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EVASION. Et si on redécouvrait Beausoleil à travers ses trésors architecturaux?

Mis à jour le 29/03/2019 à 12:41 Publié le 10/04/2019 à 12:00
Beausoleil, place de la Libération.

Beausoleil, place de la Libération. Jean-François Ottonello

EVASION. Et si on redécouvrait Beausoleil à travers ses trésors architecturaux?

Commune indépendante depuis 1904, sous l’impulsion de l’homme d’affaires Camille Blanc, Beausoleil, ville frontalière de Monaco, abrite en son minuscule territoire (2,79 km2) quantité de trésors architecturaux. Comme nous l’avons découvert au cours de cette promenade, riche également en rencontres inattendues...

Au départ de la gare de Monaco, sur le boulevard Princesse-Charlotte, seules les plaques en marbres dentelées ornant les façades, côté monégasque, et les pavés gravés de soleils stylisés, côté français, marquent une frontière à peine perceptible.
Guidés par Bénédicte Sire, "artiste-baladrice" missionnée par le Réseau histoire, mémoire et immigration et territoire (RHMIT) pour proposer des balades pas comme les autres, en forme de récits de vie, nous nous dirigeons vers l’ancien marché municipal de Beausoleil, destiné à être remplacé bientôt par le marché Eiffel. Bordé d’alimentations tenues par des Portugais (qui représentent 60 % de la population beausoleilloise), des Sri Lankais, des Italiens, des Cambodgiens ou des Russes, ce coin de la ville témoigne du cosmopolitisme très marqué de la localité azuréenne.
Autant d’occasions de goûter l’eau de coco et les biryanis, côté sri-lankais, les petits canapés au hareng à la mode russe ou la tourte au riz et aux épinards dans la trattoria Il Fornaio de Stefano, ravi de faire déguster ses délices ligures.

Le jardin d'hiver du Riviera Palace à Beausoleil.
Le jardin d'hiver du Riviera Palace à Beausoleil. Jean-François Ottonello

Petite halte, au passage, à la mairie de Beausoleil, où la salle des mariages et du conseil municipal recèlent deux panneaux picturaux figurant le repos d’Hercule et Orphée chantant le soleil, réalisés en 1954 par Auguste Marocco. Le square attenant à la mairie, orné de magnifiques ficus magnolias, appelés aussi "arbres de Bouddha", invite à la méditation. Une rêverie propice au voyage dans le temps que nous accomplissons en arpentant l’avenue de la République.
Façades Belle Époque arborant l’année de construction et les noms des propriétaires dans des cabochons et de jolies balustres. Cette artère est une succession d’immeubles remarquables témoignant des techniques de céramique propres au Pays de Menton.
L’émerveillement va crescendo en découvrant ensuite, avenue du Général-de-Gaulle, la villa Juturne, construite au début du XXe siècle par l’artiste-peintre fresquiste Patrizio Rogolini, et entièrement décorée par lui. C’est Fanny Rogolini, sa petite fille, qui nous fait les honneurs de cet exceptionnel immeuble de cinq étages, récemment inscrit au Patrimoine au titre des monuments historiques.

