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Fan messengers ou grid girls: bonnet blanc, blanc bonnet?

Mis à jour le 27/05/2018 à 11:57 Publié le 27/05/2018 à 11:55
Les grid girls du Grand Prix de Monaco.

Les grid girls du Grand Prix de Monaco. Photo Cyril Dodergny

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Fan messengers ou grid girls: bonnet blanc, blanc bonnet?

Les demoiselles qui arpentent le circuit et défilent dans les rues de la Principauté ont changé d’appellation. Mais au fond, qu’est-ce qui change vraiment dans leur mission?

Nous sommes le 31 janvier. Et la Formule 1 vient de se prendre un méchant coup de chevrotine: Liberty Media, le nouveau patron, décide d’interdire les grid girls. Horreur. Malheur.

>> LIRE AUSSI. Bye bye les "grids girls" sur les circuits de F1, bonjour les "fan messengers"

Pour les non-initiés, les grid girls sont ces charmantes demoiselles qui tiennent les panneaux sur le circuit. Véritable tradition des sports mécaniques, elles arborent des tenues plus ou moins complètes en fonction des pays et des disciplines, de façon à ravir les yeux du public grâce à leur avantageuse plastique. La féminité sur un plateau, selon certains.

À Monaco, leurs tenues sont dessinées par l’horloger suisse Tag Heuer, et sont, il faut bien le reconnaître, plutôt "élégantes", comme le rappelait dans nos colonnes Michel Boeri, le président de l’Automobile Club de Monaco.

Décalage de valeur

Mais alors, quelle mouche a bien pu piquer Liberty Media? Le communiqué d’origine cite Sean Bratches, le directeur des opérations commerciales à Formula 1, la filiale de Liberty Media qui gère la F1, qui rappelle que, dans le courant de l’année 2017, ils ont identifié un certain nombre de domaines qui nécessitaient des ajustements.

"Bien que l’utilisation des grid girls ait été une marque de fabrique des Grands Prix de Formule 1 durant des années, nous sentons que cette coutume ne correspond plus avec les valeurs de notre marque, et est clairement en désaccord avec les normes sociétales actuelles. Nous ne croyons pas que ces pratiques soit appropriées ou pertinentes pour la Formule 1, pour ses nouveaux comme ses anciens fans, à travers le monde."

L’effet Weinstein

C’est-à-dire qu’on est pleine affaire Weinstein. Le hashtag "balance ton porc" vient d’envahir la twittosphère et les médias n’ont plus d’yeux que pour les cas de dérapages libidineux et les cas de viols.

Alors bien sûr, l’intention est louable. Si tout un chacun s’est un jour demandé pourquoi il fallait une femme nue pour vendre un yaourt, on peut s’interroger sur l’utilisation de la plastique féminine, en tenue élégante, dans un sport et un univers qui dégoulinent de testostérone et de cambouis sur le bitume.

Quelques jours plus tard, un second communiqué annonce l’arrivée de grid kids. Des jeunes prodiges du karting qui pourraient alors approcher au plus près de leurs idoles. Là aussi, l’argument s’entend.

Les grid girls contre-attaquent

Mais c’était sans compter sur trois points essentiels. D’abord, le public. Les fans de la Formule 1 à Monaco n’ont jamais eu l’intention de faire le deuil des grid girls. Chaque année, elles défilent dans les rues de la Principauté, et cette année encore au MGP Live, leur présence a généré des commentaires.

"Et dire qu’on a failli les perdre, ça aurait été dommage. D’autant qu’elles sont classes quand même! Ce n’est pas vulgaire du tout!", s’extasie ce dynamique quinquagénaire. Les réseaux sociaux regorgent de témoignages de ce genre. Autant dire que l’argumentaire de Liberty avait du plomb dans l’aile.

Deuxième point, et pas des moindres: Michel Boeri. Le président de l’Automobile Club de Monaco, tenait à maintenir cette tradition. Et en matière de Formule 1, Monaco pèse dans la balance.

Troisième point: les grid girls elle-même. Alizée, 1,81m de charme et de neurones, s’en étonne: "Nous sommes les premières concernées, et personne ne s’est demandé s’il ne fallait pas nous poser la question! Évidemment, je suis sensible à l’image de la femme et à ce qui se passe dans la société actuellement. Mais nous sommes très fières de faire cela. Je n’ai jamais reçu une remarque de travers. Je ne peux pas en dire autant quand je me promène seule dans la rue! Nos tenues sont élégantes, confortables. C’est un vrai plaisir. Si cela devait s’arrêter, ce serait comme une punition."

Et il faut avouer qu’en matière de respect de la femme, ne pas lui demander son avis, c’est quand même un peu fort.

Plus actives

Une source proche du dossier confie que Liberty a considéré en fait que les femmes ne devaient plus être sur la piste sans rôle actif. Qu’à cela ne tienne, elles sont donc fan messengers.

"On ne portera plus les panneaux. À la place, on portera des messages. Ça me convient bien, il y a un côté plus participatif", souffle Alizée. Des messages collectés par les sponsors sur les réseaux sociaux au cours de la semaine.

En plus de cela, elles seront équipées d’un smartphone et deviendront reporter pour les comptes Instagram de l’ACM et de Tag Heuer. Voilà qui est donc plus en adéquation avec "les normes sociétales actuelles", à n’en pas douter.

L’esprit du communiqué originel de Liberty est sauf. Les ex-grid girls sont satisfaites.

Cerise sur le gâteau: le public n’y voit que du feu. Sur la fan zone, au moment du passage des demoiselles, il n’y a guère que l’animatrice qui a pris la peine de les appeler par leur nouveau nom.

La plus grosse différence viendra aujourd’hui, sur la grille de départ. Elles apparaîtront entre les petits espoirs de l’asphalte, les grid kids, et des messieurs. Ont ils également été sélectionnés pour leur plastique? Puisqu’ils n’ont pas encore été dévoilés, il vous faudra attendre le journal de lundi pour le savoir. 

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