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Venez (re)découvrir les trésors archéologiques de la mythique "Via Julia Augusta" de Menton à La Turbie

Imaginez le territoire mentonnais en l’an 6 avant Jésus-Christ, où il n’y avait que des rivières et quelques maisons. Un lointain passé dans lequel vous fait replonger l’historienne Christine Didier.

mathilde Giannini beillon Publié le 17/06/2022 à 18:30, mis à jour le 17/06/2022 à 13:12
La Via Julia Augusta sera à l’honneur avec notamment un jeu de piste à Menton pour (re)découvrir les traces de cette mythique voie romaine dans la ville. Photo Cyril Dodergny

Pour ces journées européennes de l’archéologie, c’est la Via Julia Augusta qui est mise à l’honneur. La mythique voie romaine qui reliait Plaisance au Var, longeant les côtes de la Ligurie et celles des Alpes-Maritimes. Elle permettait ainsi de relier la Gaule cisalpine à la Gaule transalpine. 

"Cette voie sera le fil rouge des animations durant ce week-end. Le samedi matin on commence l’exploration de la carrière du Justicier qui a servi pour construire en partie le Trophée Auguste", expose Christine, historienne et chargée de mission culturelle à Communauté d’agglomération de la Riviera française (Carf).

Vous aviez peut-être l’habitude d’aller pique-niquer dans cette carrière et "l’objectif est d’expliquer aux gens qu’ils passent parfois sans s’en apercevoir, tous les jours, devant des monuments ou des traces d’activités humaines qui remontent à l’Antiquité."

Dans la carrière du Justicier, il y a encore des tambours de colonnes ou des blocs de pierre abandonnés qui sont visibles.

 

Des morceaux d’histoire éparpillés

Le trophée des Alpes fut élevé en l’honneur de l’empereur romain Auguste au point haut de la Via Julia Augusta. "Lorsque le Trophée a été partiellement détruit sous Louis XIV, une partie des pierres ont été utilisées pour construire des maisons du village de La Turbie et surtout l’église Saint-Michel", indique l’historienne.

La Carrière romaine du Mont Justicier se trouve à 20 minutes à pied du Trophée ce qui n’est pas anodin. "Lors de la visite proposée le samedi, le but est de montrer aux gens comment se faisait l’extraction de pierre dans la carrière, comment était taillée la pierre et son acheminement à l’emplacement du Trophée. La carrière à principalement servi durant l’Antiquité pour construire ce monument puis il n’y a pas eu vraiment d’activité jusqu’au milieu du XIXe siècle. La carrière a de nouveau été exploitée pour construire de nombreux bâtiments à Monaco."

Le samedi après-midi se concentre sur Menton. "Un jeu de piste est proposé aux gens pour leur faire découvrir les traces de la Via Julia et donc du passé romain de la région, précise Christine. En regardant bien autour de soi, on peut voir les vestiges de cette route dans Menton. La rue Longue et la rue Saint-Michel, ce sont des grands axes de Via mais aussi de la ville. Durant l’Antiquité, il n’y avait pas de cité du citron mais quelques maisons et des rivières. Les gens seraient surpris mais la place Clemenceau était une rivière à l’origine, le Fossan. Pour le traverser, les romains avaient entassé des pierres pour que les gens puissent traverser la rivière en ayant pied pour ne pas se noyer. Ce n’est que plus tard que la ville a émergé."

Histoire mais surtout mémoire

Pour pouvoir raconter aujourd’hui l’histoire du territoire mentonnais, cela a été un travail de longue haleine. "Pendant trois ans, j’ai fait des recherches autour de la Via Julia et des traces possibles que l’on peut retrouver dans des villes comme Menton ou La Turbie. En 1990, il y avait eu une ébauche de recherches, mais sans grand aboutissement. J’ai proposé à la CARF un projet pour justement creuser un peu plus sur cette période de l’histoire laissée un peu de côté dans la région."

