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Pour Boris Cyrulnik, en conférence à Monaco, "l’oeuvre d’art est un précieux facteur de résilience"

Mis à jour le 06/06/2019 à 09:08 Publié le 06/06/2019 à 08:40
Le neuropsychiatre a répondu aux questions de Laurence Genevet.

Le neuropsychiatre a répondu aux questions de Laurence Genevet. Photo J.D.

Pour Boris Cyrulnik, en conférence à Monaco, "l’oeuvre d’art est un précieux facteur de résilience"

Le célèbre neuropsychiatre a animé une conférence lundi soir, devant plus de cinq cents personnes, pour expliquer les mécanismes de résilience dans le processus artistique

Il avait 6 ans et demi quand il fut arrêté par la Gestapo. Et sur 1.700 hommes et femmes, deux seulement échappèrent à la mort. Boris Cyrulnik a été un de ces deux-là. Son parcours est marqué pour toujours par cet événement traumatique.

C’est cette histoire intime et les réflexions qui en découlent que le neuropsychiatre varois a expliquées, lundi soir, devant plus de 500 personnes, à l’Auditorium Rainier-III, sur l’initiative de MC5 Communication et l’association Devoir de mémoire puis, le lendemain, devant quelques invités du Yacht-club de Monaco. Après la parution de son dernier livre La Nuit, j’écrirai des soleils, Boris Cyrulnik analyse le pouvoir de la création - et notamment de la littérature - dans le dépassement du choc par la résilience.

"On ne peut alors plus aimer, plus travailler..."

L’art n’est pas une thérapie, dans le sens où l’artiste n’est pas malade. Mais la production artistique est, pour Boris Cyrulnik, "nécessaire pour le blessé, parce qu’elle métamorphose l’horreur de ce qui est arrivé". L’art est alors une formidable échappatoire à la dépression. "Lorsque quelque chose de douloureux arrive, certains rentrent dans le processus de répétition ; et cela mène tout droit vers la dépression. On ne peut alors plus aimer, plus travailler, on est prisonnier du traumatisme. D’autres créent. Ils ne changent pas le réel mais la représentation du réel. Le malheur est arrivé mais ils n’en sont plus prisonniers. L’œuvre d’art est donc un précieux facteur de résilience."

Mardi matin, Boris Cyrulnik au Yacht-club.
Mardi matin, Boris Cyrulnik au Yacht-club. Photo J.D.

"Le spectateur est coauteur
de ce qu'il voit"

Boris Cyrulnik montre des possibles à tous les meurtris de la vie. "Le monde du créateur est alimenté par les événements réels. Il n’est pas imaginaire mais remanié."

Pour le lecteur ou le spectateur, la résilience fonctionne également. "Les gens comprennent ainsi ce qui leur est arrivé. Le spectateur est coauteur de ce qu’il voit."Mais l’artiste a besoin de l’intérêt du public comme reconnaissance de sa souffrance. "Quand il y a une tragédie, on force les gens à se taire. On leur dit: “Prends sur toi… Pense à autre chose…” Or, en les faisant taire, on les coupe en deux : une partie est socialisée, une autre souffre en secret. La personnalité alors scindée provoque des troubles relationnels. Alors que si les blessés peuvent parler en racontant ou en métamorphosant, par l’œuvre d’art, ils redeviennent entiers et se remettent à vivre."

De quoi susciter des vocations artistiques…


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