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Un "Netflix de la chorégraphie": deux anciens danseurs créent une plateforme numérique inédite pour suivre les Ballets de Monte-Carlo

Mis à jour le 27/12/2020 à 18:13 Publié le 27/12/2020 à 18:07
Pour opérer son projet, Jean-Christophe Maillot s’est appuyé sur deux anciens danseurs de la compagnie, reconvertis dans le numérique Quinn Pendleton et Ediz Erguc.

Pour opérer son projet, Jean-Christophe Maillot s’est appuyé sur deux anciens danseurs de la compagnie, reconvertis dans le numérique Quinn Pendleton et Ediz Erguc. Photo Jean-François Ottonello

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Un "Netflix de la chorégraphie": deux anciens danseurs créent une plateforme numérique inédite pour suivre les Ballets de Monte-Carlo

Lancée le 5 janvier, une plateforme numérique permettra aux abonnés de suivre le quotidien et le travail de la compagnie. Et de voir les spectacles sous des angles différents.

Qui aurait pu présager, il y a un an, que la transformation numérique entreprise en Principauté atteindrait aussi les Ballets de Monte-Carlo ?

La compagnie de danse entamera l’année 2021 en faisant un pas de deux avec le numérique. C’est inédit!

Le public pourra accéder dès le 5 janvier au site bmcstream.com, une plateforme de streaming présentant le quotidien et le travail de la compagnie.

Avec une volonté affichée : celle de s’offrir une ouverture virtuelle sur le monde à l’heure de la Covid-19. Certes la compagnie est une des rares au monde à pouvoir être sur scène en ce moment et a multiplié les performances à Monaco tout le mois de décembre.

Mais difficile de dépasser les frontières de la Principauté. "Je suis persuadé que nous sommes encore loin de sortir de la crise Covid, et encore loin de reprendre nos tournées internationales. Il fallait quand même trouver un moyen de rester ambassadeur de ce qui se fait à Monaco. Grâce à cette plateforme, les Japonais qui n’ont pas pu voir le spectacle de La mégère apprivoisée en février dernier par exemple, auront quand même la possibilité de le voir de cette façon. Cette plateforme peut nous permettre une vie internationale dans la perspective d’une situation qui pourrait durer longtemps. Et même si ce n’est pas le cas, en l’imaginant sous cet angle-là, elle peut continuer à vivre sans nous empêcher d’aller faire des spectacles à l’extérieur" souligne Jean-Christophe Maillot.

Un atout international

Le chorégraphe-directeur des Ballets de Monte-Carlo a eu cette idée pour sa compagnie au début de la crise.

Une folie ? Les deux millions de vues sur YouTube de la vidéo Wake Up réalisée par la troupe lors du confinement l’ont convaincu que ce n’était pas un délire. "La réalité des réseaux sociaux est indiscutable, même si ce n’est pas mon monde, c’est une aberration de ne pas se rendre compte que c’est une réalité. Nous nous sommes développés sur ces réseaux depuis quatre ans. Mais à l’heure de cette crise, ça m’est insupportable d’entendre qu’il faut se réinventer. Il faut arrêter de nous faire croire qu’on va pouvoir faire sur le numérique l’équivalent du spectacle vivant. Mais, au lieu de substituer le spectacle vivant à une vision numérique, j’ai voulu cette plateforme pour avoir un atout supplémentaire à la diffusion de notre travail à l’international".

Pour imaginer ce Netflix de la chorégraphie, Jean-Christophe Maillot s’est appuyé sur l’expertise de deux anciens danseurs de la troupe, reconvertis dans le numérique: Quinn Pendleton et Ediz Erguc qui ont fondé leur agence digitale, Équilibre, en Principauté.

Ils sont partis de zéro pour imaginer le contenu disponible: des vidéos de répétitions, des interviews de danseurs, des caméras placées dans les coulisses pour suivre le travail de troupe.

Voir ce qu’on ne voit jamais

Dans son cahier des charges, Jean-Christophe Maillot s’est fixé une ligne directrice : faire voir ce qu’on ne voit jamais. "Beaucoup d’institutions culturelles créent actuellement des plateformes qui me semblent sans grand intérêt car elles mettent le spectateur dans la même position qu’au spectacle, en proposant des captations, sans être dans la réalité du spectacle vivant".

À l’inverse, le directeur des Ballets veut offrir à voir le quotidien de son équipe aux abonnés qui débourseront 5 euros par mois pour être une petite souris dans l’Atelier de la compagnie. "J’ouvre peut-être la boîte de Pandore, mais je veux redonner une valeur aux danseurs, qu’on apprenne à les connaître et qu’on s’attache à eux en tant que personne. Même si ce n’est pas facile comme démarche et qu’on travaille différemment dans un studio avec une caméra qui filme".

Au sommet de cette offre, c’est une nouvelle façon de voir le spectacle que veut proposer Jean-Christophe Maillot à ses abonnés.

Via la plateforme, il sera possible d’acheter des tickets (5 euros pour les abonnés, 12 euros pour les non-abonnés) pour découvrir un spectacle filmé sous différents angles et choisir son angle de vue.

Tous les spectacles donnés au Grimaldi Forum au cours du mois de décembre ont été captés par quatre caméras.

Une caméra plan large face à la scène, trois autres sur des points de vue moins traditionnels en latéral, en coulisses et en bord de scène pour capter l’atmosphère, les entrées et sorties de scène, les changements de décor.

Tout ce que le public ne voit pas habituellement. En amont, les équipes ont travaillé avec les cadreurs pour estimer les angles de vue les plus intéressants. "Cette plateforme, nous l’avons imaginée de toutes pièces, on peut y intégrer toutes les nouvelles technologies. Et on a la flexibilité dans le futur de se développer de plus en plus" note l’une des créatrices, Quinn Pendleton.

Le premier spectacle : Core Meu sera visible le 5 janvier sous ce prisme multi-angles. Comme un symbole car il fait partie des chorégraphies les plus rythmées et enjouées du répertoire des Ballets de Monte-Carlo.

En mars, Jean-Christophe Maillot envisage ensuite un tournage en live dans l’Atelier, d’un projet inédit. Et espère aussi retrouver le public, en chair, en os et en applaudissements, en Allemagne fin mars et à Paris en mai, avant d’autres dates en Principauté.

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