“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Mathieu Boogaerts revient avec un 8e album tout "En anglais"

Mis à jour le 25/02/2021 à 14:24 Publié le 25/02/2021 à 14:45
Écrire en anglais, c’est une contrainte, c’est stimulant, c’est une autre palette."

Écrire en anglais, c’est une contrainte, c’est stimulant, c’est une autre palette." Photo Noemie Reijnen

Toute l'info locale + Des reportages exclusifs

Mathieu Boogaerts revient avec un 8e album tout "En anglais"

Un peu à part, le chanteur, à qui Vanessa Paradis ou Camélia Jordana doivent de jolies ritournelles, poursuit sa route. Rêveur et discret. à cinquante ans tout juste et riche d’un exil outre-Manche, il tente l’expérience d’un album En anglais.

"Am I Crazy", se demande Mathieu Boogaerts dans le premier extrait de son huitième album. Fou, c’est peut-être beaucoup, mais doux dingue, probablement. Le chanteur, qui fêtait ses vingt ans de carrière en 2016 avec Promeneur, revient cette fois avec En anglais.

Un disque entièrement écrit, on l’aurait deviné, dans la langue de Shakespeare. Une première pour l’auteur-compositeur à la pop singulière.

Pourquoi en anglais? Parce que dans l’intervalle, il est parti vivre en famille à Londres, et que ce Frexit lui a inspiré une poésie nouvelle.

"L’anglais fait partie de nos vies. Même en France, que je le veuille ou non, j’utilise de l’anglais tout le temps, explique Mathieu Boogaerts au bout du fil. En vivant à Londres, très vite, j’ai senti une frustration: mes chansons ne seraient jamais comprises par mon voisin, or, si je me demande pourquoi je chante, je me dis que c’est parce que j’ai besoin de partager mes sentiments, j’ai senti un côté un peu vain… Comme si je produisais du vin et que j’étais dans un pays où on ne pouvait pas boire. Écrire en anglais, c’est aussi une contrainte, c’est stimulant, c’est une autre palette."

Un peu jazzy

Le résultat, c’est que l’ancien acolyte de Matthieu Chedid - dans le groupe Tam Tam à la fin des années 1990, avec lequel il partage toujours une voix douce et haut perchée - n’est jamais si frenchy que lorsqu’il chante en anglais.

Avec son accent à couper à l’Opinel, Mathieu Boogaerts installe d’entrée un recul qui fait du bien. Presque une autodérision. Une "sincérité", souligne le chanteur.

"Prendre un accent, c’est mentir un peu. Et l’article n°1 de la bible du chansonnier, c’est d’être le plus naturel, le plus intime possible. La meilleure façon de me connaître, c’est d’écouter mes chansons, c’est là que je suis le plus honnête, prendre l’accent anglais n’aurait eu aucun sens. Et puis, je trouve ça intéressant d’utiliser ces mots dans la bouche d’un francophone. Il y a des termes que j’aurais voulu utiliser et que j’ai laissés de côté parce que je n’arrivais pas à les faire sonner. Tous les mots avec "r" c’est difficile: ou je fais "rrreally" et ça fait Maurice Chevalier, ou je fais "really" et ça fait one again!"

Anglais ou pas, on retrouve ici son chant feutré, sa pop fine. Avec un petit quelque chose jazzy en plus, voire bossa. Et il y aurait presque du Jardin d’hiver de Salvador dans le deuxième extrait, Annie.

"Quand j’écris, je n’ai jamais de projet. Je gratouille à la guitare comme on gribouille sur du papier, hop, un accord me plaît… C’est vrai que l’anglais, avec ses mots plus courts, ne donne pas la même dynamique, la mélodie peut prendre une route différente. Le son d’un disque, c’est aussi sa production, là, on l’a fait à deux avec le musicien Vincent Mougel qui a un jeu de guitare un peu jazzy, ça vient peut-être de là…"

Ce qu’on retrouve aussi, c’est une certaine simplicité, la patte Boogaerts.

Et à minimalisme, il préfère "concision". "L’article n°2 de la bible du chansonnier, c’est d’être clair. Qu’on ait l’impression que c’est évident alors qu’il a fallu des centaines d’heures. Qu’aucune phrase ou note ne soit là gratuitement."

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.