Alors que la Métropole envisage de séparer les deux MIN, les professionnels défendent "un pôle unique"

«Outil à optimiser», «risque d’éparpillement», rentabilité, etc. Les arguments des professionnels des MIN fleurs et alimentaires pour rester ensemble ou à proximité, comme aujourd’hui à Nice Saint-Augustin.

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Ch. R. Publié le 24/01/2023 à 08:00, mis à jour le 23/01/2023 à 21:13
Pour les professionnels des deux MIN, alimentaire et fleurs doivent rester ensemble. Sébastien Botella

Côté Métropole, on envisage de séparer géographiquement les deux MIN. Jean Casals est contre et ne le dit pas avec des fleurs: "Dissocier les deux MIN, c’est une cagade! On a tout sur place pour s’approvisionner. Un restaurateur peut acheter toutes les denrées dont il a besoin et aussi des fleurs, des plantes pour agrémenter son établissement. Économiquement, c’est une ineptie car on doublerait les charges fixes."

"On doit optimiser l’outil"

Nicole Merlino ne voit pas non plus d’un bon œil la division des deux sites: "Deux marchés dissociés, c’est dommage. Le business, justement, est de tout avoir sur un seul site. Séparer les deux marchés ne doit être qu’une solution d’attente. Il faut construire un site commun pour les deux dans un avenir proche." Diviser? Une erreur aussi selon Jean-Philippe Frère: "On y perdrait. On doit optimiser l’outil. Pour qu’il soit rentable, mieux vaut qu’il reste centralisé au même endroit."

"Séparer les deux MIN n’est pas une bonne idée"

Même avis de la part d’Yvan Tripodi, président du Syndicat des fleuristes et grossistes du MIN Fleurs: "Notre préférence est d’abord de garder le MIN car, sans le MIN, les commerçants devront se faire livrer. Or, la politique du maire de Nice est de ne pas avoir de gros camions en ville. D’autre part, les fleurs ont vocation à rester à côté du MIN alimentaire car certains commerçants ont double casquette. Séparer les MIN en deux, n’est pas une bonne idée car un MIN induit une synergie de grossistes qui se dépannent entre eux, de producteurs qui ont leurs clients, y compris en packaging. Ce pôle commerçant unique doit demeurer, il est synonyme d’un métier où vous devez voir les produits, qui sont périssables."

"Il y a un risque d’éparpillement général"

Que penser de la solution visant à créer de petites centrales d’achats entre grossistes et producteurs?

"Le risque d’un regroupement de centrales d’achats est un éparpillement général, pronostique Nicole Merlino. On aurait des petits pôles partout qui feraient le jeu de gros groupes de distribution concurrentiels. Pour une ville comme Nice, ce n’est pas le meilleur scénario. Elle mérite mieux."

"Défendre la production locale, aussi petite soit-elle"

Responsable de Côte d’Azur Fruits et primeurs (gros et demi-gros), Laurent Borghini a son idée sur la question: "Si vous voulez continuer à manger des fruits et des légumes, que les détaillants puissent continuer à se fournir, oui, on garde le MIN. Même pour défendre la production locale, aussi petite soit-elle. C’est cela la philosophie du MIN. En le supprimant, en favorisant la livraison directe ou les centrales d’achats, on court-circuite le métier de grossiste. On est obligés d’importer. Et puis le monde attire le monde. Une centrale d’achats n’a pas d’intérêt. Il faut de la concurrence."

La concurrence et un minimum de frais. Ce qui, d’après Jean-Philippe Frère, ne serait pas le cas avec une multiplication de centrales d’achats: "Au MIN, les producteurs payent une carte professionnelle, s’il faut la démultiplier en 4 ou 5 structures différentes, ce n’est pas possible."

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