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Philippe Pasqua en version monumentale

L'artiste a été choisi par les équipes du Musée océanographique pour une exposition, dès le 5 mai, de douze de ses œuvres grand format présentées à l'intérieur et l'extérieur de l'édifice

CEDRIC VERANY Publié le 22/02/2017 à 05:09, mis à jour le 22/02/2017 à 05:09
Baptisée Who should be scared ?, la sculpture d'un requin de neuf mètres en inox sera présentée sur le toit du Musée océanographique.
Baptisée Who should be scared ?, la sculpture d'un requin de neuf mètres en inox sera présentée sur le toit du Musée océanographique. Philippe Pasqua & Galerie RX

Il y a eu les bébés géants de Marc Quinn en 2012. Où la Virgin Mother haute de 10 mètres, en 2010, signée Damien Hirst. Au printemps prochain, le Musée océanographique accueillera à nouveau l'art façon XXL.

En servant d'écrin au travail de l'artiste français Philippe Pasqua, le temple de la mer mise sur le gigantisme. « Philippe Pasqua questionne, interpelle, dérange. Le détonateur idéal pour provoquer une prise de conscience en faveur de la vie marine et terrestre », évoque Robert Calcagno, directeur général du Musée océanographique. C'est le message de l'exposition baptisée Borderline, qui questionnera le visiteur « sur sa relation à la nature, à la mort et à la renaissance ».

Deux ans de réflexion

 

Adepte du grand format, l'artiste s'en sert pour montrer la vulnérabilité et la profondeur de ses sujets.

Un credo appliqué aux douze œuvres monumentales de l'artiste, puisées dans l'univers marin, dont sept réalisations inédites seront montrées au Musée océanographique à partir du 5 mai. À l'intérieur du bâtiment mais aussi sur le parvis, la terrasse panoramique et la falaise sous le bâtiment.

Voilà deux ans que les équipes de l'établissement réfléchissent à cette exposition avec Philippe Pasqua. L'artiste, depuis ses ateliers à Paris et au Portugal, a façonné ses idées, stimulées par ses récurrentes visites au musée. « Il a senti le message que nous avons à faire passer sur la protection des océans », poursuit Patrick Piguet, directeur du Patrimoine.

Parmi les créations les plus surprenantes, dans la salle de la Baleine, Philippe Pasqua positionnera en miroir du squelette marin d'ordinaire exposé, celui d'un rorqual réalisé en résine chromée. En se faisant face, les deux mastodontes de cette installation nommée « Narcisse » devraient flotter dans la salle. Autre présentation monumentale, celle d'une sculpture de neuf mètres en inox d'un requin, qui sera installé sur le toit terrasse du musée.

Mêlant aux fossiles des représentations d'animaux encore présents sur la surface de la Terre, Philippe Pasqua entend « jouer avec le rapport ambigu que l'homme entretient avec l'univers marin, entre peur et fascination, pour confronter le public aux enjeux actuels de protection de la biodiversité », complète Robert Calcagno.

On pourra ainsi voir un manège de tyrannosaures, une grande mâchoire de megalodon et un champ de méduses en verre. Autant de symboles passés à la création contemporaine de l'artiste. Qui projette aussi d'accrocher trois oursins en bronze taille XXL à la falaise, sous le musée.

 

« Toutes ces œuvres questionnent, sortent des lignes classiques et devraient surprendre les visiteurs », promet Patrick Piguet, qui sera à la manœuvre des travaux d'installation de l'exposition - eux aussi forcément spectaculaires - qui démarrent début avril.

Il est présenté souvent par les mêmes adjectifs : autodidacte, figuratif, adepte du grand format. Philippe Pasqua, né à Grasse en 1965, a démarré son chemin artistique à l'age de 18 ans. D'abord par la peinture. Peignant des visages et des corps nus à grande échelle.

Toujours dans une forme de tension où les lignes parfois évanescentes laissent apparaître une profondeur des personnages qu'il retranscrit. Qui ne laisse pas insensible - et parfois choque - ceux qui la reçoivent.

Il expose une première fois à Paris en 1990 et démarre une carrière internationale reconnue. « Chez Pasqua, le goût du monumental va de pair avec une attirance pour ce qu'il y a de plus vulnérable : les corps et les visages », avait écrit à son sujet le critique d'art Pierre Restany.

De Paris à New York

Depuis quelques années, c'est à travers la sculpture qu'il s'exprime plus radicalement. Le bronze, l'onyx, l'inox, l'argent lui servent de support pour façonner de grandes installations à l'image de celles présentées au printemps prochain à Musée océanographique, du 5 mai au 30 septembre.

Ces dernières années, son travail était visible à la Cheim and Read Gallery à New York, à la Fondation Ahlers à Hanovre, au MMOMA de Moscou ou au musée Maillol à Paris, à Séoul ou à Singapour.

Avec Robert Calcagno, en 2015, lors d'une exposition.
Avec Robert Calcagno, en 2015, lors d'une exposition. Philippe Fitte.

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