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"Après des pertes, nous annonçons des profits", se réjouit Jean-Luc Biamonti, président délégué de la SBM

Les années difficiles semblent bien appartenir au passé. Ce mardi, Jean-Luc Biamonti a annoncé un chiffre d’affaires de 530 millions contre 336 millions à l’exercice précédent.

Recueillis par Joëlle Deviras Publié le 31/05/2022 à 21:00, mis à jour le 31/05/2022 à 21:00
Jean-Luc Biamonti, hier matin en conférence de presse au Monte-Carlo Bay Hôtel. (Photo Claude Ingargiola)

"Les chiffres sont très bons". Jean-Luc Biamonti, président délégué de la Société des Bains de Mer (SBM), constate que, depuis juillet dernier, les clients reviennent et dépensent… sans compter. « Avril et mai 2021, nous avons souffert. Mais ensuite, ça a décollé bien au-delà de nos attentes. Et la saison basse a été aussi assez satisfaisante. »

Résultat: le chiffre d’affaires Jeux est passé de 124 millions en 2020/2021 à 200 millions au dernier exercice, les recettes hôtelières de 109 à 213 millions et la croissance des activités locatives est de 11%.

Après des années de déficit, le résultat net consolidé est de +76 millions. "Après des pertes, nous annonçons des profits."

 

Après le plan social qui a abouti à 227 départs volontaires et quatre départs contraints en mars 2021, c’est dans un contexte redevenu favorable que la SBM relance ses investissements, notamment avec la restructuration complète du Café de Paris pour 40 millions d’euros, qui comprendra la création de boutiques et d’un restaurant péruvien asiatique – Amazonico, sur le toit-terrasse du bâtiment qui sera lancé en juin 2023.

De quoi redonner le sourire au Conseil d’administration qui s’est réuni hier matin, au Monte-Carlo Bay & Resort pour arrêter les comptes annuels de l’exercice 2021/2022.

Avec une visible satisfaction et des projets plein les cartons, Jean-Luc Biamonti a répondu ce mardi aux questions des journalistes.

Toutes les activités jeux sont en progression, même si elles sont inférieures à 16% à celles de 2019/2020. Pouvez-vous atteindre les chiffres de l’avant-covid avec deux casinos en moins?

Le Sun casino et le casino du Monte-Carlo Bay & Resort ne rouvriront plus. Personne n’a été licencié et les jeux américains côtoient dorénavant les jeux européens. La clientèle a suivi, avec un léger fléchissement des Italiens. Le casino du Bay n’a jamais attiré la clientèle. Quant au Sun casino, il était le seul qui nous liait à un contrat de location jusqu’en septembre 2023 de 8,5 millions par an. Nous allons par contre poursuivre les casinos éphémères.

Le Grand Prix a-t-il été un accélérateur de lancement de la haute saison?

 

Ce qu’a fait Monaco durant le Grand Prix est exceptionnel. Je n’ai jamais vu cela. Les chiffres que nous avons atteints ont été impressionnants. Il y a eu beaucoup de monde, partout. Aux casinos, nous avons eu énormément de volume; mais pas énormément de chance. Nous avons constaté une forte concentration de joueurs d’Amérique Latine qui ont offert une très bonne ambiance. Étaient également présents les Moyen-Orientaux. La clientèle américaine redémarre en force.

La baisse de fréquentation des Russes a-t-elle un impact?

Non car ils sont remplacés par une clientèle d’autres origines.

La France annonce 300.000 postes vacants dans l’hôtellerie et la restauration faute de candidats dans ce secteur. Vous rencontrez le même problème?

Nous avons beaucoup de difficultés à recruter. Nous savons d’ores et déjà que nous ne pourrons pas ouvrir certains restaurants sept jours sur sept. Par exemple, à compter du 23 juin, le libanais Em Shérif qui est un gros succès à l’Hôtel de Paris n’ouvrira qu’à partir de 16 heures. Ce sont les saisonniers qui nous manquent: une quarantaine sur un total de 700. Le fait qu’il y ait beaucoup de clients et pas assez de saisonniers crée des tensions. Nous allons donc baisser le niveau de réservations pour éviter de mécontenter tout le monde.

