“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Ce cycliste monégasque qui grimpe, qui grimpe...

Mis à jour le 03/08/2019 à 10:11 Publié le 03/08/2019 à 10:11
Après 4 h et 50 minutes d’effort, Antoine Berlin a franchi en troisième position la ligne d’arrivée.

Après 4 h et 50 minutes d’effort, Antoine Berlin a franchi en troisième position la ligne d’arrivée. Amaury Sport Organisation ASO

Ce cycliste monégasque qui grimpe, qui grimpe...

Troisième de l’Etape du Tour, une course empruntant l’un des tracés de la Grande Boucle, Antoine Berlin prouve qu’il pèse dans le cyclisme amateur. Et ce, malgré une arrivée tardive dans le milieu

Comparer les deux cyclistes serait osé tant le fossé sportif qui les sépare est abyssal. L’un, Egan Bernal, vient de rafler à 22 ans et 6 mois le dernier Tour de France. L’autre, Antoine Berlin, 27 ans, a terminé troisième à l’Étape du Tour, une course amateur empruntant le tracé des professionnels de la pédale. Une chose est sûre, les deux ont connu une ascension fulgurante ces dernières années. Toutes proportions gardées.

Quand le Colombien vainqueur de la Grande Boucle se faisait, il y a peu encore, les mollets en VTT, le Monégasque, lui, avalait l’asphalte à haut niveau comme coureur à pied (1). Ce n’est qu’en mars 2017, après des blessures à répétition, qu’Antoine Berlin a viré de bord en se mettant à la petite reine. En deux ans, la progression s’avère foudroyante. Rien qu’en 2019, le cycliste amateur a remporté six courses, dont le Granfondo Nice Côte d’Azur, le Santini Granfondo Mont Ventoux et le Paris Nice Challenge. Le tout en ne s’entraînant qu’en salle. Son job (2) étant à Paris, son vélo dans le sud.

Dernière compétition en date, donc, l’Étape du Tour. C’était le 21 juillet, une semaine tout pile avant que les « grands » n’achèvent la 21e étape sur les pavés des Champs-Élysées, au terme de 3 365 bornes avalées à travers l’Hexagone. Antoine Berlin, avec le recul, revient sur cette étape mythique entre Albertville et Val Thorens.

135 kilomètres et 4 563 mètres de dénivelé positif

12 500 coureurs au départ, 135 bornes d’asphalte, 4 563 mètres de dénivelé positif. Le décor est planté. En pur grimpeur, le Monégasque part serein, d’autant qu’il est considéré comme l’un des favoris de la course par ses pairs. Les deux dernières années, déjà, il avait terminé à une honorable dixième place. Costaud pour un prétendu « bizut ». « Je suis parti dans la première vague de 1 000 participants. Dès le départ, j’ai fait en sorte d’être à l’avant du peloton pour pouvoir répondre aux éventuelles attaques », débute-t-il.

La première ascension de 25 km, celle de Cormet de Roselend, épure une partie de ce peloton. La montée s’avale à une vitesse effrénée, la descente qui suit étant particulièrement technique. Plus loin, au pied de l’ascension de Longefoy, ils ne sont plus qu’une trentaine de coureurs à mener la course.

« En pur grimpeur, j’ai pris la tête de ce groupe pour mettre un bon tempo dans la montée. Je savais que la descente qui suivait était, elle aussi, très technique et, justement, dans cet exercice je manque de technicité et de confiance en moi », concède Antoine Berlin. Un point faible connu et exploité par ses adversaires qui n’hésitent alors pas à prendre des risques pour le distancer.

« Rien à perdre »

Au début de la troisième et ultime ascension, celle de Val Thorens, le Monégasque pointe à la 25e place, à plus de trois minutes des cadors. On le voit mal alors terminer sur le podium. « Cette ascension de Val Thorens de 35 kilomètres était interminable. On est toujours en prise. Il n’y a pas de vallée. On enchaîne les montées », détaille-t-il. Sa prédilection pour la grimpette à fort pourcentage redistribue les cartes de cette fin d’étape. « Avec l’adrénaline de les doubler et le mental, c’est soit ça passait, soit ça cassait. Je n’avais rien à perdre, sourit-il. J’ai dépassé un à un les coureurs. Un ravitaillement de mes parents m’a donné un coup de boost émotionnel. À 5 kilomètres de l’arrivée, je me suis retrouvé 2e à trente secondes du 1er. Mais j’étais sur la réserve… »

Sous l’arche, à 2 365 mètres d’altitude, il franchira la ligne troisième. Avec la bière du finisher pour faire oublier l’effort intense fourni durant 4 h et 50 minutes. « C’est l’une des étapes les plus dures du Tour de France », analyse-t-il. C’est dire le niveau des cyclistes professionnels qui enchaînent les étapes jour après jour… Secrètement, sans aucune prétention, il espère un jour se frotter à eux. Pourquoi pas aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 ?

Rien n’est exclu. Pas même le droit de rêver.

Antoine Berlin (à gauche) n’a pas réussi à dépasser les deux premiers  : Cédrick Dubois et Tim Alleman.

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.