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Qui est Sébastien Hamard, fondateur du festival Nuits Carrées à Antibes?

Mis à jour le 25/06/2019 à 18:45 Publié le 25/06/2019 à 18:30
Sébastien Hamard

Sébastien Hamard Photo Franz Chavaroche

Qui est Sébastien Hamard, fondateur du festival Nuits Carrées à Antibes?

Fondateur du festival Nuits Carrées à Antibes, le trentenaire a su imposer ce rendez-vous à la programmation soignée et à l’identité affirmée. En parallèle, avec la structure Label Note, il multiplie les initiatives afin d’étoffer le maillage culturel dans le département.

Sous son inamovible casquette, ça turbine sévère. Un événement à planifier, un artiste à convaincre, un atelier éducatif à mettre sur pied. Sébastien Hamard se nourrit de ça, son équilibre dépend de ça.

Quand on l’invite à se livrer, il déplace vite le curseur. Invariablement, la discussion glisse vers ce que sa structure Label Note, a réalisé ces dernières années. Avec gourmandise, il déroule ensuite la liste des projets en cours. Il parle beaucoup des autres aussi, de ce public qu’il essaye constamment de mieux comprendre.

Pour la treizième année, "ses" Nuits Carrées vont apporter du piquant au début de l’été antibois. Pendant trois soirs, du 27 au 29 juin dans l’amphithéâtre du Fort Carré, on entendra de la pop, du hip-hop, mais aussi du metal*.

tout remettre sur la table

Un brassage de sons ancré dans l’identité du festival. Par le passé, IAM, Kery James, Roméo Elvis ou encore Oxmo Puccino y ont joué. Tout comme Breakbot,Sepultura, Asaf Avidan ou Hyphen Hyphen. à ses origines, le rendez-vous se voulait encore plus défricheur.

"Ce que j’adore, c’est quand des gens me disent qu’ils ne connaissaient pas un nom sur l’affiche. Ils aiment des trucs, ils en détestent d’autres. Mais ils me garantissent qu’ils passent un bon moment. C’est parce que ces gens sont encore là que je reste convaincu de la légitimité de notre action", martèle Sébastien Hamard.

Sébastien Hamard
Sébastien Hamard Photo Franz Chavaroche

C’est vrai, souvent, on en vient presque à signer un chèque en blanc aux Nuits Carrées. Le cadre enchanteur, l’état d’esprit instillé par les organisateurs et les tarifs pratiqués (cette année, le pass trois soirs est à 45 euros) incitent à la découverte.

De l’extérieur, on se dit que la machine est bien lancée, en train de voguer paisiblement comme les gros bateaux du port Vauban. "C’est juste une impression alors! Parce que chaque année, on fait tapis, comme au poker. On met tout ce qu’on a sur la table, en espérant que ça marche."

Mine de rien, la concurrence est rude, dans la région ou ailleurs. Un peu partout, des événements voient le jour, misent sur l’expérience lifestyle, les cours de yoga et les food-trucks pour porter une programmation soignée à coups de gros chèques.

Le sens des responsabilités

Comme les autres, Sébastien doit vendre des billets pour éviter la sortie de route. Mais pour lui, la manière a son importance. "Fidéliser, faire adhérer la société civile, c’est un travail de très longue haleine. Et à chaque fois que tu mets un artiste sur scène, c’est un engagement. J’y mets beaucoup de sens."

Pour l’édition 2019, il n’a pas hésité à faire de la place à Médine. L’an dernier, de nombreuses voix s’étaient élevées pour réclamer l’annulation du concert du rappeur havrais au Bataclan. Celles-ci se basaient sur les paroles de Jihad ou Don’t Laïk pour juger indécente sa présence dans cette salle où les terroristes avaient frappé le 13 novembre 2015.

"Quand j’ai annoncé Médine, on m’a dit que j’étais un fou, que je prenais un risque énorme. Mais le débat a été clos rapidement. Médine, je l’ai choisi pour la qualité globale de son œuvre", expose l’Antibois, droit dans ses Air Max.

"Avec les réseaux sociaux, ça part dans tous les sens. Le grand public n’a aucun outil d’analyse pour vraiment comprendre quelle est vraiment la nature de la polémique. On lui a montré un rebeu, avec une barbe, qui aurait dit de la merde sur le Bataclan. Ce n’est pas ça et c’est bien plus complexe..."

Qu’on ne s’y trompe pas : notre homme n’est pas du genre pyromane. Son truc, c’est plutôt de rassembler, de fédérer l’énergie.

"C’est le mec le plus passionné que je connaisse, profondément convaincu du propos qu’il essaye de tenir et de partager", estime Charlotte Matarasso, l’une de ses fidèles collaboratrices, en charge des relations presse des Nuits Carrées. L’une de nos consœurs, ayant souvent interrogé Sébastien Hamard, le dépeint comme "un mec cool, qui sait où il va, toujours prêt à aider les autres, sans porter de jugement".

Rigueur de jazzman

Les représentants institutionnels semblent être du même avis que nos deux "indics". En 2006, ils n’avaient pas hésité à faire confiance au jeune homme à la casquette et à son acolyte Mathieu Franco, "la face invisible de Label Note".

Le maire d’Antibes, Jean Leonetti, avait trouvé judicieux de confier l’amphithéâtre récemment rénové au duo, après l’avoir vu à l’œuvre lors d’une fête de la jeunesse et des associations.

