Avant la première de Faust ce mardi au Grimaldi Forum, deux jeunes danseurs racontent leur quotidien

Ils brillent sur scène par leur grâce, leur présence, l’aisance de leur corps. La Britannique Ashley Krauhaus, 20 ans, et le Sud-coréen, Jaeyong An, 30 ans, se confient.

Cédric Vérany Publié le 27/12/2022 à 18:03, mis à jour le 27/12/2022 à 11:50
La Britannique Ashley Krauhaus a integré la compagnie il y a dix-huit mois. Une troupe dans laquelle le Sud-coréen Jaeyong An officie depuis sept ans. Photo Jean-François Ottonello

Ils brillent sur scène par leur grâce, leur présence, l’aisance de leur corps. Mais s’expriment plus rarement. Entre deux répétitions, un duo d’artistes de la compagnie s’est confié sur leur travail et leur préparation pour ce nouveau ballet.

La Britannique Ashley Krauhaus, 20 ans. En mars prochain, cela fera deux ans qu’elle a rejoint la compagnie monégasque après avoir été formée à l’Académie Princesse Grace pendant quatre ans. « L’école est réputée, elle porte ce nom magnifique et je savais que 100 % des élèves diplômés trouvaient ensuite du travail, souligne-t-elle. J’ai eu cette opportunité d’entrer à l’Académie pour me former et je ne le regrette pas ».

"Un ballet très puissant"

Dans Faust cette semaine, Ashley incarne Marguerite, une jeune femme destinée à devenir nonne, qui tombe amoureuse de Faust. « C’est un rôle magnifique, commente la jeune danseuse. Une bataille entre l’envie de pêcher et la volonté de rester pure. Le ballet lui-même est très puissant, il contient beaucoup d’éléments symboliques, métaphoriques, qui trouvent leur sens. Autant pour le public que pour les danseurs, c’est très impactant ».

Un engagement que confirme Jaeyong An, qui se glisse lui dans les traits de Méphistophélès, l’incarnation du diable dans le mythe de Faust. « Ce qui n’est pas évident avec ce rôle, c’est que ce n’est pas un humain. J’ai dû créer ma propre façon d’exprimer, de personnifier ce diable qui ne ressent pas les choses comme un humain peut les ressentir », détaille le danseur originaire de Corée du Sud, engagé dans sa septième saison au sein de la compagnie de Jean-Christophe Maillot, dont il rappelle la popularité auprès du public sud-coréen amateur de danse. Avec la compagnie, il a pu jouer le prince dans Cendrillon en 2018 sur ses terres natales. Avec à chaque fois le même état d’esprit, « quand je monte sur scène, j’ai besoin d’arriver calme et concentré. Pour, une fois que je danse, être le plus possible dans mon personnage ».

"Nous sommes là pour le public"

Cette discipline va de pair avec la routine quotidienne imposée à la troupe, pour qui le mois de décembre, ne rime jamais avec vacances. « C’est un mois compliqué bien sûr, et ce n’est pas facile, honnêtement de travailler pendant la période des fêtes, souligne Jaeyong An. Mais c’est notre travail. De répondre présent au moment où le public a envie de venir voir des spectacles, nous sommes là pour eux. Plus il y a de monde dans la salle, mieux c’est ».

Cette année, la compagnie enchaîne d’ailleurs ses traditionnelles représentations des fêtes à Monaco, avec cinq spectacles à Madrid et quatre à Séville tout début janvier. « Mais nous avons été off le jour de Noël, souligne Ashley Krauhaus. Bien sûr on ne peut rentrer chez nous, mais on peut passer la journée entre amis. Et j’ai la chance cette année que ma famille vienne voir le spectacle. Alors je n’ai pas de problèmes à travailler pendant cette période, c’est formidable de pouvoir performer. »

Une troupe dans laquelle le Sud-coréen Jaeyong An officie depuis sept ans. Jean-François Ottonello.

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