 

Le manque de personnel a forcément des conséquences sur les salariés

Le surcroît de travail pèse. Les gens dont la rémunération est à la masse gagnent plus quand ils travaillent davantage. En revanche, une partie du personnel est au fixe. Pour ceux-là, nous réfléchissons à ce que nous pouvons faire. Nous avons déjà fait des choses pour eux.

La grève durant le Grand Prix n’a finalement touché que les agents de sécurité

Peut-on dire que nous sommes certainement une des très rares sociétés au monde où le salaire est indexé par anticipation sur l’inflation? Contrairement à ce qu’ils ont affirmé, les agents de la sûreté, en CDI, débutent à 2025 euros mensuels, hors prime et heure de nuit.

Vous devez être soulagé qu’il n’y ait pas eu de débrayage dans l’hôtellerie et la restauration…

 

Je remercie les personnels qui se sont mis au travail alors qu’il y avait des risques de grève. On prendra des initiatives pour compenser les efforts. La directrice des ressources humaines Sophie Vincent a vraiment fait du bon boulot. Et nous avons bien travaillé avec le conseiller de gouvernement pour les Affaires sociales Christophe Robino. Le bas de l’échelle est très pénalisé. Il faut aider le petit salaire au fixe. Nous avons pratiqué la prime inversée; et cela a été très positif. Nous allons réfléchir aux grilles de salaires. Nous savons qu’il y a des problèmes sociaux. Nous allons prendre des initiatives. Nous pouvons nous le permettre aujourd’hui parce que la société va bien.

Comment se profilent économiquement les prochains mois?

Il y a un retour des congrès dû aux reports. Mais nous recevons également beaucoup de demandes. Par ailleurs, la clientèle individuelle est très présente et dépense beaucoup. Il y a un phénomène de rattrapage.

Comment se déroulent les travaux du Café de Paris?

C’est tendu car les chantiers sont partout en ville. L’établissement doit rouvrir fin juin; et les boutiques seront livrées fin 2022-début 2023. C’est notre plus grand projet actuel.

 

L’offre gastronomique se développe. Une nouvelle tendance?

Nous allons ouvrir un restaurant Amazonia sur le toit-terrasse du Café de Paris. Ça va être grandiose! Les gens recherchent des marques. Nous prévoyons un nouveau restaurant au Beach. Nous avons refait la terrasse d’Alleno. Et on réfléchit à une solution restauration au Jimmy’z avant l’ouverture de la boîte de nuit.

La culture bénéficie-t-elle d’un même enthousiasme?

La programmation artistique marche mieux. James Blunt crée l’engouement. Le Bal de la Rose a été reporté au 8 juillet avec le metteur en scène Christian Louboutin. Et le 18 juillet est programmé le Bal de La Croix Rouge avec Alicia Keys. Nous déploierons la scène au bas des jardins des Boulingrins et les fauteuils seront donc dos au casino. 2.300 places assises sont prévues au total, dont quelque 800 pour La Croix Rouge. Le dîner est prévu sur les terrasses du casino, côté mer.

Vous tentez d’éveiller la curiosité avec des opérations thématiques comme La vie en rose. D’autres idées à venir?

 

Les thèmes prochains seront On the air cet été, Fall in love à l’automne. Nous cherchons toujours des idées…

Le One Monte-Carlo a-t-il trouvé son rythme de croisière?

Aujourd’hui, tout est loué.

Y a-t-il d’autres facteurs qui vous ont fait rentrer dans une spirale positive?

Nous avons fait des efforts dans le numérique qui permettent de capter les clients directement sans passer par des intermédiaires. C’est 10% de gain sur la réservation.

Offre numérique MM+

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