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1920: le curieux voyage sur la Côte d'Azur du président Paul Deschanel

Mis à jour le 14/04/2017 à 14:47 Publié le 16/04/2017 à 12:00
Arrivée du cortège présidentiel sur le nouveau stade d’Antibes, au pied du Fort Carré.

Arrivée du cortège présidentiel sur le nouveau stade d’Antibes, au pied du Fort Carré. Photo DR

1920: le curieux voyage sur la Côte d'Azur du président Paul Deschanel

Après Émile Loubet à Nice et à Toulon en 1901, voici Paul Deschanel dans les Alpes-Maritimes les 5 et 6 avril 1920. Président de la République depuis le 18 février de cette même année, il démissionnera en septembre, à la suite de troubles mentaux dont certains se sont manifestés lors de ce voyage sur la Côte d’Azur.

Comme Emile Loubet en 1901, le président Deschanel est venu à Nice pour célébrer la Fête fédérale de la gymnastique, qui se déroule chaque année dans une ville différente et qui a lieu à Nice pour la deuxième fois en cette année 1920.

Le magazine L’Illustration rend compte du voyage présidentiel: "La ville de Nice avait revêtu ses plus belles parures de fleurs, et l’accueil de la population, dans les rues enguirlandées, fut des plus enthousiastes. A la préfecture, M. Paul Deschanel reçut un prince de la maison de Savoie, le prince d’Udine, envoyé par le roi d’Italie pour saluer le chef de l’État français et lui remettre le collier de l’Annonciade... (NDLR : décoration suprême de l’État italien, destiné à la famille royale et aux chefs d’État). La plus grande partie de cette première matinée fut consacrée par le président à de pieux hommages: gerbe de fleurs déposée au pied du monument aux morts de la guerre sur la place Guynemer, palme portée à la tombe de Gambetta; visite au monument de Garibaldi".

Le président Deschanel décore ensuite l’évêque de Nice, Mgr Chapon, de la Légion d’honneur pour l’engagement, l’action et le dévouement dont il a fait preuve pendant la Grande Guerre.

"Un beau discours", et pourtant!

L’Illustration signale qu’après cette remise de décoration, "le président a prononcé un beau discours lors d’un déjeuner offert au Casino par la municipalité". Mais ici, tous les journaux régionaux et nationaux, dont L’Illustration, se font discrets sur la manière dont ce discours s’est déroulé et l’étrange comportement dont a fait preuve le président de la République.

Paul Deschanel prit soudain l’attitude et les intonations d’un comédien et, après avoir reçu les applaudissements, salua comme un artiste et... reprit son discours en bis ! L’Illustration poursuit la narration du voyage sur le lieu de la Fête de la gymnastique: "Le président Deschanel fut conduit sur le terrain de l’Hippodrome où 5 000 gymnastes exécutèrent des mouvements d’ensemble devant la tribune présidentielle".

L’Hippodrome de Nice, à l’époque, se trouvait au bout de la Promenade des Anglais, à l’endroit actuel de l’aéroport. Il sera transféré à Cagnes-sur-Mer au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, lors de l’agrandissement de l’aéroport. Après la Fête de la gymnastique, visite au port de Villefranche-sur-Mer, où le président Deschanel est accueilli par le prince d’Udine à bord du cuirassé italien Andrea Doria.

Journée caritative à Antibes

Le lendemain, la journée est marquée par l’inauguration en matinée du stade d’Antibes, au pied du Fort Carré. Bien que le stade soit inachevé, un spectaculaire défilé de gymnastes et de sportifs est organisé. Le maire, Baptistin Ardisson, accueille le président.

La journée est déclarée caritative et 30 % de la recette est envoyée à la commune martyre d’Asfeld (Aisne) qui, située sur le front de la Grande Guerre, a été ravagée durant les quatre années de conflit. La visite se poursuit à Vallauris, puis à Grasse et à Cannes.

L’Illustration relate une émouvante rencontre: "À Cannes, où l’on s’arrêta pour déjeuner, il faut citer l’un de ses mots touchants, instinctifs, qui vaudront une juste popularité à M. Deschanel. À un aveugle qui lui offrait des fleurs, le président dit, très ému, en l’embrassant : ‘‘Vous ne voyez pas, mon ami, mais vous allez sentir mon cœur battre près du vôtre’’. Et il le serra dans ses bras..."

La journée présidentielle s’achèvera par une visite à Monaco – au Palais Princier et au Musée Océanographique - et à Menton. Là encore, la presse passe sous silence une attitude inquiétante du président. On le voit, à Menton, ramasser dans la terre boueuse les fleurs que les gens lui avaient lancées et leur relancer en leur adressant des baisers à la manière d’une diva.

La santé du président devait ensuite rapidement se dégrader. On connaît la suite. Dans la nuit du 23 mai, le président tombe du train, du côté de Montargis, et se retrouve sur la voie ferrée en pyjama. Soigné, il reviendra à l’Élysée, où se multiplieront ses comportements anormaux. Il sera contraint à la démission le 21 septembre. Sa présidence n’aura duré que sept mois et trois jours...

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