aussi.

Le parc d'activité est un élément
de compétitivité pour le territoire.

 

"Nous avons imaginé le projet, réalisé les études, sollicité les autorisations, trouvé les clients, le financement et fait la construction, énumère le dirigeant. Nous en assurons également la gestion locative et l’entretien." Une équipe de dix personnes menée par Didier Daumas, le responsable de cette ZAC de 65hectares, s’assure de la propreté, gère les espaces verts, répare ce qui est cassé, accueille les visiteurs. Et de résumer: "Un peu comme un syndic de copropriété mais présent 24heures sur 24, 7jours sur 7."

Enfin, Barjane a également installé des panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments, "ce qui fait de nous les leaders en France des centrales solaires implantées en toitures de bâtiments logistiques. A ce jour, nous avons développé 22mégawatts, soit la consommation annuelle de 15.000 personnes." Une façon de décarboner l’activité logistique car plus de mille camions entrent et sortent quotidiennement du parc.

Qualité et long terme

Comme Barjane intervient sur l’ensemble des cinq métiers, "nos prix sont compétitifs; il n’y a qu’une seule marge au lieu de cinq et nous fournissons une prestation de qualité. On a pris le temps nécessaire pour construire ce projet de parc avec la mairie des Arcs et l’agglomération Dracénie Provence Verdon."
Les entreprises présentes sur le parc (Thales, Carrefour, Colissimo, Iron Mountain, GLS…) ont dû montrer patte blanche auprès d’un comité d’agrément. Surtout, elles partagent la vision d’un immobilier de qualité. "On est là sur le long terme: notre objectif est de construire le plus qualitativement possible des bâtiments sur mesure qui répondent aux besoins des entreprises pour les ancrer de façon pérenne. Le parc est un élément de compétitivité pour le territoire, insiste Léo Barlatier. Notre approche est celle d’un bon père de famille et d’un investisseur." Rappelons que le parc des Bréguières a nécessité un investissement de 200M€ mais a créé 1.600 emplois depuis 2009.
Certes, les herbes folles vont laisser la place à un bâtiment mais celui-ci sera certifié BREEAM niveau Good [standard international afin d’évaluer l’impact environnemental d’un bâtiment pour une architecture plus écologique]. "Il répondra au cahier des charges architecturales et paysagères globales du parc des Bréguières qui est certifié ISO 14001 [engagement en matière environnementale] comme toutes nos autres réalisations."
Et la liste des prescriptions est longue. "Vingt hectares de nos espaces verts sont labellisés Refuge LPO [Ligue de protection des oiseaux]. On a bâti un programme avec la Ligue pour améliorer la vie de la faune et flore : nous avons installé des nichoirs spécifiques, aménagé les berges de nos deux ruisseaux secs pour aider les batraciens, installé un hôtel à insectes, un rucher didactique… Nous avons aussi créé avec des écologues un parcours de biodiversité qui accueille des scolaires et des centres aérés. L’inventaire de départ montrait la présence d’une trentaine d’espèces ; désormais, il y en a plus de cent. Notre objectif est de déployer ce modèle dans nos autres parcs. On veut montrer que l’on peut faire du développement économique tout en protégeant l’environnement."
Le résultat est là: le parc s’est vu décerner plusieurs prix nationaux et régionaux (lire ci-contre) et constitue pour Barjane une vitrine nationale dans l’aménagement logistique.

Marathon

Avec la construction de cette plateforme logistique, le parc des Bréguières sera complet à 95%. Et après? "Après, il faut le gérer, c’est le plus dur, un marathon." Qui coûte quelque 700k€ par an et qui n’est jamais fini: "Il y a toujours quelque chose à faire. Nous avons raccordé notre réseau incendie au canal de Provence et sommes en train de réaménager le rond-point à l’entrée du parc. C’est le lycée agricole des Arcs qui s’occupe de planter les espèces. On a aussi terminé en mai la zone de tri de wagons (trois voies de 400mètres pour un investissement de 3M€)."

 

Pas de quoi faire sourciller le dirigeant qui, depuis la gare des Arcs, a déjà réussi à faire venir une voie ferrée au sein du parc. Et travaille depuis un an avec sa sœur sur son prochain parc d’activité près de Marignane, "nous avons 200.000m2 en cours de construction, deux bâtiments pour Decathlon et Action livrables pour la fin d’année…"

En chiffres

Barjane, c’est
> Une création en 2006 à Châteauneuf-le-Rouge (13)
> Un chiffre d’affaires de 50M€
> 65collaborateurs
> 700.000 m2 de bâtiments
> 22 MWc de puissance photovoltaïque (soit la consommation annuelle de 15.000 personnes)
> 4 parcs d’activité réalisés de A à Z
> 3.000 emplois pérennisés sur les sites
> 4 millions de m2 de terrain

Le Parc d’activité des
Bréguières aux Arcs-sur-Argens (83):
> Une création en 2010
> 236.000m2 de surface de plancher à terme
> 20ha d’espaces verts (1.000 arbres et 14.000 arbustes plantés)
> 1.300emplois créés
> 11 bâtiments d’activités et plateformes logistiques (Thales, Colissimo, Carrefour, Lidl…)
> 7,5 MWc de puissance photovoltaïque
> Plusieurs prix dont celui de l’innovation STIL 2011, Trophée RSE Paca 2013, Grand Prix Simi, label Eco Var, Parc+...