De Guillaume Apollinaire à Colette

Véritable épine dorsale de Beausoleil, l’escalier central, au sommet duquel trône l’imposant Riviera Palace, est un passage obligé pour découvrir le quartier du Tonkin. Baptisé ainsi par un militaire de retour de campagne, qui en le découvrant se serait exclamé: "C’est le bazar ici, on dirait le Tonkin!" Univers de baraques, d’habitations précaires, de poulaillers, ce bidonville était habité par une majorité d’immigrés ligures et piémontais depuis les années 1880, attirés par l’essor économique de la Principauté.
Une sulfureuse atmosphère, aux relents insalubres, y régnait, évoquée par Guillaume Apollinaire, qui y vécut entre 1884 et 1897.
Assaini en 1975, le Tonkin, comme nous le constatons en flânant dans ses venelles où souffle un air léger, est désormais un quartier populaire, qui a façonné l’histoire locale au même titre que les projets destinés aux riches hivernants d’autrefois.
Changement radical de décor au Riviera Palace, où nous attend Nadine Brod, l’une des habitantes, pour nous faire visiter le sublime jardin d’hiver de ce lieu d’exception où séjournèrent notamment Colette, avec son mari, et le Shah d’Iran.
Sous l’immense verrière, la plus grande d’Europe, conçue par l’architecte de la tour Eiffel, un décor de rocailles et de plantes succulentes, restauré et entretenu avec amour par Nadine, régale les regards. Un véritable rêve, à l’esprit Art déco...


Un voyage dans la ville, créé par la réalisatrice et comédienne Bénédicte Sire, en partenariat avec les archives du Centre histoire et mémoire Roger Bennati, la mairie de Beausoleil et l’association Image Son et Compagnie.
Prochaines dates: le 11 mai et le 15 juin.
Tarifs : 54€ la journée incluant un repas complet, un thé et une douceur en fin de parcours.
Rens. 06.98.21.08.29. www.baladesurbaines.eu

La Villa Juturne de Fanny Rogolini, à Beausoleil.
La Villa Juturne de Fanny Rogolini, à Beausoleil. Jean-François Ottonello

La villa Juturne

Construite en 1913, la villa Juturne a été récemment inscrite au Patrimoine au titre des monuments historiques. Visite guidée avec Fanny Rogolini, la petite-fille du créateur de ce lieu magique.

Des naïades chevauchant des hippocampes, parmi une constellation d’étoiles de mer... Un plafond évoquant la lumière de la surface de l’eau, perçue depuis une profondeur sous-marine. Dès l’arrivée à la villa Juturne, ainsi baptisée par son propriétaire, le peintre fresquiste Patrizio Rogolini, en hommage à une déesse de l’eau, on se sent littéralement happé par ce mouvement ascendant.
Juturne, prénom également donné à sa fille, omniprésente en ce lieu, de même que son fils Icare.

De la cage d’escalier, débordant jusqu’au cinquième étage d’une myriade de roses et de glycines, aux vingt-huit appartements, en passant par les corridors, chaque recoin est tapissé de fresques décrivant des scènes mythologiques d’Icare, fils de Dédale, et de Juturne, nymphe des eaux. Art gothique, Renaissance italienne, style baroque, Art déco et art populaire piémontais, côté frises, divers courants artistiques sont ici représentés.

un lieu magique

Plusieurs styles se retrouvent parfois dans une même œuvre, comme celle du Christ gisant de Mantegna, entouré d’anges aux têtes de femmes coiffées façon années trente. "Une interprétation très libre, originale et osée à l’époque", s’amuse Fanny Rogolini.
Conférencière à ses heures, elle nous rappelle l’histoire de son grand-père, né en 1863 en Italie, et immigré à Menton en 1875. Formé aux métiers du bâtiment, il avait travaillé comme peintre et stucateur dans les églises baroques de la région.
Menton lui doit notamment la restauration de la chapelle des Pénitents blancs. Et Beausoleil s’enorgueillit, grâce à lui, de cette demeure d’exception, la villa Juturne, destinée à l’époque à recevoir, en appartements meublés de luxe, des hivernants ou vacanciers d’hiver.
Un lieu magique redevenu une maison familiale, sur laquelle Fanny veille telle une vestale, tout en ayant à cœur de transmettre l’œuvre de son illustre aïeul. Protégée par son nouveau statut, la villa Juturne redévoile, peu à peu, ses trésors au public.


Visite gratuite sur rendez-vous auprès de l’office de tourisme. Tél. 04.93.78.01.55.
Ou avec le Centre historique et mémoire Roger Bennati. Tél. 04.93.41.71.31.


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