Sarah Biasini et Emmanuelle Galabru: quand la nouvelle génération dialogue sur scène au Festival de Ramatuelle

De passage à Ramatuelle, les deux comédiennes sont liées cet été par une pièce d’Agatha Christie et des expositions tropéziennes qui rendent hommage à leur parent défunt.

Laurent Amalric lamalric@nicematin.fr Publié le 16/08/2022 à 15:00, mis à jour le 16/08/2022 à 13:14
interview
Sarah et Emmanuelle plaisantent dans la "pampa" ramatuelloise. Photo Camille Dodet

Deux visiteuses inattendues, Sarah Biasini et Emmanuelle Galabru, au Festival de Ramatuelle? Pas franchement, tant ces deux "filles de...", ont des liens ténus avec la presqu’île. La première y a vu le jour l’été 1977 à la clinique de Gassin, la seconde la fréquente depuis son plus jeune âge dans le sillage de la camionnette de gendarmerie de son adjudant Gerber de papa.

Les voici réunies dans un huis clos en plein air pour une pièce d’Agatha Christie, Un visiteur inattendu. Elles évoluent dans les rôles de la femme fatale et de la gouvernante avec, comme dans toute intrigue de la romancière britannique qui se respecte, un cadavre sur les bras et un meurtrier à démasquer... Au naturel, les deux héroïnes n’ont rien à cacher et parlent, bercées par un chant des cigales entrecoupé de leurs rires contagieux, d’une relation qui se conforte au fil de leurs prestations.

Amitié ancienne ou nouvelle entre vous?

Sarah: Cela remonte à début décembre 2021. Sur le premier jour des répétitions. Emmanuelle: Tu ne t’en souviens pas, ce n’est pas grave (rire), mais nous nous étions croisés avant aux Molières. Brièvement. On s’était saluées deux minutes. En tout cas, tu m’avais fait très bonne impression. Je me suis dit: "Elle a l’air vachement sympa cette fille". Depuis, j’ai un peu déchanté! (rire)

 

Peut-on parler d’une complicité qui a traversé les générations?

Emmanuelle: Nos parents se sont connus sur un film [Portrait de groupe avec dame, 1977, ndlr] et je pense qu’il y avait... Sarah:(elle coupe) Oui, un respect mutuel. Mais c’était un film, c’est tout... Emmanuelle: Il y avait plus que ça. Ta mère avait de la tendresse pour mon père, puisqu’elle voulait absolument lui "offrir" un nouveau film pour tourner avec lui. Lui, de son côté, était absolument baba d’admiration pour elle!

Vous êtes toutes deux mamans d’une fille, cela rapproche également?

Sarah: Oui, là c’est plutôt Emmanuelle qui m’aide! [Elle est maman d’une petite Anna, 4 ans, et Emmanuelle de Jana, 15 ans, toutes deux les accompagnaient à Ramatuelle, ndlr].

Deux expositions tropéziennes sur vos parents vous lient aussi cet été (1). Comment les percevez-vous?

 

Emmanuelle: Très belle exposition sur mon père! Je l’ai visitée ce matin. Ils y ont mis tout leur cœur! Sarah: J’ai participé à l’exposition de la cinémathèque à Paris, qui s’est terminée le 30 juillet. Comme c’était les quarante ans de la disparition, il y a eu énormément d’événements autour de ma mère, donc à un moment donné, je fais une pause... Je n’ai pas vu cette exposition et je n’irai pas la voir, mais j’ai eu des échos favorables, c’est tout ce qui compte.

Comme Sarah, imagineriez-vous un livre sur votre père, dont ce sont les 100 ans de la naissance? Emmanuelle: (elle hésite) On m’en a parlé... C’est dans un coin... Mais je ne sais pas... Je vais déjà lire celui de Sarah acheté ce matin, et on verra si ça m’inspire.

En 2021, vous disiez dans un livre (2) n’avoir pas montré de photo de votre mère à votre fille, mais qu’elle avait regardé Sissi...

Sarah: Elle en a vu depuis. Pour Sissi, elle avait à peine trois ans, c’était durant les fêtes de Noël chez mes grands-parents. La télé était allumée, on a zappé et on lui a dit: ‘‘Tiens, regarde c’est mamie’’, mais elle en a vu 30 secondes, c’est tout. Le regarder dans sa totalité viendra, bien entendu.

Des devoirs de vacances cet été?

Sarah: Oui, il faut que je travaille pour apprendre le texte de ma prochaine pièce, Nuit, de et mise en scène par Philippe Minyana. Elle sera créée au Théâtre des Quartiers d’Ivry, dans l’ancienne Manufacture des Œillets. Emmanuelle: Moi je pars à Malaucène, dans le Vaucluse, chez mon parrain, Pierre Vinon, qui était le meilleur ami de mon père. Il organisait un festival sur place, où j’ai joué pour la première fois avec lui dans Le Malade imaginaire. J’avais 12 ans. Je reviendrai ici en octobre pour des projections de films en hommage à mon père, qui aurait eu 100 ans le 27 octobre.

1. Expositions Michel Galabru au Musée de la Gendarmerie et du Cinéma, Romy & B.B. à la salle Despas.

 

2. Grandir avec l’absence (Robert Laffont), recueil de témoignages sur des célébrités orphelines très jeunes.

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