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Ce Monégasque se lance dans la course de vélo la plus dure du monde, les États-Unis d’ouest en est

Mis à jour le 10/11/2017 à 17:52 Publié le 10/11/2017 à 17:51
Philippe Tondeur vient de remporter la première place de la course de qualification de la Race across America. Déjà un incroyable exploit!

Philippe Tondeur vient de remporter la première place de la course de qualification de la Race across America. Déjà un incroyable exploit! Photo Michael Alesi

Ce Monégasque se lance dans la course de vélo la plus dure du monde, les États-Unis d’ouest en est

Philippe Tondeur a 60 ans. Il est commandant de bord sur un avion privé. Du haut de son 1,70 m, avec ses 66 kg, et alors qu’il s’excuse presque de nous avoir dérangés pour nous expliquer ses exploits, ce Monégasque est un homme à la fois plein de modestie et avec une volonté de fer.

"Je ne veux pas ne pas y arriver. C’est un truc que je m’impose à moi-même."

Et ce "truc" qui le motive en ce moment, ce n’est pas d’acquérir un casque d’aviation militaire supplémentaire pour accroître sa collection qui en compte déjà 500, mais la Race Across America: une course à vélo qui le fera traverser, s’il y arrive, les États-Unis d’ouest en est, de Los Angeles à Atlantic City, en diagonale, en douze jours.

"La course la plus dure du monde"

"Passé le douzième jour, on est éliminé. Il faudra donc que je roule une moyenne de 400 kilomètres par jour. C’est la course la plus dure du monde. On traverse les déserts arides de Californie où la température peut dépasser 40 degrés. On monte à 3.000 mètres dans le Colorado. Il faut résister au vent et à la pluie."

Cette course mythique est considérée comme le plus haut échelon de l’ultra-endurance en cyclisme. Pour terminer dans le délai de 12 jours, les coureurs ne peuvent pas se permettre de dormir plus de 4 heures par jour au maximum. À titre de comparaison, la Race Across America représente 50% de distance en plus que le Tour de France et doit être terminée sur une durée deux fois plus courte, donc sans jours de repos.

premier des qualif

Pour participer en solo à la Race Across America, Philippe Tondeur a dû passer une épreuve de qualification le 14 octobre. Et il a fini… premier!

"Cette course, je l’ai eue par obstination. J’ai gagné en 21 heures 45, pour faire 616 km, à Alpine au Texas, près de la frontière du Mexique. Je voulais faire la meilleure place possible. Je buvais un litre par heure. Il faisait 37 degrés.

J’ai couru non-stop. Je mangeais avec une voiture d’assistance, sans m’arrêter. J’avais pris une nutritionniste pour me faire un plan sur les 24 heures et je m’alimentais en barres diététiques."

Un incroyable défi qu’il raconte sommairement et à force de questions, refusant de dévoiler les détails les plus frappants. La modestie encore… mais aussi la pudeur.

700 km par semaine

Pourtant, chacune de ses journées est finalement un exploit quotidien.

"Je fais du vélo tous les jours. Dimanche dernier, je suis allé à Gênes. Je suis parti le matin; il faisait encore nuit. J’ai fait 337 km en 11h40. Je ne m’arrête pas. Il ne faut pas s’arrêter. Jamais, où quelques secondes seulement pour prendre de l’eau à une fontaine ou rentrer dans une supérette."

En période d’entraînement, Philippe Tondeur fait 700 kilomètres de vélo par semaine.

Alors, bien sûr, il suit un régime alimentaire particulier. "Pas de sucres et pas de sauces. Je mange des légumes, des fruits, de la viande blanche, du poisson. J’ai toujours fait ça."

Un homme hors du commun

Mais comment parvient-il à conjuguer un entraînement et un régime drastiques avec sa vie professionnelle durant laquelle il parcourt 300.000 km par an?

"En voyage, je suis obligé d’aller au restaurant et j’adapte les menus. J’emmène mon vélo dans l’avion. Quand j’arrive à destination, je roule. C’est 90 % de mon entraînement. La gymnastique, je la fais moi-même car les horaires d’ouverture des salles de sport correspondent mal à mon rythme souvent décalé."

Alors quand on évoque à Philippe Tondeur la retraite, peut-être pour se ménager un peu, il rétorque: "Lors des examens et tests médicaux que je suis obligé de faire régulièrement pour mon métier, on me trouve toujours en pleine forme. Ce serait un cauchemar d’arrêter de travailler. Être contraint d’arrêter de travailler à 50 ou 60 ans parce qu’on est chauffeur de TGV ou pilote sur une compagnie aérienne, ce n’est pas mon esprit."

L’esprit de Philippe Tondeur est effectivement tout autre. Celui d’un homme hors du commun, perfectionniste à l’extrême, passionné par le vélo autant que par l’aviation. Et bien décider à poursuivre toujours plus loin.


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