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"Les VIP que nous avons reçus ont montré leur pass"... Au Jimmy'z, comment le dancefloor fait face à la crise sanitaire ?

La musique a repris le 22 juillet dernier dans la discothèque après dix-huit mois de fermeture. A mi-chemin d’une saison particulière, son directeur Antonio Ierone fait le point sur le protocole.

PROPOS RECUEILLIS PAR CEDRIC VERANY Publié le 20/08/2021 à 20:30, mis à jour le 20/08/2021 à 20:14
interview
Pas de masque necessaire sur la piste de danse, mais un pass sanitaire obligatoire pour entrer, le Jimmy’z s’est adapté à la crise sanitaire. (Photos NewDay Studio)

Je suis un ouvrier de la nuit, mais avec une veste », plaisante-t-il. Veste noire, toujours pour le patron du Jimmy’z, Antonio Ierone, qui dirige le club depuis une décennie. La mythique discothèque avait été contrainte à l’arrêt forcé depuis la pandémie. Depuis la nuit de la Saint Sylvestre du 31 décembre 2019, ouvrant une année 2020 qui en a surpris plus d’un.

Dix-huit mois plus tard, la musique a pu reprendre le 22 juillet pour une saison adaptée et raccourcie. Le club n’ouvre que les jeudis, vendredis et samedis au mois d’août, là ou il faisait du 7 nuits sur 7 auparavant. Mais le public est de retour. Hier soir avec Kungs, le 27 août avec Martin Solveig, le Jimmy’z accueille des pointures derrière ses platines pour ambiancer la nuit monégasque, non sans un protocole sanitaire strict. Explications.

Comment s’est organisée la réouverture?

Nous avons appris seulement quelques jours avant que nous avions l’autorisation d’ouvrir. Nous avons eu la chance de pouvoir constituer l’équipe presque habituelle du Jimmy’z avec un staff qui connaît et aime le lieu. Pour la logistique, le fait d’appartenir à la SBM nous a facilité les choses pour avoir les stocks et les produits nécessaires.

 

Il a fallu penser un protocole sanitaire inédit, car le pass sanitaire est obligatoire pour entrer dans la discothèque?

C’est vrai et c’est ce qui m’inquiétait le plus. Mais ça se passe très bien. Le premier jour, nous avons rencontré quelques difficultés avec des QR Code de clients de Dubaï, d’Angleterre, d’Israël que nous n’arrivions pas à scanner et qui bloquaient notre application mais tout s’est arrangé. Et les clients sont habitués à présenter leur pass ou leur test négatif. C’est très rare que quelqu’un arrive sans, et même les VIP que nous avons reçus ont montré leur pass. D’autant que pour les visiteurs extérieurs, ils doivent déjà avoir un pass sanitaire ou un test négatif pour arriver en Principauté.

Les VIP que nous avons reçus ont montré leur pass

Techniquement, comment se passe l’accès?

À l’entrée du Jimmy’z, tout le monde doit porter un masque et nous avons mis en place un système pour respecter un mètre et demi de distanciation entre les clients. Rien que pour l’extérieur nous avons embauché quatre personnes pour gérer au mieux l’accès. Puis, à l’entrée, deux autres personnes contrôlent les pass sanitaires.

 

La nouveauté est qu’il est nécessaire d’avoir une réservation à une table pour entrer dans le club. Car, pour respecter la distanciation autour de la piste et à l’extérieur nous avons supprimé beaucoup de tables. Cette année, notre capacité totale est passée de 800 à 500 places assises. C’est pourquoi la réservation est obligatoire. D’ailleurs, on commence souvent les soirées en sachant que nous sommes complets.

On ne peut donc plus venir boire un verre à l’improviste?

Non, sans réservation, c’est très difficile d’accepter des clients. Je l’explique aussi car nous avons fermé les bars dans le club pour ne faire que du service à table. La clientèle de la Principauté, habituée à venir pour un verre le comprend, même si parfois certains sont déçus. Mais quand nous avons toutes les tables occupées ou réservées on ne peut plus faire entrer personne.

C’est comme ça, il faut respecter les règles. Pour nous, déjà de pouvoir ouvrir notre établissement, c’est essentiel. C’est essentiel aussi pour Monaco. Nous devons être les premiers à faire respecter ces règles pour protéger tout le monde et rester ouvert. C’est pour ça que nous sommes si stricts.

Quelle est l’ambiance à l’intérieur?

On peut danser sans masque sur la piste, il n’y a pas de restriction. Et les tables doivent être de dix personnes maximum. Le personnel lui est masqué tout le temps, même s’il fait chaud. Depuis la reprise, nous sommes agréablement surpris par la fréquentation et nous faisons une bonne saison. Beaucoup de gens des Émirats, des Américains, les locaux évidemment, par contre, pas d’explosion de clients russes.

Mais nous sommes très stables. Je crois que c’est aussi un des secrets de la réussite: les gens apprécient le service qu’on offre à Monaco, et nous faisons en sorte qu’ils trouvent ce qu’ils attendent. Monaco ce n’est ni Saint-Tropez, ni Dubaï, ni Moscou. On doit offrir un service optimal pour qu’on ne nous oublie pas. Les détails, les attentions pour que les gens se sentent à l’aise.

 

Le concept de boîte de nuit est en perte de vitesse un peu de partout dans le monde depuis quelques années, la pandémie n’arrangeant pas le phénomène. Le Jimmy’z pourrait-il se réinventer dans les prochaines années?

Je constate que le Jimmy’z fait partie, en quelque sorte, de l’ADN de Monaco. Plusieurs générations dans les familles sont venues s’y amuser. C’est vrai que le concept de boîte de nuit souffre depuis plusieurs années un peu partout, certains cherchent à la rénover pour répondre à une demande de clientèle de vouloir danser plus tôt dans la nuit.

D’ailleurs, nous ouvrons comme toujours à 23h30 et on se rend compte que les gens arrivent plus tôt. À minuit, on a déjà beaucoup de monde, ce qui n’était pas le cas avant. Et notamment la clientèle des restaurants festifs comme le Coya ou le Buddha Bar, qui ferment vers minuit, vient continuer la nuit chez nous.

Antonio Ierone, le patron du Jimmy’z depuis une décennie, ici avec le DJ Black Coffee, acceuilli en juillet.

Offre numérique MM+

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