 

Christine a réussi à elle seule à retracer l’histoire antique du territoire mentonnais autour de la Via Julia. "Il n’y a pas eu de fouille mais beaucoup d’observation des paysages et des villes. Par exemple à Cap Martin, il y a le Mausolée de Lumone qui est un monument funéraire, beaucoup de personnes passaient devant sans vraiment savoir ce que c’était. Lorsque je trouvais quelque chose qui pouvait s’apparenter à un vestige de l’époque romaine, j’épluchais les archives et notamment les cadastres, et ceux de l’époque napoléonienne donnaient déjà beaucoup d’informations détaillées. En étudiant les plans architecturaux et d’urbanisme on arrive à comprendre pourquoi tel ou tel bâtiment est construit ainsi et surtout ce qu’il y avait avant ! Pour les recherches ça donnerait à peu près 30 % d’observation et 70 % de recherches et vérifications dans les archives."

Une fois les recherches faites, il a fallu tout synthétiser pour rendre cela compréhensible. "Pour cette partie-là, toute une équipe m’a aidé à rendre les choses compréhensibles et transmissibles! Parce que c’est là, la vraie mission, c’est de transmettre aux gens et notamment aux jeunes, l’histoire du territoire pour que cela ne soit pas oublié", insiste l’historienne.

De nombreuses activités seront proposées autour de ce monument majeur de la région. Photo archives Jean-François Ottonello.

Venez (re)découvrir le Trophée d’Auguste à La Turbie

Voyagez dans l’histoire de la Rome antique et redécouvrez autrement un monument majeur de la Riviera française, à travers des ateliers LEGO, une visite théâtralisée, une conférence, des projections...

De quoi ravir petits et grands, pour une après-midi ludique et instructive.

Au programme

"Un travail de romain", reconstruire le Trophée d’Auguste en briques LEGO, pour tout comprendre du monument et se familiariser avec l’architecture antique (animé par Bricks 4 Kidz®).

Réservé aux enfants, à partir de 8 ans. Nombre de places limité à 12 enfants par atelier.

Initialement connu sous le nom de « trophée des Alpes », le Trophée d’Auguste est avant tout investi d’une vocation politique. Erigé en -7/-6 à la gloire d’Auguste, il appuie toutefois sa légitimité sur une ascendance mythologique, dans une recherche d’adhésion populaire.

Pourtant, le monument et la commande qui est à son origine, ne revendiquent pas de manière explicite cette généalogie. On y voit généralement la célébration de la victoire d’Auguste sur les derniers peuples alpins insoumis, ainsi que la glorification de la pacification de la zone transalpine.

Examinons toutefois le dossier sous un autre angle… par Antide Viand, administrateur des monuments nationaux des Alpes-Maritimes.

Une aventure rocambolesque pour "Augusta la Romaine", partie de Rome en l’an 6 avant Jésus-Christ… arrivée au Trophée d’Auguste … en 2022!

À quoi ressemblait ce monument à l’origine et quelle était sa fonction? Que s’est-il passé depuis l’édification du Trophée d’Auguste jusqu’à nos jours? Quel héritage et quelle image l’empereur Auguste a-t-il voulu laisser à ses contemporains ?

Autant d’interrogations auxquelles le guide tentera de répondre malgré les interventions intempestives d’Augusta, véritable mouche du coche, presque idolâtre de son empereur Auguste, bien aimé!

La visite sera suivie d’une dégustation de vin romain.

Savoir+
Tarifs: atelier LEGO, 4 euros (réservé aux enfants de 8 à 18 ans); visite "Augusta", adultes 8 euros et enfants 4 euros.
Accès au site, conférence, projections: adultes 6 euros et gratuit pour les enfants autres bénéficiaires habituels de la gratuité (voir grille tarifaire).
Informations et réservations au 04.93.41.20.84 ou la-turbie@monuments-nationaux.fr

Offre numérique MM+

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