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Au moins 189 salariés retenus en départ volontaire à la Société des Bains de Mer de Monaco

Le président délégué de la Société des Bains de Mer de Monaco avance dans les négociations du plan de restructuration présenté en octobre dernier. L’objectif? 25 millions d’euros d’économie par an.

Joëlle Deviras Publié le 17/12/2020 à 10:00, mis à jour le 16/12/2020 à 19:30
Fin septembre dernier, le président délégué Jean-Luc Biamonti faisait une conférence de presse pour présenter les très mauvais chiffres de la Société des Bains de Mer. Photo J. D.

Au moins 189 candidats au départ volontaire vont recevoir un courrier de la Société des Bains de Mer pour mettre en place leurs départs au premier trimestre 2021.

Les licenciements économiques ne devraient être que quelques dizaines… au maximum.

L’appel à candidatures aux départs volontaires s’est arrêté le 10 décembre à minuit. Combien sont-ils finalement?
Nous en avons eu beaucoup plus que ce que nous attendions et avons retenu 189 dossiers. Nous continuons à travailler pour en accepter davantage. Il s’agit maintenant de voir quels sont les salariés que nous pouvons faire partir pour les remplacer par des salariés occupant aujourd’hui un autre emploi; salariés qui idéalement feraient partie des départs contraints. J’espère encore parvenir à prendre quelques dizaines de départs volontaires. Nous faisons du cas par cas. Il est très important de comprendre que nous ne pouvons pas accepter la demande de tous les candidats puisque ne peuvent partir que les salariés qui ne seront pas remplacés. Par ailleurs, dans le plan que nous avons présenté à la direction du Travail, nous avions initialement envisagé 161 départs contraints. Ce ne sera certainement pas ce chiffre-là. Il pourrait y en avoir que quelques petites dizaines.

Peut-on n’imaginer que des départs volontaires pour supprimer totalement les licenciements économiques?
Non, il restera des départs contraints. Mais peut-être dans un nombre très réduit. Il faut penser à l’avenir de la société. Nous avions indiqué un montant total d’économie de 25 millions. C’est fondamental pour la survie de la SBM. Quand la pandémie sera derrière nous, il faut que nous soyons dans une situation qui nous permette de profiter du rebond. Il est tout à fait normal de parler aujourd’hui des salariés qui vont quitter l’entreprise. Mais il faut penser également aux 4.000 qui vont rester. Je ne veux absolument pas laisser croire que la situation puisse être à ce point fragile qu’un deuxième plan de restructuration pourrait se présenter. Je voudrais que nous résolvions le problème une bonne fois pour toutes afin que tout le monde travaille dans un bon état d’esprit pour le développement de cette société qui est aussi, il faut le rappeler, le développement de la Principauté.

 

"Il pourrait y avoir quelques petites dizaines de départs contraints"

Les candidats au départ volontaire savent-ils exactement dans quelles conditions ils vont partir?
Oui ils connaissent exactement leur "package". Ils sont bien traités. Nous sommes en train de leur confirmer par écrit les informations qui leur ont été transmises oralement. Tous a priori sont d’accord. Au cas où quelques-uns changeraient d’avis, considérant que le nombre de candidats est supérieur à 189, nous pourrons proposer un départ volontaire à d’autres candidats en remplacement des premiers choisis.

Pourquoi y a-t-il autant de volontaires au départ?
Ce plan est ouvert à tous les plus de 57 ans. Or, la population salariée de la SBM est assez âgée, ce qui favorise les candidats au départ.

Le troisième volet du plan, sur les modifications de certains points des conventions collectives, inquiète certains.
Si tout le monde se met autour de la table et discute de bonne foi, nous pouvons avancer. Il y a eu de petites avancées. Nous ne sommes pas encore rentrés dans la négociation de ce troisième volet. Nous sommes prêts à faire des propositions.

"L'écart n'est pas énorme entre les positions"

Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui avec les syndicats et les délégués du personnel?
On ne comprend pas très bien. Il y a eu beaucoup de rencontres. C’est normal que le moment soit tendu. Honnêtement, nous faisons tout ce que nous pouvons pour limiter la casse sociale. L’objectif est de minimiser les départs contraints au maximum. Les syndicats parlent de "sacrifice". Nous verrons, au bout du compte, ce que l’effort consenti représentera sur le bulletin de paie.

 

Alors même que vous voulez faire des économies, pourquoi faire un plan avec des départs volontaires qui imposent de verser de grosses sommes d’argent?
Grosso modo, ça coûte 25 millions, soit un an de salaires de l’ensemble des personnes qui partiront. C’est vrai que la première année, cela va détériorer les comptes de la société. En revanche, nous sommes en train de préparer la SBM pour l’avenir. Alors, oui, ce serait cher mais si l’environnement économique repart, nous serons allégés. Nous voulons améliorer la situation de base de la société de façon récurrente pour les prochaines années.

Sur quoi portent exactement les discussions avec les syndicats?
Parce que nous sommes proches des fêtes de fin d’année, les discussions sont reportées à début janvier. Nous ne parlerons plus des départs volontaires. La vraie étape concerne certains aspects de certaines conventions collectives. Je demande à tout le monde de mettre un peu du sien. Nous ferons des propositions. Nous essaierons d’être constructifs pour trouver un accord le plus rapidement possible. L’écart n’est pas énorme entre les positions.

"L’objectif est d’avoir tout terminé au 31 mars 2021"

Avez-vous une date butoir?
L’objectif est d’avoir tout terminé au 31 mars 2021 c’est-à-dire à la fin de l’exercice.

Quand les premiers départs volontaires seront effectifs?
Dès janvier. Tout le monde partira entre début janvier et le 31 mars au plus tard. Chaque cas va être résolu de façon individuelle en fonction des réorganisations qui s’imposeront.

Qu’avez-vous pensé de la réunion de plus de 500 salariés sur la place du Casino vendredi dernier?
Ce n’était pas une manifestation. J’espère que nous resterons dans ce cadre-là car il n’y a pas de nécessité à ce que les choses s’enveniment. Nous allons trouver des solutions si nous pensons tous ensemble à l’avenir de la SBM. Il faut un peu de bonne volonté de la part de tous, y compris du management.

 

"Je suis confiant car la société joue à fond son rôle social"

Êtes-vous régulièrement en relation avec le gouvernement et le Conseil national sur ces questions?
Avec le gouvernement, oui, en permanence et régulièrement avec le Conseil national. Le gouvernement est évidemment régulièrement informé, directement par moi-même ou par le directeur des relations humaines de l’évolution des négociations. À ce jour, nous sommes parfaitement alignés.

À quand le prochain rendez-vous avec les syndicats?
Il y a une réunion plénière avec l’ensemble des syndicats ce jeudi matin. Nous ferons le point sur les départs volontaires et nous fixerons un calendrier pour les négociations à venir pour le dernier volet de ce plan. Je suis confiant car la société joue à fond son rôle social. Il y a des contraintes économiques que personne ne peut nier. Je vous garantis que nous faisons le maximum pour minimiser les difficultés et parvenir à ses 25 millions d’économie qui sont absolument nécessaires.

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