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Un demi-siècle de rallye à la Collection du Prince À l’époque on pouvait se prendre pour un pilote

Mis à jour le 20/12/2019 à 10:26 Publié le 20/12/2019 à 10:24
Une cinquantaine de voitures de rallye sont exposées pour trois mois à Fontvieille.
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Un demi-siècle de rallye à la Collection du Prince À l’époque on pouvait se prendre pour un pilote

Le prince Albert II inaugure ce soir l’exposition La Légende des Rallyes, visible jusqu’au 15 mars dans le musée des Terrasses de Fontvieille. Après Bugatti et Ferrari, place aux reines de l’asphalte

Les passionnées de belles mécaniques sont encore en émoi à l’évocation des dernières expositions de la Collection de Voitures de SAS le Prince de Monaco dédiées successivement aux mythes Bugatti et Ferrari.

Unique au monde, la concentration de cinquante bijoux frappés du cheval cabré, début 2019, avait d’ailleurs tellement ébahi professionnels et profanes que l’exposition avait dû jouer les prolongations. C’est dire si la barre était haute au moment de plancher sur le prochain thème.

Finalement, le choix s’est porté sur l’univers du rallye et, ces derniers jours, les visiteurs des Terrasses de Fontvieille ont pu avoir un savoureux aperçu du plateau concocté par les passionné(e)s de la Collection de Voitures de SAS le Prince de Monaco (lire page suivante).

De 1956 à nos jours

D’ici ce soir, et l’inauguration de La Légende des Rallyes en présence du prince Albert II et de nombreux as du volant, une cinquantaine de reines de l’asphalte auront gonflé la déjà impressionnante collection permanente du musée de l’auto monégasque.

D’une 4 CV de 1956 à l’actuel baquet du nonuple champion du monde WRC, Sébastien Loeb ; des groupes B de 600 ch aux modèles WRC modernes de 300 ch, c’est toute l’histoire du rallye qui a rendez-vous à Monaco. Un catalogue d’émotions pour les fans de courses contre-la-montre, particulièrement dans une région réputée comme une terre de rallye.

« C’est un projet qui est né avec le pilote Jean-Jacques Bally, qui en avait parlé avec Philippe Renzini, l’ancien directeur », note la nouvelle directrice de la Collection de Voitures de SAS le Prince de Monaco, Valérie Closier (lire ci-dessous). Tour à tour co-pilote de son père, Michel, de Jean-Claude Andruet, Jean-Jacques Bally ou encore François Delecour, cette passionnée a pu mesurer la ferveur populaire et intemporelle autour du rallye et de ses légendes.

Indéfectible popularité

« J’ai gagné le Rallyspirit avec François Delecour, l’année dernière au Portugal, et c’était impressionnant, les gens l’arrêtaient toutes les deux secondes pour le saluer. » Un véritable « syndrome Poulidor » pour « Freine tard », vice-champion du championnat du monde 1993 dont la cote d’amour semble toujours supérieure à celle d’un Didier Auriol, pourtant sur le toit du monde l’année suivante. Moins élitiste que la Formule 1, le rallye a su en effet conserver ce lien entre fans et pilotes, cette proximité jusqu’au bord de l’asphalte.

« Ce qui est bien, c’est que l’exposition tombe en même temps que le Monte-Carl’ moderne et historique », se réjouit d’ailleurs Valérie Closier, qui espère déjà réunir quelques chasseurs de chrono, pourquoi pas en partenariat avec l’Automobile Club de Monaco.

En attendant, ce vendredi, Jean Ragnotti, Jean-Pierre Nicolas, Ari Vatanen, Juha Kankkunen et peut-être même le roi Loeb et son copilote monégasque Daniel Elena sont attendus au départ de l’expo.

« J’aurais dû commencer plus tôt pour en faire mon métier »

« Mon papa était scaphandrier dans l’équipe de Cousteau »

Ces dernières heures, des bruits de moteurs et des vidéos illustrant les prouesses de ces bolides sont venus garnir le décor. Mais l’ambiance était déjà là. Ce mardi, d’ailleurs, Valérie Closier n’a pas résisté à l’envie de faire ronronner le moteur d’une Lancia S4 au milieu de congénères parfaitement entretenues ne laissant à peine apparaître les stigmates du rail tutoyé.

Parmi la cinquantaine de bolides, le coup de cœur de la directrice va évidemment pour l’Alpine A110 1600S de Jean-Pierre Nicolas. « J’ai commencé à courir avec mon papa en championnat de France avec une voiture comme ça. C’est un petit crapaud, on est comme dans un petit kart dedans. »

Stationnées en épi, les différentes carrosseries témoignent de l’évolution du sport mécanique avec toutefois ces mêmes intérieurs austères propres au rallye. Des habitacles épurés au maximum où les baquets flirtent avec le sol au point de masquer le capot aux copilotes. De puissantes voitures dont la légèreté de la carrosserie étonne toujours à la vue de la tôle vibrante d’un coffre à son ouverture. Quelques vieilles dames parfois capricieuses, aussi, comme celle ornée d’un post-it « Ne pas démarrer fuite d’essence » sur son frein à main. Il faut dire que certaines ont fait un long voyage, notamment depuis la collection privée du champion du monde 1993, le Finlandais Juha Kankkunen.

La collection ne manque d’ailleurs pas de noms prestigieux. Sébastien Loeb a ainsi prêté sa dernière mouture, en plus de sa « show car » DS3 Abu Dhabi. La Polo de Sébastien Ogier, champion du monde 2016, a été rejointe par une Toyota du nouveau taulier de la discipline, l’Estonien Ott Tänak. Pêle-mêle s’alignent également une Ford Fiesta de Valentino Rossi, la Ford Focus WRC de Carlos Sainz 2002, une 206 WRC 2003 de Marcus Grönholm, une DS3 customisée de Dani Sordo ou encore la Subaru du regretté Richard Burns. Champion du monde 2001, le Britannique s’était évanoui avant le Rallye de Grande-Bretagne 2003 avant qu’on lui décèle une tumeur au cerveau qui lui sera fatale, en 2005, à seulement 34 ans. La malédiction des étoiles de Subaru se poursuivra avec le décès en 2007, à 39 ans, des suites d’un accident d’hélicoptère, du champion du monde 1995 Colin McRae. Un casse-cou funambule dont la Subaru Impreza 555 est restée dans les mémoires.

La plus populaire des voitures exposée restant sans conteste la Peugeot 205 Turbo16 Evolution (photo ci-dessus), le modèle abordable qui a fait naître des vocations. « Mon papa m’a appris à conduire sur une 205 GTI sur les cols du Monte-Carl’ », se souvient Valérie Closier.

« à l’époque, ça gagnait et le lundi on allait chez Peugeot et on achetait une GTI, c’était presque la même. On pouvait se prendre pour un pilote. C’est comme ça que Lancia a vendu des Intégrales », ajoute Julien Renzini. La 205, une voiture de compétition qui partageait alors beaucoup d’équipements avec le modèle de série. « Si vous cassiez un phare ou un rétro, vous pouviez en trouver un à 5 euros dans n’importe quelle casse. » T.M.

Valérie Closier : « J’ai rencontré le prince Albert fin novembre, il a été très bienveillant et chaleureux. »

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