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Mauro Maugliani excelle dans l’anti-portrait

Mis à jour le 28/01/2019 à 05:22 Publié le 28/01/2019 à 05:22
L'artiste a besoin d’environ trois mois pour réaliser un tableau.

L'artiste a besoin d’environ trois mois pour réaliser un tableau. Jean-François Ottonello

Mauro Maugliani excelle dans l’anti-portrait

Beausoleil L’exposition Recto Verso, signée Mauro Maugliani, est visible jusqu'au 22 février au Centre culturel Prince Jacques, où une multitude de portraits sont à l'honneur

Il n'est même pas 19 heures lorsque la salle du Centre culturel Prince Jacques se remplit doucement. Les visiteurs envahissent l'espace au milieu des quatorze œuvres, aux dimensions impressionnantes. L'ambiance est à la fois chic et décontractée pour ce tout premier vernissage en ces lieux. Très vite, les remarques fusent : « Ce qui m'impressionne, ce sont les détails des cheveux », lance une amatrice. « Tous ces détails, c'est captivant ! » renchérit une autre. Et, justement, le souci du détail, cet artiste italien le maîtrise à la perfection. Un cheveu rebelle par là, une ridule au coin des lèvres, et même le petit grain de beauté sur une joue. Mauro Maugliani ne laisse rien au hasard. Ces tableaux paraissent bien réels, presque photographiques.

Un engagement politique

Romain de naissance, Niçois par amour, cet artiste italien à la sensibilité artistique et humaine, n'en est pas à son premier coup d'essai. Très actif sur la scène contemporaine - galerie Romberg de Latina, Galerie l'Opéra de Rome, Villa Masséna - il manie parfaitement l'art du portrait et de l'anatomie pour représenter les relations humaines.

Si ces portraits semblent, de premier abord, innocents, ne vous y trompez pas. L'incapacité à communiquer, l'isolement et l'aliénation de l'homme sont les principales causes que ce passionné veut montrer. Sa quête est intellectuelle et politique : « Je m'intéresse à la société en général et surtout à ses crises. Le manque de travail et de liberté me touche », déclare Mauro Maugliani. C'est ainsi que des codes-barres tatoués viennent parfois se glisser sur une épaule dénuée, une oreille, ou encore un cou : « C'est surtout pour représenter l'homologation mentale. Je veux que les gens se posent des questions, mais sans agressivité », affirme-t-il. C'est alors que des créatures jaillissent de son esprit pour venir s'échouer sur ses toiles. La peau devient un journal qui raconte une histoire, car derrière chaque modèle se cachent un passé et ses secrets.

Des ateliers d’artistes

Et quand on lui demande pourquoi seulement des jeunes femmes sont représentées, il répond tout simplement que « les femmes sont le futur ».

Et si ses tableaux ont déjà investi les musées et autres galeries à travers le monde, c'est au musée Macro Asilo de Rome, qu'il se remémore avec nostalgie un projet nouveau dans le monde de l'art.

Durant quinze mois, plusieurs virtuoses du pinceau se succèdent pour présenter des ateliers d'artistes. Le concept est original : enfermé dans une boîte transparente, le peintre doit réaliser une œuvre sous le regard de ses spectateurs : « Voir l'artiste en direct, c'est énorme ! », s'exclame-t-il.

Le contact humain est primordial pour lui, sans quoi il ne pourrait tout simplement pas travailler : « J'aime être contaminé par les autres. Un artiste ne peut pas rester chez lui, il doit vivre, il doit souffrir. Sinon, comment raconter ? ». Et pour ses projets futurs, ce challenger compte bien continuer à transmettre des messages forts, toujours au travers de son travail, notamment avec un nouvel instrument, la pointe d'argent. Cet outil, utilisé par Michelangelo, s'oxyde dans le temps et permet à l’œuvre d'art de prendre vie.


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