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Révolution de Palais à Cannes avec les représentations inédites de (La)Horde

Durant deux soirs, le collectif artistique investit le Palais des Festivals avec un spectacle total et original qui déborde de la scène, et mêle cinéma, danse ou performance.

Alexandre Carini (acarini@nicematin.fr) Publié le 27/07/2022 à 15:57, mis à jour le 27/07/2022 à 14:32
(Photo Semec)

Attention, révolution de Palais! Avec l’arrivée de (La)Horde ce jeudi et vendredi soir, le plus célèbre "bunker" de la Croisette (voire de la planète) fait l’objet d’un assaut artistique total!

Le collectif qui associe danseurs du Ballet national de Marseille, jumpers électro ou cascadeurs, va déborder largement de la scène, que ce soit au Grand Auditorium ou à Debussy.

Une "exposition dansée" qui mêle chorégraphies et performances, projections de films et gestuelles du corps, déambulation en coulisses et plongée au cœur de l’action, durant trois heures où le visiteur devient "spect’acteur" de son propre spectacle, qu’il compose au gré de ses pérégrinations et de sa libre interprétation.

 

Ici, films d’action comme comédies musicales donnent lieu à une réflexion qui interroge notre rapport au monde et à ses jeux de pouvoirs, donnent à voir comme à émouvoir. (La)Horde, pourrait répondre à sa définition (tribu nomade, troupe d’hommes indisciplinée), mais ce collectif est trop hors cadre pour se donner un dictionnaire comme seules frontières.

Le show s’intitule We Should Have Never Walked On The Moon, tiré d’une citation de Gene Kelly s’adressant à l’astronaute Buzz Aldrin. En suivant les pas de (La)Horde à Cannes, on risque bien d’atterrir sur une autre planète! Membre du trio fondateur, Marine Brutti s’en explique.

Votre spectacle est total, une exposition dansée?

Oui, le spectateur se balade à l’intérieur du Palais et découvre différents tableaux. On est des artistes polyvalents, réalisateurs, chorégraphes, metteurs en scène... et si notre sujet est la danse, on l’explore sous toutes ses formes, en usant de tous les médias pour la mettre en valeur. Il y a parfois des performances, de la danse sur plateau mais qu’on peut traverser car on a aboli le rapport entre la scène et la salle. C’est une immersion à 360° et le spectacle surgit partout. C’est une expérience de trois heures, au sein de laquelle le public écrit sa propre histoire à son gré, comme dans un musée.

Tout part d’une phrase, prononcée par Gene Kelly à Buzz Aldrin: We should have never walked on the moon ?

 

Nous, on est complètement dingues de Gene Kelly! Or, on a rencontré sa femme à Los Angeles, qui nous a raconté plein d’anecdotes sur son mari. Il était outré que les hommes soient allés ainsi sur la Lune, de ce pas lourd sans élégance ni poésie, il trouvait ça vulgaire, et il s’en est confié en croisant l’astronaute. Cela a suscité plein de questionnements en nous sur le pas comme geste politique, la théorie du complot et la manipulation des images (a-t-on vraiment marché sur la Lune?); sur Hollywood, cette machine qui a permis cette rencontre entre deux grands acteurs de la culture américaine, le cinéma et la technologie spatiale…

Dans votre spectacle, l’action invite toujours à la réflexion. Y compris avec une comédie musicale...

La comédie musicale est fascinante car elle est toujours regardée comme un peu désuète, mais elle a toujours prospéré en temps de crise. West Side Story n’est pas qu’une histoire d’amour, elle dénonce aussi les problèmes raciaux et sociaux des États-Unis. Et nous, ce qui nous intéresse en tant qu’artistes, c’est d’apporter un regard critique sur le monde, ce n’est pas que de l’esthétique.

La gestuelle physique est néanmoins très présente...

Il y a 25 danseurs du Ballet national de Marseille, des cascadeurs, 7 jumpers avec lesquels on a travaillé sur un film, To da Bone, et qui réalisent une performance de dix minutes. Ce ne sont pas des professionnels au départ, mais des experts dans leur discipline, à base de petits sauts énergiques sur une musique techno, c’est la première danse post-Internet car elle a généré une communauté.

Vous êtes des agitateurs, d’idées et de gestes?

Pour nous, il ne s’agit pas de bousculer les conventions, il s’agit juste de notre travail, et lorsque le Palais des Festivals de Cannes nous autorise à le faire, c’est génial. On a tout le temps envie de déborder du plateau, on est passionné par les coulisses et avec le Palais, on a soudain accès à un sanctuaire sacré, où l’on peut casser le quatrième mur.

 

Au fait, pourquoi (La)Horde?

Au sein du trio fondateur, il n’y a pas de rapports d’egos, et notre groupe n’a pas vraiment de nombre puisque c’est aussi tous ceux qui s’invitent sur nos projets. C’est une nébuleuse, inclusive, donc c’était intéressant de mettre le (La) entre parenthèses.

Art tous azimuts

(La)Horde, c’est l’histoire de trois trentenaires, Jonathan Debrouwer, Arthur Harel et Marine Brutti, qui décident d’unir leurs talents multiformes au sein d’un collectif artistique. En résulte un show iconoclaste, où le tapis rouge brûle, l’action s’enchaîne en cascade, où l’on embrasse une limousine avant de “jumper” comme des fous : quelle horde !

We Shold Have Never Walked On The Moon. Exposition performative, jeudi 28 et vendredi 29 juillet au Palais des Festivals, de 21 h à minuit (dernier accès à 23 h). Tarifs : 20, 15 et 8 euros.
Rens. 04.92.98.62.77.
rpublic@palaisdesfestivals.com

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