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Il change de vie après avoir vu une pièce de théâtre et vient remercier les comédiens quatre ans plus tard

La pièce jouée à Saint-Tropez, ce week-end sur la scène du Carré, inspirée d’un film sociologique signé Jean Rouch et Edgar Morin en 1961, est de celles qui font cogiter sur sa destinée. La preuve avec Niels.

Laurent Amalric (lamalric@nicematin.fr) Publié le 11/10/2021 à 12:55, mis à jour le 12/10/2021 à 12:59

Le rideau est tombé, mais dans le hall du Carré, samedi soir, un spectateur demeure. Il se prénomme Niels et a de la suite dans les idées. S’il patiente, c’est pour remettre un "cadeau" aux comédiens. Plutôt intrigant au regard du spectacle qui vient de se dérouler, mais finalement compréhensible...

"J’ai vu cette même pièce il y a quatre ans à Dresden en Allemagne. A l’époque j’étais architecte. Lorsque je suis rentré chez moi, j’ai bloqué deux heures. Ce que j’avais entendu m’a beaucoup fait réfléchir sur moi-même et j’ai décidé de changer de vie!", raconte le jeune homme qui s’était juré de revoir un jour les comédiens afin de les remercier d’avoir provoqué ce nouveau départ.

"Je voulais leur offrir ce que je vends à présent", sourit Niels qui habite depuis dans la presqu’île et travaille au sein d’un domaine viticole. Le cadeau qu’il remet, fébrile, après avoir échangé sur son parcours, est donc une bouteille du cru. Elle est reçue avec plaisir par deux des comédiens, forcément un peu éberlués à l’écoute de son histoire.

C’est quand le bonheur?

Celle de la pièce J’abandonne une partie de moi que j’adapte, n’est pas ordinaire non plus.

 

Inspirée du film sociologique Chronique d’un été, co-réalisé en 1960 par Jean Rouch et Edgar Morin, elle met en scène une multitude de personnages qui, à travers quatre comédiens "modulables", livrent leurs réflexions sur le bonheur, le consumérisme, le travail, vieillir, etc. tandis que se profile Mai 68.

L‘anthropologue et le philosophe qui échangent ponctuellement sur la mise au point de leur projet, sont eux-mêmes représentés sur une scène où les décors montés sur roulettes ne cessent d’évoluer.

Le sens de la vie

On digresse, on fume, sirote des ballons de rouge... Les tenues, la gouaille et la diction de l’époque, sont là puis soudain, les quatre comédiens Léa Romagny, Rémi Faure, Benjamin Lichou et Jules Puibaraud, se changent devant les spectateurs pour adopter le jeans et basculer en 2021.

 

Le spectacle s’appuie alors sur d’autres films et textes plus contemporains pour questionner le sens que nous donnons à nos vies, avec toujours derrière la rhétorique, qu’elle soit politique ou revendicatrice (le "bien-fondé" des emplois précaires, vendre des faux besoins aux gens, etc.), un zeste d’humour. Ou de désespoir.

Comme lorsqu’en fin de représentation, après s’être livrés (vidés?), les personnages se mettent un à un à poil au sens propre, interrogeant tel un mantra "Et toi, ça va?", avant de fendre la foule et tirer leur révérence.

Sûrs d’avoir, ce soir-là encore, chaviré quelques existences dans l’assistance.

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