Pistonnés, les garçons? "On me le demande souvent, mais vraiment pas du tout ! Le festival est né d’un constat de carence sur le territoire. À Antibes, on avait des événements qui avaient parfaitement leur place, mais qui étaient très élitistes. La question, c’était : “Où sont les trentenaires, les jeunes parents ?” On a lancé cet événement pour aller les chercher."

Auparavant employé municipal, au sein de la direction Jeunesse, Sébastien a appris vite, et bien. "Il y a un cadre de rigueur fixé depuis le début. Quand on a commencé, à 23-24 ans, tu n’apprécies pas toujours. Mais c’est ce qui nous a permis de livrer un travail sérieux et de grandir avec les années."

Le natif de Cannes avait déjà fait l’apprentissage de la justesse et de la précision à travers le jazz, comme batteur. "Je viens de là. C’est aussi le point de départ de mon amour pour la soul, la funk ou le hip-hop. Encore récemment, je jouais dans des groupes et j’enseignais. Mais très tôt, j’ai intégré le fait que je ne serai jamais musicien professionnel. J’étais trop flemmard pour ça. J’ai compris que ma place, ce serait de l’autre côté de la scène."

Question de transmission

Il y a quatre ans, celui qui n’avait pas poussé plus loin que le bac a voulu reprendre les études. Dans le cadre d’une valorisation des acquis personnels et professionnels (VAPP), pendant deux ans, il a passé une semaine par mois au Conservatoire national des arts et métiers, à Paris, afin d’obtenir un master 2 management des organismes à vocation sociale et culturelle.

"Je ressentais comme un manque, je voulais poser un diplôme sur mon parcours, légitimer mon expérience. ça m’a permis de réfléchir autrement, en travaillant sur de la recherche-action. Le but était de mélanger la recherche, au sens scientifique du terme, et les idées du terrain."

De ce bagage universitaire, il compte faire bon usage, en le partageant également. "Notre génération, elle ne va plus écrire tant d’histoires que ça. Essayons d’accompagner ceux qui veulent prendre la suite, sans les bloquer. Je ne suis pas vieux, mais je suis conscient de l’énergie que je peux transmettre à d’autres pour les aider à avancer."


Savoir+
Festival Nuits Carrées, du 27 au 29 juin, au Fort Carré, à Antibes. Soirée dark/métal le 27 (Landmvrks, Jinjer, Enter Shikari, Terror, Mass Hysteria). Soirée hip-hop le 28 (Médine, Youssoupha, Gringe, Grems, Fanny Polly). Soirée pop le 29 (Fred Nevché, Jeanne Added, Cléa Vincent, Dionysos, Anna Calvi).
Tarifs par soir :
De 22 à 25 €, pass trois jours à 45 €. Rens. nuitscarrees.com


Aller à La sChOOL et faire le mur…

Illustration
Illustration Photo S.B.

Dès la rentrée prochaine, il y aura du mouvement au Village Antibes Croix-Rouge, le nom donné à ce terrain qui abritait autrefois une école. "C’est l’un des plus vieux bâtiments scolaires du département. On l’occupe depuis plusieurs années avec Label Note, l’Espace musique y travaille aussi. Mais en dehors de ça, il est un peu à l’abandon. On veut le réhabiliter. Les travaux ont commencé et l’inauguration aura lieu le 20 septembre", annonce Sébastien Hamard.

Une salle de petite capacité, un incubateur…

Plus que quelques mois, donc, avant de voir à quoi ressemblera La sChOOL, un lieu dédié aux musiques actuelles et à l’art urbain, qui fonctionnera toute l’année. "C’est l’aboutissement logique de tout le travail effectué avec le festival, le fruit de la patience, aussi."

À sChOOL, on trouvera un incubateur d’initiatives culturelles innovantes, mais aussi un petit club dédié au concert et aux résidences d’artistes. "Sur notre territoire, on est dans une période catastrophique. Il n’y a plus de salles de très petite capacité, où les groupes en développement peuvent s’exprimer. À cause de ça, les dynamiques sont freinées."

Une fresque xxl à l’entrée de la ville

En marge de ce dossier important, Label Note s’active sur un autre front, celui du street art. Une discipline largement bienvenue à La sChOOL, où le rappeur, designer et graffeur Grems viendra réaliser une œuvre avant de monter sur la scène des Nuits Carrées.

Le but, c’est aussi de gagner les murs d’Antibes, en s’étant assuré au préalable du soutien de la municipalité.

"Pour ce genre de projet, il faut qu’il y ait une envie commune. Ça fait deux ans qu’on a initié la chose. D’abord avec la fresque éphémère de Nicolas Barrome en centre-ville, rue Vauban [photo ci-dessous]. Puis avec celle de 800 mètres carrés en préparation par le duo belge Hell’o."

Celle-ci se trouvera sur l’allée des Terriers, dans un secteur très passant au nord de la ville. De quoi voir plus grand encore, avec la perspective d’un festival international de street art à l’automne 2020.


 son Parcours

25 septembre 1981
Naissance à Cannes.

29 juin 2007
Première soirée des Nuits Carrées.

24 novembre 2014
Naissance de sa fille, Maïly.

3 juillet 2015
Les Nuits Carrées s’offrent IAM en tête d’affiche.

5 décembre 2017
Après avoir repris ses études, il décroche un Master 2 management des organismes à vocation sociale et culturelle, au Conservatoire national des arts et métiers, à Paris.

20 septembre 2019
Chapeauté par Label Note, La sChOOL, un centre dédié aux musiques actuelles et à l’art urbain, ouvrira ses  portes dans l’ancienne école de la Croix-Rouge, à Antibes.


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