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VIDEO. L’exposition "La Légende des Rallyes" réunit ses héros au musée de l'automobile de Monaco

Mis à jour le 07/02/2020 à 09:03 Publié le 06/02/2020 à 11:15
« Nostalgie ! », a écrit Ari Vatanen sur le Livre d’or, près d’une 205 indissociable de sa légende.
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VIDEO. L’exposition "La Légende des Rallyes" réunit ses héros au musée de l'automobile de Monaco

Ari Vatanen, Bruno Saby, Kenjiro Shinozuka… Les funambules de l’asphalte ont répondu avec joie à l’invitation de la directrice de la Collection de voitures du prince Albert II, ce mercredi à Fonvieille.

Seule la Principauté de Monaco, temple du sport auto, peut offrir pareil spectacle! Ce mercredi, ce sont près de 300 voitures de rallye de toutes époques qui étaient à portée de main des passionnés entre le quai Albert-1er et la Collection de voitures de S.A.S le Prince de Monaco, sur les terrasses de Fontvieille.

L’arrivée du Rallye Monte-Carlo historique se couplait en effet à la tenue, jusqu’au 15 mars, de l’exposition La Légende des Rallyes. Un alignement des planètes unique dans le monde que la nouvelle directrice de la Collection princière, Valérie Closier, avait décidé de sublimer en conviant de grands noms de la discipline dans le musée de Fontvieille.

"Je suis ravie parce que je voulais absolument monter cette rencontre un peu informelle, et j’ai ramé pour les avoir! Ce qui me fait plaisir c’est que ça fait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus et le rallye est une grande famille (lire ci-dessous). C’est populaire et convivial et je suis contente que des visiteurs puissent aussi assister à ce moment."

"Même la plus moche, je la prends!"

À deux pas, des Anglophones confirment sans qu’il soit besoin de les interpeller. Leurs yeux, comme des billes, et leurs téléphones, braqués sur ces mythiques chasseurs de chrono, les trahissent. Un rendez-vous des romantiques et des nostalgiques, comme Ari Vatanen, champion du monde 1981. Le mot du Finlandais sur le Livre d’Or? «Nostalgie! La vie est belle!» Et, bonus, un autocollant vintage apposé avec soin. Une photo dédicacée de l’époque où le funambule du Monte-Carl’ 1985 était sponsorisé par Milk Energy.

Deux ou quatre roues motrices, à propulsion arrière, à moteurs central, avant ou arrière, l’éventail de l’histoire du rallye est complet. Président de la Commission des voitures de collection à l’Automobile Club de Monaco, Géry Mestre savoure. "Même la plus moche, je la prends! [rires] J’ai une préférence pour les deux roues motrices comme les Alpine, les Gordini. Je dois dire que j’ai un petit faible aussi pour la Triumph TR4, parce que c’est une voiture d’usine. C’est tellement proche de la série que c’est plein de charme."

Réminiscence de l’époque où les fans de rallye pouvaient s’offrir un modèle presque à l’identique de leurs idoles, puis se lancer sur les mêmes routes. Enfin, presque. "J’ai eu le privilège d’avoir une 205 T16 usine, ex-Carlos Reutemann. Mais moi je ne l’ai pas pilotée, je l’ai conduite. C’est différent. Mais dans les mains d’un pilote, c’est extraordinaire. ça va vite, ça tient la route, ça freine, ça envoie de folie!", glisse Géry Mestre, étoiles dans les yeux.

"Les Groupe B étaient des bombes
pour le public"

Une évolution retracée par Bernard Béguin, quadruple champion de France. "Il y a eu des fluctuations dans les règlements. On est passé des voitures préparées aux monstres Groupe B qui, trop dangereux, ont été interdits." LE point de bascule? "UN point de bascule, répond le Varois d’adoption. Après on est passé aux Groupe A, des voitures moins performantes mais très performantes par rapport à des voitures de série. Ces voitures ont débouché sur celles du WRC qui, elles-mêmes, prennent une évolution phénoménale et se rapprochent des Groupe B, sauf que les matériaux utilisés sont différents."

