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Lino Ventura et Odette: l'histoire d'amour poignante racontée dans un livre par la fille et le petit-fils de l'acteur

Mis à jour le 17/04/2021 à 08:20 Publié le 17/04/2021 à 10:00
Clelia et Léon Ventura signent une histoire d’amour poignante et passionnante sur Lino et Odette.

Clelia et Léon Ventura signent une histoire d’amour poignante et passionnante sur Lino et Odette. Photo Astrid di Crollalanza

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Lino Ventura et Odette: l'histoire d'amour poignante racontée dans un livre par la fille et le petit-fils de l'acteur

Un monde en guerre. Un amour fou. La fille et le petit-fils de l’immense acteur, racontent dans leur livre Attends-moi mon amour la passion entre Lino et Odette. Une histoire vraie.

Déjà trente-trois ans que Clelia a perdu son père. Son papa. Lino. Celui qui la surnommait affectueusement "la grosse". "Parce qu’à ma naissance, je pesais 4,9kg!" Un beau bébé. Sa petite dernière. Sa tête brûlée qui lui ressemblait tant. Dont il était fier. Jusqu’aux cicatrices sur le corps. Sur leurs corps. Au nombre identique.

Ils aimaient se retrouver, tous les deux, dans la cuisine. Elle était son marmiton. "Des moments privilégiés." À partager. Sans forcément se parler. Ou juste avec les yeux. Le cœur roulé dans un velours de sentiments. "Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui. Sa disparition a été un tsunami pour moi."

Gros bras au cinéma, Lino Ventura, ici avec Clelia, était un tendre à la ville.
Gros bras au cinéma, Lino Ventura, ici avec Clelia, était un tendre à la ville. Photo DR

Elle était aux États-Unis. Stagiaire régie sur un film de Sam Sheppard. En octobre 1987. Loin de penser que son roc allait être emporté par le torrent aux eaux sombres. "Je n’oublierai jamais. J’étais copine avec le chef cuistot sur le tournage. Un Cubain énorme. Un matin, il m’a demandé si j’avais un lien de parenté avec l’acteur Ventura. C’était une star pour lui. Et puis, il m’a posé cette question: “Il est toujours vivant?""

Son chêne était en train de s’éteindre. "Le voyage retour a été un enfer." Une éternité. Durant laquelle se bousculaient les émotions. De petite fille blottie dans ses bras de lutteur. D’ado au premier chagrin d’amour. Balayé d’un rugueux: "ça ne sert à rien de chialer". De la jeune femme qu’il appelait souvent pour aller déjeuner. "Je ne manquais jamais cette occasion. On évoquait ma vie. Il était inquiet de savoir si j’étais heureuse."

Clelia le regardait. L’écoutait. Les mots étaient rares. Au point qu’elle confie: "Je n’ai pas eu le temps de lui parler. Si bien qu’aujourd’hui je suis dans une quête permanente." Celle du souvenir. Des souvenirs. De cet homme au destin extraordinaire. De ce colosse du septième art, "fleur bleue" dans l’intimité. "Il l’était énormément. Par exemple, il adorait filmer. Aux premières images, je savais que c’était lui qui tenait la caméra. Il y avait des oiseaux, des fleurs. En particulier des roses. Sous sa carapace, il était extrêmement sensible."

L’héritage, peut-être, d’une enfance à ferrailler contre le sort. "Il a failli mourir du scorbut à trois ans. Puis il s’est crevé un œil." Il a aussi été abandonné par son père. A souffert du fascisme. Du racisme. En France. Où il n’était qu’un Rital. "Mais grâce à l’amour, il s’est à chaque fois relevé."

L’amour de sa mère. Grand-mère de Clelia devant laquelle il filait doux. Mama qui a ouvert à sa petite-fille la boîte de Pandore. "Le jeudi, on n’avait pas classe. Alors j’allais chez elle et elle me le racontait."

Lino et Odette: nous nous sommes tant aimés.
Lino et Odette: nous nous sommes tant aimés. Photo DR

L’adoration pour la belle Odette. Sa Mouki. "Mon chéri", comme il disait. Son élégante croisée en 1936 à Paris. Dont il est tombé follement, éperdument, amoureux. C’est cette passion dévorante, brute et douce, que l’héritière des sentiments dévoile dans Attends-moi mon amour. Ce coup de foudre entre deux êtres que tout éloigne. La petite bourgeoise et l’immigré. Alors que la Seconde Guerre mondiale dévore les âmes du monde en lambeaux.

"Une période méconnue de l’existence de mon père, poursuit Clelia. La plus méconnue. Il était encore un jeune homme. Un anarchiste romantique. C’est de famille." Déjà tête de lard. Un brin naïf. Mais tenace. En attestent ces 302 lettres enflammées. Précieusement conservées. Trésor pudique qui a servi de fil rouge au roman à quatre mains. Car Léon avait à cœur, aussi, de révéler cette facette de ce grand-père qu’il n’a pas connu.

C’est même lui qui a soufflé l’idée du livre. "J’avais pensé à une lecture au théâtre. C’est tellement puissant. Et quand mon fils a lu les lettres, il m’a dit: “Non, maman, c’est un roman". » Durant deux ans, méticuleusement – "car mon père répétait toujours, quand tu t’appelles Ventura, tu n’as pas le droit à l’erreur" –, le duo a démêlé les fils de l’histoire. Vérifié les dates. Les lieux. Les noms. À l’imparfait. Puis au présent. Employant le "il". Avant le "je". De Lino. De son journal intime.

Il y a quelques courriers "où il crie sans cesse qu’il l’aime", où il confesse ses peurs. Pas de la guerre. "Absurde". Mais de la perdre. Car les jeunes mariés sont séparés. Lui a été appelé en Italie pour effectuer son service obligatoire. Elle, est à Paris. Lino en crève. De cette séparation. Comme un gosse. Il pleure. Souvent. Mais ne rompt pas. Certain de retrouver son être essentiel.

La fin? Elle ne se livre pas. Elle se lit. Se cueille délicatement. Sachez juste qu’elle justifie tous les moyens. Car elle n’est que tendresse. Pour un couple "qui a traversé ensemble de nombreuses tempêtes. Mon père aimait ma mère." Si fort qu’il a pris le risque d’être fusillé. Le reste se passe de mots...

Système / Nice Matin
Bientôt une suite

Clelia et Léon Ventura ne pouvaient abandonner le lecteur au coin d’une rue parisienne. Sur une page blanche. À fantasmer en solitaire. Sur leur destin à la sortie de la guerre. Ils planchent donc déjà sur une suite à Attends-moi mon amour.

"On est sur la structure pour l’instant. On marche. On discute. On réfléchit. C’est si merveilleux de travailler avec son fils."

Si elle demeure secrète sur ce deuxième tome, l’auteure avance quand même qu’il pourrait être question du Lino enfant. En Italie. Du Lino catcheur aussi. Sacré champion d’Europe. Jusqu’à la fameuse poignée de main avec Jean Gabin.

Jour où tout a basculé. Grâce au succès du légendaire Touchez pas au Grisbi de Jacques Becker, sorti en 1954. Où il s’est emparé du cinéma. Avant de devenir une immense star...

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