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Queen, Pink Floyd, The Cure, Elton John... Comment deux studios de notre région ont écrit la légende du rock

Mis à jour le 12/01/2021 à 15:35 Publié le 12/01/2021 à 15:01
L’ingénieur du son Patrice Quef à Miraval.

L’ingénieur du son Patrice Quef à Miraval. Photo archives Sophie Donsey

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Queen, Pink Floyd, The Cure, Elton John... Comment deux studios de notre région ont écrit la légende du rock

Super Bear à Berre-les-Alpes, Miraval à Correns : ils ont enregistré les plus grands, de Queen à Pink Floyd. Un livre raconte ces Studios de légende

Savez-vous ce qui est blanc, tout en briques, éternel à 40 ans passés, et qui a été construit entre Alpes-Maritimes et Var? Non? Allez, on vous la donne: The Wall de Pink Floyd.

Chef d’œuvre de l’histoire du rock, ce double album incarne deux faces glorieuses de la musique dans le Sud-Est: Super Bear et Miraval. Deux studios d’enregistrement aujourd’hui éteints. Deux adresses mythiques ramenées en pleine lumière par le livre Studios de légende, secrets et histoires de nos Abbey Road français, signé du journaliste Manuel Jacquinet.

Pink Floyd, donc. Mais aussi Sting, Chris Rea, The Cranberries, The Cure, AC/DC... Bienvenue à Miraval. Le gratin du rock et de la pop s’est pressé dans ce studio varois ouvert en 1977 à Correns, jusqu’à son rachat par le couple Pitt-Jolie en 2011.

Studios de légende consacre un court chapitre à l’aventure Miraval aux côtés des Ferber, Davout, Château d’Hérouville, Gang ou Mega. On y replonge dans les souvenirs du studio créé par deux Frenchies, le compositeur et pianiste Jacques Loussier et l’ingénieur du son Patrice Quef.

"Merveilleux, mais..."

"Il y avait dans ce château des portants magnifiques, des salles avec des chambres d’écho naturel extraordinaires ainsi qu’un piano magnifique", se souvient Maxime Le Forestier. Le chanteur fut l’un des premiers à étrenner les lieux. Mais il n’a rien gardé de ses prises studio.

Miraval était "merveilleux", mais "pas adapté" pour lui. "On vit et travaille sur place, comme dans tous les studios résidentiels. Certes dans un très beau cadre, mais moi, j’ai besoin d’horaires."

Allons bon! Douceur de vivre et émulation créatrice ne s’accorderaient pas? Tss, tss: les stars du rock vont prouver le contraire. Avec quelques étincelles au passage.

Manuel Jacquinet raconte comment les médias de l’époque ont irrité The Cure et Indochine, qui s’y succèdent en 1987.

Photo dédicacée de Queen à Mado Zabiska, habitante de Berre-les-Alpes, après leur séjour à Super Bear.
Photo dédicacée de Queen à Mado Zabiska, habitante de Berre-les-Alpes, après leur séjour à Super Bear. Photo DR

En cause: le parallèle insistant entre le look de la bande à Nicola Sirkis et celle de Robert Smith. Indo est venu passer l’hiver dans le "seul studio avec fenêtre existant en France". Pour d’autres, Miraval, "c’était le rêve américain". Laurent Jaïs, ex-Frères Misère avec Mano Solo, raconte "les poils qui se hérissent (...) quand on enregistre dans la même salle que AC/DC".

1977, c’est la naissance de Miraval dans le Var, et l’arrivée d’une "météorite" sur la Côte d’Azur: Super Bear, à Berre-les-Alpes.

A son tableau de chasse: Queen, Pink Floyd, Kate Bush, Elton John, Paul McCartney, Ringo Starr – excusez du peu. Sans oublier Francis Cabrel, Antoine ou Dick Rivers côté french touch. "De tous les studios que j’ai vus, c’est le plus légendaire et le plus méconnu", s’étonne Manuel Jacquinet.

"Aura de mystère"

Super Bear, c’est l’œuvre de Damon Metrebian, un jeune musicien anglais ambitieux qui, un jour, débarque dans la vallée du Paillon avec du beau monde. John Etchells, ex-ingénieur du son à la BBC, tient les manettes de la table de mixage, assisté par Patrick Jauneaud. Ils vont enregistrer la crème du rock dans cet ancien restaurant.

