"Les gros patinent bien" la pièce d'Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois cartonne sur la Côte d'Azur

Très attendu depuis son Molière, ce cabaret aussi drôle que dingue d’Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois, triomphe cette semaine à Draguignan. Il revient en 2023 à Toulon et Antibes.

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aurore harrouis Publié le 11/11/2022 à 21:00, mis à jour le 11/11/2022 à 17:49
Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois. Photo Fabienne Rappeneau

Au début, on croit à une fin de déménagement. Ce moment où tout a été déballé. Il ne reste qu’à jeter les cartons. Des cartons, des cartons, plein de cartons. À la fin, c’est le carton plein! Ah, les cartons… Ceux avec lesquels on aimait jouer, gamins, que l’on transformait en épée romaine ou en cabane digne des Trois petits cochons.

Marrons, ingrats, mais malléables à l’envi, ils sont le combustible de ce spectacle. Du supercarburant pour un retour en enfance! Car c’est à notre âme de gosse que s’adressent Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan avec Les gros patinent bien. Une pièce (dé)montée qui se joue en ce moment au théâtre de l’esplanade de Draguignan et emballe vraiment.

Costume trois-pièces, nœud papillon et boots en croco, Olivier Martin-Salvan est assis sur un tabouret au milieu du plateau.

Paire scrupuleusement dépareillée

Rondouillard bienheureux, il est en voyage en Islande (c’est marqué dessus, sur un carton). Il parle un américain de contrebande, revu et mastiqué. Logorrhée folle et posture quasi statique. Caricature du touriste qui voyage comme une valise, se laissant bercer par les événements.

Il forme une paire scrupuleusement dépareillée avec son compère (Grégoire Lagrange ici dans le rôle tenu à la création par Pierre Guillois). Efflanqué et juste recouvert d’un slip de bain – et parfois moins – et d’un bonnet noir, il s’agite nerveusement. Un objet, un ours ou une brebis, une bigoudène, un décor, un paysage, un climat, un dialogue, une narration, un commentaire, il joue tout, façon cartoon ou bulles de BD, avec talent, slip et cartons, donc.

 

Résumer l’intrigue? Elle n’a ni queue ni tête. À rassembler les pièces qu’il nous reste de l’histoire après le spectacle, on dirait que c’est l’épopée du "gros", qui à la suite d’un malencontreux accident de pêche, n’aura de cesse de suivre les traces d’une sirène aguicheuse à grelots, cheveux et queue cartonnés, du petit port islandais d’Isafjödhur aux confins de l’Espagne via l’Écosse et Perros-Guirec...

Clowns sans nez rouge

L’intérêt de cette plongée en absurdie est ailleurs. Dans cette paire d’artistes à l’imagination débridée, visiblement biberonnée à Laurel et Hardy, aux Monty Python et aux illusions d’un Georges Méliès qui aurait sérieusement besoin d’un séjour en psychiatrie... Désopilants, ces clowns sans nez rouge ni godasses de gugusses mais à l’énergie dingue font crever de rire sans discours et sans relâche pendant quatre-vingt-dix minutes. Placés sous ces bons Auguste, on tombe dans le panneau, tous leurs panneaux... Car il y en a, jusqu’au bis repetita, dans ce cabaret qui fait un carton!

Ce soir à 19h30 au théâtre de l’esplanade de Draguignan. Tarif: 10/15 euros. Rens. 04.94.50.59.59. Puis du 31 janvier au 4 février au théâtre Liberté à Toulon et les 3 et 4 mai à Anthéa à Antibes.

Système D à son apogée

À l’heure où les scènes sont souvent investies par d’imposants décors et des outils de création numérique, ce spectacle, par son économie de moyens, a des vertus consolatrices. C’est faute de budget que tous les décors et accessoires auraient été imaginés en carton par les artistes-artisans. Système D à son apogée que le tandem Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan a poussé jusque sur la scène des Folies Bergère, à Paris, où a reçu le Molière du meilleur spectacle du théâtre public en mai dernier.
Une consécration pour ces deux artistes qui, depuis quinze ans, explorent le théâtre en tout terrain avec Opéraporno, le mélo-burlesque Bigre, l’opérette barge Le Gros, la Vache et le Mainate…

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