"Un côté très music-hall": Découvrez à Nice, puis à Toulon, L’Odyssée de la voix de Michaël Gregorio

Avec L’Odyssée de la voix, Michaël Gregorio propose une immersion dans un univers mêlant musique et cinéma. Une ode à la voix, pour celui qui a failli perdre la sienne, à voir à Nice le 28 janvier et le lendemain à Toulon.

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Fabrice Michelier Publié le 21/01/2023 à 14:30, mis à jour le 21/01/2023 à 14:12
D’un univers à l’autre, Michaël Gregorio régale. Photo Pierre Florent

Un interprète. » Quand on lui demande comment il se qualifie, Michaël Gregorio n’hésite pas. L’homme aux multiples casquettes revient sur scène avec un cinquième spectacle, L’Odyssée de la voix. Un show qui a été lancé en 2020. Mais entre les épisodes Covid et une opération des cordes vocales, les dates se sont étirées. Il sera sur scène samedi 28 janvier à Nice et le lendemain à Toulon pour un spectacle mêlant son et image.

Sur votre site, on constate que le spectacle a été lancé en 2022…

Dans cette formule, oui. Mais le spectacle en lui-même a démarré à l’automne 2021, et la première date officielle était en février 2020. Il s’est passé pas mal de choses qui ont fait qu’on n’a pas trop joué. Au final, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir démarré ce show il y a un an. Il s’appelle L’Odyssée de la voix, et comme dans L’Odyssée, il y a pas mal de péripéties… Il porte bien son nom. Je suis content d’être là où nous en sommes. On continue de changer des choses. Il n’y a pas que des imitations, il y a des sketchs, des chansons... Il y a un côté très music-hall.

Comment est né ce spectacle?

J’avais très envie de faire quelque chose autour de la voix. J’imaginais une "ode à la voix". Je n’ai pas 1.000 voix ou je ne sais combien, je n’en ai qu’une seule. D’ailleurs, quand je la perds, je n’en ai pas 999 autres pour continuer à chanter. On dit souvent que les yeux sont la fenêtre de l’âme, mais la voix est la porte d’entrée. On peut percevoir beaucoup de choses de quelqu’un à travers sa voix. En écrivant, je me suis rendu compte que le spectacle s’écrivait comme un voyage et l’ode est devenue l’odyssée… de la voix. Avant de perdre la mienne, j’avais déjà imaginé cet univers… Si ce que j’écris se révèle prémonitoire, la prochaine fois je me lance dans une histoire d’amour avec Margot Robbie. (rires)

Il y a aussi un côté très cinéma…

Avec Arnaud Lemort, avec qui j’écris, on s’est dit qu’on allait aussi parler de 2001, l’odyssée de l’espace… ça nous faisait marrer, c’est un de nos films préférés. On a voulu jouer avec les codes de ce film, avec Hal l’ordinateur de bord qui est sacrément relou… Là c’est un Hal de 2020, style Siri.

Nous avons retourné la scène d’ouverture du film. Je suis grimé en singe avec le monolithe qui devient une enceinte, l’os est un micro… En poussant cette porte du cinéma, cela nous a permis d’intégrer plein de références. Je voulais aussi faire un clin d’œil à Chaplin, l’artiste des artistes. Dans son cinéma, il y a déjà tout. C’est celui qui m’inspire le plus.

Les écrans sont très présents.

Nous avons tourné pas mal de films, avec une équipe de cinéma de quarante personnes. Il y a aussi un hommage aux Parapluies de Cherbourg… C’est un spectacle complet!

Vous passez d’un univers à l’autre, comment qualifieriez-vous ce show?

C’est avant tout un spectacle musical. La perte de la voix est d’ailleurs provoquée par du death metal… enfin non du Dave metal, une rencontre entre Dave et le metal. On passe aussi par du jazz, de la musique classique, du rap, du rock, de la variété, même du ska et de la musette. On parle aussi de la musique au cinéma: Michel Legrand, des chansons cultes comme celle de Dirty Dancing ou Singing In The Rain, Rocky

Les choix sont-ils inspirés par les goûts de votre jeunesse?

J’ai un numéro qui s’appelle Les voix qui font ma voix. Je n’ai pris que des chansons que j’ai entendues par mes grands-parents, mes parents, ce que je voyais dans les dessins animés, il y a tout un numéro autour de cela. Ce n’est pas exhaustif.

La voix a plein d’endroits cachés, ce qui me permet de la faire résonner différemment. Nous avons tous cela, nous sommes tous des imitateurs, c’est comme cela qu’on apprend.

Chanteur, imitateur, acteur… Dans quelle catégorie doit-on vous ranger?

Le dénominateur commun, c’est l’interprétation. J’ai d’ailleurs commencé par le théâtre et non le chant. Puis, à l’époque, je me suis rendu compte que je pouvais jouer avec ma voix. J’étais fan de Radiohead et Nirvana, je commençais à chanter comme mes idoles, ce n’était pas de l’imitation, mais j’apprenais. J’ai eu des opportunités, j’ai fini par mettre de côté l’aspect acteur, puis c’est revenu d’abord avec le doublage et des films.

Il s’agit de votre cinquième spectacle depuis 2006. Est-ce celui de la maturité comme on aime le dire?

S’il est fidèle à ce que je faisais avant, ce spectacle ouvre sur autre chose. Je m’autorise plus de liberté. On ne va pas parler de spectacle de maturité car j’ai toujours un rapport fort à l’enfance, mais c’est le plus ouvert et le plus personnel.

> Samedi 28 janvier, à 20h. Palais Nikaïa, à Nice. Tarifs: de 35 à 62 euros.

> Dimanche 29 janvier, à 17h30. Zénith, à Toulon. Tarifs: de 39 à 62 euros.

Ce moment où sa voix a failli lui échapper

C’est la hantise de tout artiste. Surtout les chanteurs. Perdre sa voix. Tel un sportif, Michaël Gregorio a été fauché par une blessure. Pour lui, ce ne sont pas les ligaments croisés du genou mais les cordes vocales. Sans autre alternative, l’artiste a donc dû passer par la case opération.

"Avant même d’avoir ces soucis-là, je parlais de la fragilité de la voix, car j’avais déjà eu de petits problèmes, des choses ne nécessitant pas d’intervention", explique-t-il. Avant de poursuivre: "J’étais un peu inquiet mais pas plus que ça. Beaucoup moins que ce que j’aurais pu imaginer. Dans ces cas-là, on n’a pas le choix, il faut accepter la situation et, si jamais l’opération ne marchait pas, je me disais que je ferais autre chose."

Après cet accident de parcours intervenu entre deux confinements, le showman a pu remonter sur scène, reprenant ses habitudes, tout en conservant une hygiène de vie saine et en apportant un soin particulier à sa voix. Car comme il le martèle: "On n’a qu’une voix, pas 1.000." Parole d’imitateur, ascendant chanteur. 

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