Damon Metrebian cherchait un point de chute discret sur la French Riviera chère aux riches Britanniques. Il craque pour cette bâtisse, son bassin à truites aussitôt reconverti en piscine à deux niveaux, et la "bouillabaisse épatante" d’un propriétaire qui lui rappelle son père.

Propulsé par un album de David Gilmour, Super Bear offrira une bulle "féconde" aux plus grands. Aux Floyd, qui s’écharpent mais conçoivent leur mythique The Wall. Ou à Queen, qui se relaxe en tenue de bain à la piscine, entre deux prises de Don’t stop me now.

Super Bear, à Berre-les-Alpes.
Super Bear, à Berre-les-Alpes. Photo DR

L’interview de Damon laisse sur sa faim. Pas question pour lui de trahir les secrets de Super Bear, disparu dans les flammes d’un incendie en 1986.

Il préfère lui conserver son "aura de mystère", mais livre des anecdotes savoureuses. On apprend qu’une petite annonce dans Nice-Matin a guidé les géants du rock vers Berre-les-Alpes, préféré à Saint-Martin-Vésubie et Saint-Paul-de-Vence. Et qu’à sa grande époque, Super Bear pouvait se payer le luxe de snober Fletwood Mac, Supertramp ou les Stones!

Miraval, Super Bear: "Deux studios résidentiels parmi les plus grands studios internationaux, remarque Manuel Jaquinet. Le premier a été fait par des Français, l’autre par des Anglais".

Mais chacun a su miser sur un ingé son de talent et sur les atouts de notre région. à l’arrivée, chacun laisse des traces indélébiles dans nos tympans et notre imaginaire.

Savoir+
Studios de légende, secrets et histoires de nos Abbey Road français, de Manuel Jacquinet, chez Malpaso-Radio Caroline Média. 352 Pages, 39 euros.

Illustration
Illustration Photo DR
"Parfait pour que les artistes se détendent"

Damon Metrebian, à l’origine du studio Super Bear à Berre-les-Alpes, lève enfin le voile sur son existence aussi intense qu’éphémère. Morceaux choisis

Petite annonce dans Nice-Matin

"En 1977 (...), j’ai demandé à Denis Boulle, un ami qui maîtrise mieux le français que moi, de parcourir la région. Il a passé des annonces dans Nice-Matin et en février, je suis venu en avion avec Jo, ma fiancée, pour visiter trois sites. Le premier était un château à Saint-Martin-Vésubie, mais c’était austère, et trop loin des plages et de la vie nocturne de la Côte d’Azur. Le deuxième, une villa à Saint-Paul-de-Vence, mais trop petite et trop chère à aménager. Le dernier, un restaurant à Berre, ne faisait que 650 m2, mais la hauteur sous plafond était de 8 m2 et il y avait une possibilité d’extension. La proximité de la Côte et le climat merveilleux étaient parfaits pour permettre aux artistes de se détendre."

Un ours volant pour les stars

"Mon équipe l’appelait Le Studio, ce qui était mon premier choix.Un jour, j’ai entendu quelqu’un du village qui indiquait l’adresse à un livreur: "Le studio est à super Berre." (...) Berre se prononce comme le mot anglais bear (l’ours). J’ai soudain imaginé un ours volant avec une cape portant le logo Bear. J’ai pensé que "Super Bear" était à la fois original, marquant et amusant."

Grands chefs et virées nocturnes

"Je voulais que les artistes puissent profiter d’un environnement fécond pour leur créativité et où le mot "travail" ne serait pas une insulte. (...) J’ai donc engagé d’excellents chefs capables de satisfaire les palais carnivores, végétariens et vegan. Je souhaitais aussi que nos clients se sentent connectés aux fêtes et distractions de la Côte d’Azur."

La fierté discrète d’un village

"Nous ne pouvions pas espérer mieux. Les gens étaient chaleureux, accueillants. (...) D’après les retours que j’ai eus, ils sont fiers de faire partie de la réussite de Super Bear. Leur chaleur et leur générosité ont joué un rôle important".

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