"Une seconde plateforme logistique pour nos clients et nos salariés"

Dire que Lahcène Lamaouche attend avec impatience la livraison de la nouvelle plateforme est un doux euphémisme. Le directeur régional de la zone Sud (Alpes-Maritimes et Var) de Lidl compte la vingtaine de mois qui le sépare de la mise en service de ce bâtiment de près de 60.000m2. Montant de l’investissement: quelque 50M€.
Pourquoi une telle impatience? Pour faire face "à la croissance de notre activité. La plateforme actuelle de 38.800m2 est saturée, explique-t-il. Elle livre quotidiennement les 29supermarchés varois et les 18azuréens – soit 47 – en produits frais: fruits, légumes, viande, volaille, poissons… Chaque jour, nous expédions l’équivalent de 2.500 palettes et en réceptionnons autant. Ce qui garantit la fraîcheur des produits que nous proposons à nos clients. Il faut savoir qu’à son ouverture en 2010, la plateforme logistique n’en desservait que 37 et notre gamme était alors moins profonde et moins complète. La progression de notre offre nous contraints à avoir plus de place en termes de stockage: en 2020, nous avons dû externaliser la préparation du surgelé et nous avons même délocalisé le non-alimentaire [articles en offre ponctuelle les lundis et jeudis, ndlr] dans un lot attenant de 6.000m2."
Cette seconde plateforme logistique permettra à l’enseigne de distribution alimentaire de préparer à nouveau toutes les familles de produits au même endroit tout en offrant de bonnes conditions de travail à ses employés.

Création de 350 emplois

Le premier distributeur alimentaire en Europe – quatrième au monde – emploie 250 salariés sur le parc d'activité des Bréguières, "davantage en été pour faire face au surcroît d’activité de certains supermarchés touristiques du littoral comme ceux de Sainte-Maxime, Cogolin, Fréjus, Saint-Raphaël, Six-Fours ou encore Villeneuve-Loubet dans les Alpes-Maritimes".
Mais ce chiffre va encore augmenter car ce nouveau bâtiment construit avec des matériaux bas carbone devrait à terme créer sur le territoire 350 emplois supplémentaires de tout niveau de qualification: de l’ouvrier manutentionnaire au cadre gestionnaire en passant par le cariste ou le responsable d’équipe. "On a également installé sur le site la direction régionale et tous les service supports: marketing, commerce, comptabilité, immobilier, ressources humaines…"
Et Lahcène Lamaouche de reprendre: "La plateforme sera taillée pour le bien-être de nos salariés avec des salles de repos, des bureaux et bien sûr le stockage. De nombreux concurrents robotisent totalement leurs plateformes logistiques mais chez Lidl, on fait le pari de l’humain. On met en place des outils qui permettent à l’humain de travailler (chariot à levée auxiliaire qui monte la palette à hauteur d’homme pour éviter les troubles musculo-squelettiques)."
Elle nous permettra également de valoriser la totalité des déchets des supermarchés par retour de camion: "Les déchets – palettes, cartons, emballages – sont récupérés dans les supermarchés et ramenés aux Arcs où ils seront ensuite valorisés. Nous avons des machines qui compactent des balles de carton de 400kg et de plastique de 250kg. Nous visons l’objectif 100% d’emballages recyclés d’ici 2025 en marques propres et une réduction de 20% de la quantité de plastique des emballages en marques propres."

Réduire l’empreinte carbone

Améliorer les conditions de travail des collaborateurs tout en veillant à réduire son empreinte carbone. A l’instar de tous les bâtiments du parc des Bréguières, la toiture de la nouvelle plateforme logistique accueillera une centrale photovoltaïque productrice d’énergie verte. Aux 10.000m2 du premier bâtiment s’ajouteront 30.000 m2, "soit 80% de notre consommation. Nous avons également prévu d’installer des bornes de recharge électrique sur le parking et nous menons actuellement une réflexion pour que nos chariots élévateurs soient équipés d’une batterie hydrogène, ce qui réduirait leur consommation et respecterait davantage la faune et la flore."
Lidl qui veut qu’il y ait un supermarché à moins de 15 minutes de chaque Français prévoit de passer à plus de 60magasins dans la région d’ici 2025.

"La nouvelle plateforme sera composée de douze cellules logistiques et de pôles de bureaux et locaux sociaux. Le bâtiment aura une charpente mixte bois-béton", explique Lahcène Lamaouche. La grande technicité du bâtiment permettra de garantir les températures des cellules qui seront divisées en sec et frais. La plateforme livre quotidiennement en produits frais tous les supermarchés Lidl du Var et des Alpes-Maritimes. (Photos Franz Chavaroche).

Repères

Lidl, c’est:
> Le 1er distributeur alimentaire en Europe et le 4e dans le monde; 310.000 collaborateurs et 11.200 supermarchés.

> L’enseigne est présente en France depuis 33 ans où elle emploie 40.000 personnes dans 1.600 supermarchés.
> La plateforme des Arcs dessert 47supermarchés dans le Var et les Alpes-Maritimes.

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