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On a testé pour vous l'escape game sur le meurtre le plus glauque de Monaco

Mis à jour le 06/08/2018 à 10:00 Publié le 06/08/2018 à 10:10

On a testé pour vous l'escape game sur le meurtre le plus glauque de Monaco

La rédaction de Monaco-Matin a testé le premier jeu d'évasion grandeur nature en Principauté. En bons investigateurs, nous avons enquêté sur ce fait-divers sordide qui a secoué le Rocher en 1907

Une pièce exiguë à l'atmosphère intimiste. Une lumière tamisée laisse entrevoir des portes en bois affichant des numéros. Là, des pots de fleur joliment décorés. Ici, des bougies, un mur de lierres et des coupures de journaux. En fond sonore, une voix féminine qui se lamente. Nous sommes le 8 août 1907.

Il fait nuit sur le Rocher.

Rectification. Nous sommes en 2018. Aux Jardins d'Apolline, bloc E. Dans le tout premier Escape Game de la Principauté.

Vous savez, ce jeu d'évasion grandeur nature qui a le vent en poupe.

Un thème, une pièce et soixante minutes pour s'en extraire grâce à ses compétences cognitives et un poil de déduction. Pour son lancement, Iris Game a monté son propre scénario en usant d'une histoire vraie. Un fait-divers local, aussi sordide qu'historique.

L'affaire dite de "la malle sanglante".

>> LIRE AUSSI. RETRO. "La malle sanglante", le meurtre le plus glauque de l'histoire de Monaco

"Je suis sûr qu'elle est complice du meurtre"

Avant de pénétrer dans la mystérieuse pièce, l'inspecteur Ducloux - une femme déguisée en homme - au ventre rebondi, coiffé d'un chapeau melon, nous résume l'affaire de façon théâtrale.

"Nous sommes le 8 août 1907, hier Mme et Mr Goold ont été arrêtés à Marseille en possession d'une malle contenant le corps de Mme Levin. Mr Goold a avoué les faits, c'est bien lui qui a tué Mme Levin, confie-t-elle.

En revanche, sa femme, change sa version des faits sans arrêt.

Je suis sûr qu'elle est complice du meurtre, voire même le cerveau du crime.

Votre mission, si toutefois vous l'acceptez, est de trouver dans moins d'une heure la preuve de la culpabilité de Mme Goold."

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L'inspecteur nous tend une mallette en cuir. À l'intérieur, un parchemin fixant les trois objectifs de l'enquête: trouver les deux parties du corps égarées, dénicher les bijoux de Mme Levin, et prouver la culpabilité du couple Goold.

Pas une mince affaire.

Voilà, donc, la rédaction de Monaco-Matin livrée à elle-même. En quête du moindre indice matériel pouvant nous faire avancer dans une enquête qui s'annonce aussi fastidieuse qu'épique.

Fouiller de partout

Premier réflexe: fouiller. De partout. Dans les moindres recoins. Ici, n'importe quel objet d'apparence anodine peut servir. Les bougies, les parchemins, le vélo placé derrière une grille fermée à double tour etc.

Le cerveau tourne à plein régime. Il faut recouper les indices, trouver les clefs ou les codes qui pourraient faire sauter cadenas et verrous. À force de persévérance, de communication intensive et d'ingéniosité, des trappes se dévoilent, des portes s'ouvrent.

Mais toujours ce chronomètre comme une épée de Damoclès.

L'inspecteur Ducloux, derrière ses moult caméras, scrute tous nos faits et gestes. Et s'avère être un allié de taille lorsque nous séchons dans cette quête de la vérité. Il nous met sur la bonne piste, sans toutefois nous mâcher le travail.

En cinquante minutes tout pile, non sans s'être égarés à plusieurs reprises, la vérité éclate au grand jour. Un bras et un doigt ensanglantés de la victime sont retrouvés.

Les bijoux, aussi. Et la preuve de la culpabilité des époux Goold officiellement établie. "Vous avez fait le 3e meilleur score sur 27 équipes", nous félicite Marielle Butteau, créatrice d'Iris Game.

Ouf, le boss sera ravi.

Escape Game à Monaco, l'affaire de la main sanglante, Iris Game ESCAPE GAME MONACO

"Outre le grand public, nous avons aussi une offre pour les entreprises. Ils s'entraînent à travailler différemment et on débriefe ce qu'on a perçu et on donne nos préconisations.

Les recruteurs peuvent aussi envoyer des candidats pour voir comment ils interagissent avec les autres et ainsi vérifier la compétence comportementale."

Et si l'affaire de la malle sanglante ne vous botte pas, une nouvelle salle ouvre ce mercredi: New Jersey dans les années vingt.

En pleine prohibition, la police fait une descente au Dany Bar où, en bons gangsters et pionnier de la contrebande locale, vous avez vos habitudes.

Menottés, vous avez une heure pour vous faire la malle.


Le meurtre le plus glauque de l’histoire de Monaco 

Les époux Goold.
Les époux Goold. Photo Association des cartophiles de Monaco

La Une du Petit Journal du 25 août 1907 et son bain de sang suffisent à résumer la barbarie de l’acte. Celui d’une femme démembrée par un couple diabolique, en 1907, dans le huis clos monégasque de la villa Menesini, alors située boulevard des Moulins.

Une histoire qui aura fait les gros titres de la presse internationale sous différentes accroches: "Le crime de Monte-Carlo", "La malle sanglante", "La malle rouge", "Une femme découpée en morceaux"...
L’histoire justement. Début 1905, Vere Thomas Saint Léger Goold, aristocrate déchu, et son épouse, Marie Violette, posent leurs valises à Monaco. Leur plan: "Une martingale infaillible pour gagner le jackpot à la roulette".

Mais l’appât du gain conduira le duo infernal à commettre bien plus qu’une arnaque. Leur victime, une Suédoise répondant au nom de Lévin (ou Liévin) et réputée autant pour son "intelligence" que pour sa "générosité", notamment avec les époux Goold.

Invitée à prendre le thé chez eux, la victime sera découpée dans la baignoire avant que sa dépouille ne soit déposée dans une malle expédiée, par le train, vers Londres.

C’est la perspicacité d’un commis d’expédition de la gare Saint-Charles à Marseille, interpellé par "un liquide rougeâtre", qui permettra de confondre le couple.

Au milieu de vêtements maculés de sang, la police découvre le corps décapité d’une femme. Les membres sectionnés et l’abdomen éviscéré. Tête et jambes sont retrouvées dans un autre bagage à main aux côtés d’un sac de bijoux.

M. Goold sera condamné au bagne où il mourra en 1909. Quant à Mme Goold, elle sera condamnée à mort avant d’être graciée par le prince Albert-Ier et d’être contrainte à des travaux forcés à vie. Vie qu’elle perdra précocement en 1914.

Le mystère demeure toutefois sur l’éventuelle complicité d’une troisième personne.


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