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VIDEO. Avec son court-métrage "Submerged" tourné avec son smartphone, il décroche deux prix à Nice

Mis à jour le 18/11/2019 à 15:19 Publié le 18/11/2019 à 18:00
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Illustration Photo Franz Chavaroche

VIDEO. Avec son court-métrage "Submerged" tourné avec son smartphone, il décroche deux prix à Nice

Spécialisé dans la création de bandes-annonces pour le cinéma, ce jeune Parisien installé à Nice s’est essayé avec succès au court-métrage. Avec Submerged, réalisé au smartphone, il a remporté deux prix lors du Festival Plug. De quoi lui donner d’autres envies.

Fin de semaine, en début de soirée. Devant son Perrier, Tom F. Pardo déroule par le menu son parcours avec clarté et concision.

Le jeune homme de 27 ans, qui a rejoint ses parents à Nice il y a quelques mois, a l’habitude de donner dans le genre efficace et rapide : après des études en école de commerce et un début de carrière dans la publicité, il s’est tourné vers la conception de trailers, ces séquences ultra-rythmées qui vous donnent envie (ou pas) d’aller voir un film.

Après un épisode très formateur à Londres, Tom est revenu en France, des idées plein la tête. Tout en continuant à produire des bandes-annonces en indépendant, il consacre du temps à un volet plus artistique.

Son premier essai, Submerged, est centré sur une jeune femme qui tente de fuir un quotidien étouffant en plongeant dans les profondeurs de la Méditerranée. La séquence de quatre minutes et 45 secondes a fait mouche lors de la première édition du Festival Plug, en septembre dernier à Nice.

Tom F. Pardo est reparti de cet événement niçois dédié aux réalisations sur smartphone avec le Grand Prix et le Prix du public. Il évoque, avec nous, son travail et ses aspirations.

Qu’est-ce qui vous a poussé vers le monde du cinéma?
J’ai commencé dans la publicité, en tant que producteur junior. ça manquait d’aspect créatif, alors j’ai voulu me tourner vers le cinéma, ma passion depuis toujours. J’ai débuté le montage à 15 ans, c’était un passe-temps. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant de lier mon expérience de la pub et le cinéma.

D’où l’idée de vous spécialiser dans le montage de bandes-annonces?
Voilà. à Londres, je me suis dirigé vers les trailers. "Vendre des films" à travers ce format, c’est ce qui me plaisait le plus.

Vous continuez dans cette voie en indépendant depuis Nice. Pas trop dur d’évoluer dans ce milieu quand on est "en province"?
Les temps ont un peu changé. Le travail freelance est de plus en plus répandu. Je peux bosser de n’importe où, j’ai juste besoin de mon ordinateur. Quand j’étais encore à Londres, j’ai quand même fait en sorte de travailler mes contacts, pour créer un réseau. J’ai des clients à Paris, Londres ou New York. Et maintenant que les studios de la Victorine sont
relancés, le secteur du cinéma commence à grandir ici. Je me suis dit que c’était le moment propice pour tenter ma chance.

Pourquoi avoir choisi de vous installer à Nice?
Presque toute ma famille se trouve dans la région. Mes parents vivaient à Paris, mais ils sont venus ici. J’ai décidé de les suivre. En juin dernier, j’ai atterri à Nice, pour tourner mon court-métrage.

Comment est née cette idée?
Depuis longtemps, je voulais m’essayer à la réalisation. Mais comme je n’avais pas de formation, je me disais que je n’étais pas forcément légitime. Quand j’ai vu que ce concours était organisé [celui du Festival Plug, ndlr], j’ai voulu tenter ma chance. ça ne coûtait rien d’essayer, il suffisait d’avoir un téléphone. J’ai utilisé un iPhone 8, celui dont je me servais tous les jours.

Pourquoi avoir alterné le noir et blanc et la couleur dans Submerged?
C’est pour illustrer le fait que l’actrice se retrouve vraiment dans la plongée en apnée. Son quotidien un peu oppressant est filmé en noir et blanc. Puis elle « revit » quand elle passe sous l’eau, les couleurs sont vibrantes. Elle arrive dans un monde presque magique

Y a-t-il quelque chose de personnel dans cette histoire?
Oui, c’est un thème qui me parlait. Quand j’étais à Londres, j’étais à la limite de l’agoraphobie. Il y avait beaucoup trop de gens, partout. Parfois, je devais faire la queue une demi-heure pour prendre le métro à Oxford Circus. La pollution sonore était aussi très importante.

Pour les scènes sous-marines, vous avez dû effectuer votre baptême d’apnée...
Oui, je n’avais jamais pratiqué. L’idée, c’était d’apprendre quelque chose de plus en faisant un film à ce sujet. C’était amusant d’apprendre à manipuler la caméra sous l’eau. En revanche, pendant le tournage, je me suis rendu compte que j’avais un souci à l’oreille, qui m’empêche d’aller très profond. J’ai demandé au copain de l’actrice, Eva André, de filmer une partie des images. Il fallait trouver des plans à la fois beaux et faciles à réaliser.

