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Les trésors de la Cité interdite séduisent le public

L'exposition du Grimaldi Forum, qui dévoile des pièces exceptionnelles de la maison impériale chinoise, a déjà accueilli plus de 30 000 visiteurs. Elle se poursuit jusqu'au 10 septembre

CEDRIC VERANY Publié le 26/08/2017 à 05:16, mis à jour le 26/08/2017 à 05:16
Des tenues guerrières d'apparat, façon haute couture, aux rites de la vie de cour en passant par une galerie de portraits des empereurs et impératrices, l'exposition fait revivre les fastes de la Cité interdite de Pékin avant sa chute.
Des tenues guerrières d'apparat, façon haute couture, aux rites de la vie de cour en passant par une galerie de portraits des empereurs et impératrices, l'exposition fait revivre les fastes de la Cité interdite de Pékin avant sa chute. Jean-François Ottonello

L'exposition estivale du Grimaldi Forum est une promenade à travers les trésors de la Cité interdite. Mais dès l'entrée, on se demande si nous ne sommes pas plutôt à la tour de Babel, tant de langues différentes de visiteurs se mélangent, avançant tous à pas feutrés devant une colonne d'accueil - dans la première salle - de mannequins portant casques et armures d'apparat des troupes des Huit Bannières, actives au XVIIIe siècle sous la dynastie Qing.

Avec déjà 30 000 visiteurs depuis le début du mois de juillet, l'exposition « La cité interdite à Monaco » séduit. L'affluence la place parmi les records enregistrés au Grimaldi Forum, qui a son public pour les grands rendez-vous patrimoniaux.

Il faut dire que la mystérieuse Chine est un thème porteur. Notamment celui qui consiste à faire découvrir les fastes de la vie de cour de la dernière dynastie d'empereurs chinois. Une excellence du savoir-faire ancestral made in China décline, dans 250 objets, les trésors nationaux, sortis pour la première fois des collections de la Cité interdite, résidence impériale au cœur de Pékin.

 

Berceau du pouvoir

Le site, chef-d'œuvre du patrimoine universel, a été construit entre 1406 et 1420 pour être le berceau du pouvoir chinois. Un pouvoir marqué par la force militaire, le culte des anciens et la soumission religieuse. Le tout dans un faste et une richesse artisanale élégante.

Au centre de l'exposition, dont la scénographie construite en hauteur symbolise une déambulation dans les artères de la cité impériale, la maquette du pavillon des prières pour les bonnes récoltes, réalisée en bois de santal, est un reflet de ce triptyque.

Ce lieu de culte se trouve au temple du ciel de Pékin et souligne l'importance de l'influence pieuse sur les actions de la monarchie. Cette galerie de personnages - empereurs et impératrices - qui jalonnent le parcours. Avec, au travers de la dynastie, des jeux de cour chez les Qing qui n'ont rien à envier à leurs contemporains, de Louis XIV à Versailles, à la reine Victoria en Angleterre.

Des exemples ? Des témoignages d'une époque où rien n'était trop beau ou trop fastueux. Les détails esthétiques dans l'armement en témoignent. Par des armures d'apparat façon haute couture, ou des robes de cérémonie brodées dans un détail vertigineux. Autre finesse de création, fragiles et remarquablement conservés, les rouleaux de soie, datant aussi de la dynastie Qing, qui narrent des épisodes de la vie impériale.

Symbole de la création chinoise, le département de l'exposition consacré aux porcelaines met aussi en avant la technicité des artisans de l'époque pour réaliser des pièces encore aujourd'hui remarquables.

 

Le cœur en nous

C'est une force de l'exposition pensée par les équipes du Grimaldi Forum, d'être à multiples entrées, pour séduire les amoureux de patrimoine autant que de création artistique. Il se dégage, dans ces vestiges sagement conservés de la cour des empereurs chinois, une poésie qui engage une dose d'émotion chez les visiteurs.

La clé, c'est peut-être celle que glisse un des gardiens de l'exposition. Très empreint à la discussion et plutôt fâché contre le « président jupitérien » du pays voisin, il livre son analyse, devisant sur l'importance des éléments : la terre, le feu, l'air et l'eau qui apparaît dans le parcours, les actions et les créations de l'époque des empereurs et impératrices. « Symboliquement, je pense que la Cité interdite, c'est le cœur qui bat en chacun de nous », souffle-t-il. « Et c'est important de le ressentir dans le monde dans lequel on vit ». Pour en faire l'expérience, l'exposition se poursuit tous les jours jusqu'au 10 septembre.

Offre numérique MM+

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