"Une chance incroyable": Après 15 ans à la tête de l'Opera de Monte-Carlo, Jean-Louis Grinda fait ses adieux

Quelques jours avant de céder sa place à Cécilia Bartoli, le directeur de l’Opéra de Monte-Carlo a fêté son départ, entouré du Souverain, de la Princesse Caroline, des choristes et de ses amis.

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Joelle Deviras Publié le 22/12/2022 à 16:30, mis à jour le 22/12/2022 à 16:42
Jean-Louis Grinda le directeur sortant, laisse sa place à Cecilia Bartoli à la tête de l’Opéra de Monte-Carlo. Photo Cyril Dordergny

Un départ joyeux et orchestré avec brio depuis son annonce il y a trois ans. Et voilà l’heure venue! Après quinze ans à la tête de l’Opéra de Monte-Carlo, Jean-Louis Grinda quitte son poste le 31 décembre pour céder sa place à Cécilia Bartoli.

Lundi soir, Salle Garnier, aux côtés du Prince Albert II, de la Princesse de Hanovre, du Chœur et des Amis de l’Opéra de Monte-Carlo, de son épouse Eugénie et de nombre de ses amis, le directeur s’est montré toujours aussi heureux; mais également ému.

Il faut dire qu’il a reçu de bien beaux hommages…

Un concert de Noël

Ce fut d’abord les quarante chanteuses et chanteurs du Chœur de l’Opéra, dirigé par Stefano Visconti, qui ont interprété plusieurs airs de Noël avant une seconde partie toute en "surprises" spécialement dédiée à Jean-Louis Grinda. Cinq extraits et autant de moments qui ont ponctué chronologiquement une carrière riche et fructueuse: Singin’in the rain de Brown qui propulsa son tout début de metteur en scène, le vice-roi de La Périchole d’Offenbach, O douceur de La Chauve-Souris de Strauss et Amen de La damnation de Faust de Berlioz.

Et, enfin White Christmas de Berlin, un clin d’œil de Stefano Visconti à son directeur qui, chaque année, lui a réclamé en vain cet air pour le concert de Noël. Alors ce fut enfin chose faite lundi soir…

Puis est venu le temps des discours. Et Paul-Marie Jacques de parler de "direction éclairée". S’adressant au Prince et à sa sœur aînée, présidente de l’Opéra de Monte-Carlo, le président de l’association des Amis de l’Opéra de Monte-Carlo a souligné l’attachement du Souverain à l’art lyrique. "Vous conférez une aura culturelle à la Principauté", a-t-il lancé publiquement à la Princesse de Hanovre.

Françoise Gamerdinger a ensuite prononcé des mots très élogieux. "Tu as été un acteur majeur du rayonnement culturel de Monaco. L’opéra n’est pas qu’une passion mais l’amour de ta vie."

"Un format chaleureux, amical, sincère"

"Un format chaleureux, amical, sincère", c’est ce que voulaient tous les protagonistes de cette soirée, comme l’a rappelé Jean-Charles Allavena, administrateur de l’Opéra, et ceci était d’autant plus essentiel que Jean-Louis Grinda ne tenait pas à cet hommage.

Mais il a dû l’accepter, le Prince Albert II et la Princesse de Hanovre ayant partagé avec Jean-Charles Allavena "cette idée qu’il n’était pas possible de le laisser partir sans rien faire".

"Tu l’as donc compris, lorsque l’instruction de désobéir à tes volontés vient des plus hautes autorités du pays, nous n’avions pas le choix et toi, tu n’avais aucune chance d’y échapper."

Au Conseil d’administration de l’AMADE

De toutes ces marques d’amitié et de générosité, Jean-Louis Grinda en a forcément été touché. Et lorsqu’il prit la parole, il évoqua d’abord ses larmes. Mais l’émotion ne lui a rien fait perdre de son talent d’orateur.

Le directeur de l’Opéra a salué le travail de son prédécesseur John Mordler, qui lui a permis de prendre les rênes d’une structure en plein devenir. Il souligne aussi que "c’est un très grand honneur de précéder Cecilia Bartoli, une personne de cette qualité-là".

"On ne fait pas du théâtre tout seul. Je suis très bien entouré. C’est aussi grâce au travail de mon équipe que je souhaite saluer. Et puis on ne fait pas de bon théâtre sans la confiance. On la donne, la mérite. On ne peut pas l’acheter. J’ai eu la confiance du Souverain et de la Présidente du conseil d’administration qui m’ont toujours laissé tracer mon chemin. Et c’est ce qui vous donne des ailes! Tout cela est une chance incroyable."

Mais Jean-Louis Grinda ne compte pas s’arrêter de si bon chemin. "J’ai beaucoup d’engagements. Mais celui qui me tient le plus à cœur, c’est d’être rentré dans le Conseil d’administration de l’AMADE à laquelle je vais dédier une grande partie de mon temps."

La nouvelle vie de Jean-Louis Grinda s’annonce donc toujours et encore généreuse et réjouie.

À très bientôt Monsieur Grinda!

Jean-Louis Grinda a reçu l’ouvrage qui retrace ses quinze ans passés à la tête de l’Opéra de Monte-Carlo des mains de Guillaume Valabrègue, son ami d’enfance. Ils sont entourés de (de gauche à droite) : Paul-Marie Jacques, président de l’association des Amis de l’Opéra de Monte-Carlo, Alain Hanel, photographe officiel de l’Opéra de Monte-Carlo, André Peyregne, journaliste à Nice-Matin, Christiane Ribeiro, chargée de communication de l’Opéra de Monte-Carlo, Jean-Charles Allavena, administrateur de l’Opéra de Monte-Carlo, Eline de Kat, déléguée artistique de l’Opéra de Monte-Carlo. Photo Philippe Fitte/Amis de l’Opéra.

Le livre de 15 ans passés à Monte-Carlo

Jean-Louis Grinda a reçu un exceptionnel cadeau des mains de son ami d’enfance Guillaume Valabrègue: un livre intitulé La Conspiration de l’enthousiasme, qui retrace ses années à l’Opéra de Monte-Carlo. Ce magnifique ouvrage, réalisé grâce au soutien des amis de l’Opéra de Monte-Carlo, a été offert à tous les invités lundi soir.

Il rassemble les témoignages écrits de tous ceux qui ont travaillé aux côtés de Jean-Louis Grinda. Ont contribué notamment à la réalisation de ce livre Alain Hanel, photographe de l’Opéra de Monte-Carlo, André Peyregne, journaliste à Nice-Matin, Christiane Ribeiro, chargée de communication de l’Opéra de Monte-Carlo, Jean-Charles Allavena, administrateur de l’Opéra de Monte-Carlo, Eline de Kat, déléguée artistique de l’Opéra de Monte-Carlo, Camille d’Antonio, chargée de communication et Guillaume Valabrègue, ami d’enfance de Jean-Louis Grinda.

La phrase

"Il n’y a pas de plus grand honneur que de faire du théâtre dans son pays natal.", deJean-Louis Grinda, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo

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