"ça prouve aussi qu’à un certain moment il faut changer les formules, parce que ça devient pratiquement inconduisibles et puis les Groupe B étaient des bombes pour le public", poursuit Claude Sage, aujourd’hui administrateur du Castellet (circuit, hôtels et aéroport).

Ancien pilote, puis un temps en charge de la Scuderia Filipinetti, avant de devenir importateur Honda et responsable de développement de la marque en Formule 1 [du temps des Prost, Senna, Mansell, Piquet…, ndrl], Claude Sage a également été team manager sur les 24 Heures du Mans 1994 ou présidé le Salon de l’auto de Genève, autant dire que le résident monégasque en connaît un rayon. Et pourtant, à son arrivée à la Collection du prince Albert II, ce mercredi, le monsieur était bouche bée. "Je trouve ça fantastique d’avoir réussi à rassembler un tel nombre de voitures exceptionnelles. Qui a prêté toutes ces voitures dans un parfait état? C’est prodigieux!"

"Je n’ai pas de mots, c’est incroyable!"

Qui? Des collectionneurs privés, comme le pilote Juha Kankkunen, dont les petits bijoux ont voyagé depuis la Finlande. Les confins de la Laponie où la culture du rallye ne s’essouffle pas, et vit. Hier, aux côtés d’un Ari Vatanen toujours aussi gentleman, un certain Rauno Aaltonen avait remisé sa combi pour faire la cour, en costume, à ces dames - mécaniques. Et la joie du «Finlandais volant», vainqueur du Monte-Carl’ 67 au volant d’une Mini Cooper S était communicative.

Entouré de sa yellow team, le pilote japonais Kenjiro Shinozuka, vainqueur du Paris-Dakar 1997, en avait, lui, carrément le sifflet coupé. "Toutes ces voitures sont à Albert? Au roi (sic) de Monaco? C’est la première fois que je viens à la Collection et c’est fantastique. Je n’ai pas de mots. C’est incroyable!"

"On a tous eu des combats l’un contre l’autre, ça rapproche… C’est la famille"

Souvent adversaires en piste, mais toujours amis à la vie.
Souvent adversaires en piste, mais toujours amis à la vie. Photo Cyril Dodergny

Les retrouvailles ont été chaleureuses hier à la Collection de voitures de S.A.S le Prince de Monaco. Et les étreintes franches entre les légendes du rallye.  "Il y a de rares exceptions mais les pilotes forment vraiment une famille, assure Bernard Béguin. Par exemple les gens pensaient que j’étais fâché avec César Baroni alors que je l’aime beaucoup et que je pense que c’est réciproque. On a longuement discuté au rallye d’Antibes il y a deux ans et on adore se retrouver. On a tous eu des combats l’un contre l’autre, avec César, avec Bruno (Saby), avec Ari (Vatanen) en Corse, en fin de compte ça rapproche. C’est ça la famille du rallye."

Une amitié imperméable au temps, la preuve avec la joie du Japonais Kenjiro Shinozuka à la vue de Bernard Béguin. "Il était content qu’on se revoit. On était dans le Team Mistubishi et on ne s’était pas revu depuis le Dakar 1986… il y a 34 ans! C’est la famille de la course et c’est encore plus fort en rallye. Les pilotes de circuit sont un peu plus chacun dans leur bulle."

Une famille ouverte, à l’image du Team des Chefs étoilés engagé de longue date sur l’Historique. «Ils sont vraiment truculents et font partie de l’histoire de l’Historique. Ils forment une espèce de baromètre pour nous et sont super dynamiques», témoigne Géry Mestre qui, non loin de Jean-Pierre Richelmi, s’extasie devant l’exposition. «C’est un trésor. Il y a tout un tas de gamins qui rêveraient d’être ici, c’est Alice au Pays des Merveilles!»

"C’est nécessaire, c’est un trait d’union entre les générations. Je suis surpris par le nombre et la qualité des voitures", appuie Béguin. "L’ADN du rallye se transmet avec les contraintes de nos sociétés actuelles. Avant, quand on partait sur un rallye, c’était l’aventure. ça a beaucoup évolué mais c’est dans le sens du monde actuel, avec plus de sécurité, moins de nuisances et d’impacts sur le plan écologique. Le rallye évolue." Et la passion, intense, demeure.


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