Comment avez-vous composé l’équipe de tournage?
Je suis allé dans un club d’apnée, le Cipa. J’ai demandé si une femme pouvait être intéressée par ce projet de court-métrage. J’ai rencontré Eva André, une étudiante de 23 ans qui pratique depuis deux ou trois ans. J’ai aussi cherché un ingénieur du son à l’Esra (école supérieure de réalisation audiovisuelle). Pour moi, c’était un aspect déterminant. Dès le départ, je voulais faire un film qui soit axé sur le son. Il n’y a pas de dialogue. Je ne pouvais pas me contenter du son du téléphone. J’ai tenu à payer tout le monde, même si ce n’était pas des mille et des cents. Amateurs ou pas, les gens ont pris du temps pour se consacrer à ce projet. Je n’avais pas envie d’abuser de leur gentillesse.

De quelle manière votre expérience dans les trailers vous a été utile?
C’est une bonne manière d’apprendre à raconter des histoires de façon précise et "impactante". Quand on monte un trailer, on décortique vraiment le film de A à Z. Je regarde
le long-métrage trois fois. D’abord comme spectateur, pur et dur. Puis j’arrête le son et je me focalise sur les images. Et la troisième fois, je n’écoute que le son et les dialogues.

Après ces premières récompenses au Festival Plug, quelles sont vos ambitions?
Déjà, j’ai envie de contribuer à la relance des studios de la Victorine. Ensuite, tout en poursuivant le montage de trailers, je veux faire avancer deux projets personnels. Le premier est un court-métrage d’animation, que j’ai en tête depuis un moment. Et le second, c’est un long-métrage. Je veux commencer à poser mes idées sur le papier puis me lancer. Je tournerai à nouveau à Nice. Submerged m’a permis de prendre mes marques, et l’expérience sous-marine m’a vraiment plu. Il est fort probable que je la tente à nouveau. Je vais faire des examens et dès que mes soucis d’oreille seront réglés, je replongerai. L’apnée est un sport atypique, comme une méditation active. Il y a un côté assez beau. Au-delà de
la performance sportive, c’est avant tout un plaisir personnel. Si je peux l’allier au cinéma...

Valoriser les nouvelles formes d’écriture cinématographique

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Illustration Image tirée de Submerged

Organisée conjointement par la Ville de Nice, l’association Play Azur et la start-up Yes Please, la première édition du festival Plug, parrainée par le réalisateur Jan Kounen, était donc dédiée aux films courts tournés à l’aide d’un mobile.

Soixante-dix-huit œuvres ont été envoyées au jury, et quatre d’entre elles ont été primées (palmarès sur festival-plug.com) les 13 et 14 septembre derniers. Bastien Vergoni, le président de Play Azur voyait à travers cet événement l’opportunité de "rendre hommage au cinéma le plus indépendant, tout en cherchant aussi à le renforcer par le collectif, pour construire des histoires communes".

Même credo pour Jean-édouard André, directeur de Yes Please. Avec son agence digitale, il a élaboré un réseau social permettant de mettre en relation réalisateurs, monteurs ou acteurs.

Comme un prolongement de l’aventure Festival Plug, qui aurait vocation à "créer un écosystème créatif, autour de ces nouvelles formes d’écriture cinématographiques".

Celui qui fut tour à tour producteur, journaliste, rédacteur en chef et conseiller des programmes pour France Culture et France Télévisions estime que les films créés avec un smartphone représentent plus qu’un simple tremplin pour débutants.

"Le cinéma grand public a tendance à s’essouffler un peu. C’est aussi un milieu très endogène, et le talent ne se transmet pas forcément par l’ADN... Aujourd’hui, les smartphones sont devenus de vraies machines de guerre. Si vous avez le sens de l’écriture et du cadrage, vous pouvez tourner un long-métrage avec. Que vous ayez fait une école de cinéma ou pas."

Jean-édouard André espère pour sa part que Nice, sous l’impulsion de son Festival et du renouveau des studios de la Victorine, pourra "devenir une place forte de ces nouvelles formes d’écriture. Avec l’arrivée de la 5G, il va également falloir fournir du contenu taillé pour le visionnage sur smartphone. Nice est une ville de cinéma. Mais pour le moment, c’est une belle endormie. On se donne cinq ans pour créer cet écosystème, accueillir des professionnels et des start-up qui travailleront dans ce domaine."

Pour renforcer la notoriété du Festival Plug et de Tom F. Pardo, Jean-édouard André bataille afin que Submerged soit présenté lors de Mobile Motion, le festival international de Zurich, en Suisse. "C’est un rendez-vous important et j’aimerais que l’on puisse y voir le travail d’un jeune talent installé ici, qui présente la ville sous des aspects extraordinaires."

Son parcours

8 mai 1992
Naissance à Paris, dans le 16e arrondissement.

2014-2015
Assistant  de production puis chef de projet junior chez Havas Productions, à Paris.

2016
Il décroche un master en communication et études des médias à la Paris School of Business.

2018
Il devient monteur chez The Editpool Ltd, à Londres, où il produit des trailers.

2019
Il revient en France et se lance en indépendant.

Septembre 2019
Son premier court-métrage, Submerged, est primé deux fois lors du Festival Plug, à Nice.


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