Drag Race France débarque à Marseille et à Nice: 5 choses à savoir sur le show

Les drag-queens de l’émission qui cartonne depuis cet été sur France TV Slash sont en tournée. Passage à Marseille le 17 septembre et Nice le 29 octobre.

Amélie Maurette amaurette@nicematin.fr Publié le 13/09/2022 à 13:45, mis à jour le 13/09/2022 à 13:54
Le Légendaire Cabaret Club de Drag Race France Live arrive chez vous. (Photos Nicolas Costy Junzi Arts)

Le succès télé de cet été

Drag Race France Live, c’est la tournée qui suit l’émission Drag Race France, diffusée sur France 2 cet été et toujours disponible sur France TV Slash. Dix drag-queens qui rivalisent de costumes, perruques, maquillages, artifices et talents pour séduire un jury et passer les étapes du concours. Huit épisodes qui ont rassemblé un large public cet été, faisant de l’émission le deuxième divertissement derrière Fort Boyard – avec 2,4 millions de vidéos vues sur France.TV, hors réseaux sociaux – a souligné France Télévisions à la rentrée. Une saison 2 est d’ores et déjà prévue. L’émission est elle-même déclinée du programme américain RuPaul’s Drag Race, qui en est à sa… quatorzième saison.

Un divertissement pour tous

Le succès de l’émission et de la tournée dont certaines dates étaient ou affichent déjà complet – Paris, Lille, Bordeaux, Lyon… –, c’est qu’elles sont clairement queer et complètement ouvertes à tous. "J’ai eu un choc quand j’ai vu RuPaul’s Drag Race: c’est la première fois que je me voyais à la télé, pourtant je ne suis pas drag-queen, explique Raphaël Cioffi, à l’origine de l’adaptation française et coproducteur avec Endemol et Shake Shake Shake. Moi qui bossais sur des programmes à fortes personnalités mais très populaires, comme Catherine et Liliane sur Canal+ ou le show de Jean-Paul Gaultier, j’ai eu la conviction très forte qu’il fallait la faire en France. Que ce serait une grande fête à laquelle tout le monde est invité mais qui ne s’excuse pas d’être là."

L’adaptation télé française a mis cinq ans à voir le jour: "L’émission aurait pu exister plus vite si on avait contorsionné le format, si on n’en avait fait qu’un objet télé au lieu d’un divertissement sociétal et communautaire ouvert à tous. Le mot communautaire est mal pris mais c’est comme ça pour chaque programme: un match de foot, c’est diffusé pour les footeux mais si on n’est pas footeux on est le bienvenu! Cette émission a fait beaucoup de bien parce que son énergie est universelle: il y a une minorité de gens qui se sentent bien dans les codes de la société, pas seulement les codes du genre mais les codes physiques, de réussite… Des codes, il y en a partout et tout le monde se sent concerné!" Les "gros événements queer sont finalement rares", poursuit le coproducteur, et c’est aussi en cela que le phénomène est fédérateur: "L’égalité, c’est aussi pouvoir se rassembler pour des choses culturelles et festives."

Un spectacle inédit

La tournée, si elle capitalise évidemment sur la popularité de l’émission, est un spectacle à part entière. "C’est l’usage qu’il y ait une tournée après l’émission, ça se fait ailleurs", indique Raphaël Cioffi. Il insiste en revanche sur le fait que le show est inédit. "Leur talent, à ces queens, ce n’est pas d’avoir fait Drag Race, elles ont fait Drag Race parce que ce sont des bêtes de scène! On les remet simplement dans leur élément." Et la tournée est l’occasion de découvrir les dix drag-queens de l’émission dans leurs univers. Décors, danseurs, numéros, le tout au cœur d’un Légendaire Cabaret Club orchestré par celle qui a présenté l’émission: la drag star Nicky Doll.

"On aurait pu aller à la facilité et reprendre des moments qui ont marché dans l’émission mais non, on est des artistes, on a plein de choses à dire", résume La Grande Dame, la drag niçoise qui a atteint la finale. "C’est un show éclectique, certaines chantent en live, moi je fais du saxo. Il y a beaucoup de sketches, de danse, d’effets, de la magie, de tout. Le drag, c’est la quintessence du showbiz : on utilise tout ce qui est à notre disposition pour mettre des étoiles dans les yeux des gens." D’après Le Parisien, qui a assisté à la première date au Casino de Paris début septembre, le public est "bouillant", l’ambiance à "l’euphorie"

 

La Grande Dame, queen niçoise du show

Attention spoil: la gagnante de l’émission, c’est Paloma, originaire de Clermont-Ferrand, mais en finale, il y avait aussi la sculpturale et musicienne Grande Dame… Derrière son saxophone et ses costumes flamboyants il y a Yann, un Niçois de 23 ans. Lui qui a quitté la capitale azuréenne à 19 ans après une agression et qui s’est depuis fait un nom en tant que drag dans des défilés, notamment pour Jean-Paul Gaultier, a touché le public au cœur. Preuve encore, cette Lilloise qui l’a interrompu pendant qu’il nous présentait le spectacle au téléphone: "Je vous ai adoré, vous m’avez fait pleurer", entend-on à l’autre bout du fil. "a m’arrive de plus en plus, reprend Yann-La Grande Dame. Toucher les gens comme ça, c’est incroyable, c’est très fort, c’est une grande fierté."

Revenir à Nice, à Acropolis, pour lui, c’est particulier. "J’ai hâte d’être là. Tous mes amis d’enfance, de lycée, seront là. J’ai commencé ma vie artistique à Nice, dans les bars, ça fait plaisir de revenir dans une des plus grandes salles de la ville. Ce n’est pas encore le Nikaïa mais bientôt!" Une forme de revanche sur un passé parfois difficile, le succès de Drag Race? "Non… a a été très dur parfois, c’est mon parcours, j’ai fait le deuil de mes maux. Maintenant, j’ai soif de belles choses. J’ai envie d’être heureux, de m’amuser. Je suis très excité de ce qui arrive, pour moi, pour les personnes queer en général. Je suis juste fier de faire partie de ça et j’ai foi en l’avenir… I’m on my way!"

Le public, roi parmi les queens

Le drag, c’est un spectacle de cabaret, et tout l’enjeu de la tournée, c’était justement de maintenir cette proximité malgré la taille des salles. "Le public fait complètement parti du show, j’ai rarement vu ça, assure Raphaël Cioffi. Dans des salles plus grandes il aurait fallu des écrans, là, on est complètement avec les queens."

 

 

> Samedi 17 septembre, à 20h30. Cepac Silo,

à Marseille. Tarifs: 29, 39 et 49 euros.

> Samedi 29 octobre, à 20h30. Acropolis, à Nice. Tarifs: de 29 à 99 euros.

La Grande Dame, une queen niçoise au cœur du show.
La Big Bertha parmi les danseurs.

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