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Les Ballets de Monte-Carlo dansent l'amour absolu

Mis à jour le 01/08/2016 à 05:10 Publié le 01/08/2016 à 05:10
Juliette (Anna Blackwell) et Roméo (Lucien Postlewaite) ont dansé au rythme de leur passion adolescente.

Juliette (Anna Blackwell) et Roméo (Lucien Postlewaite) ont dansé au rythme de leur passion adolescente. Photo Alice Blangero

Les Ballets de Monte-Carlo dansent l'amour absolu

La compagnie a dansé samedi sa dernière représentation monégasque de Roméo et Juliette, le ballet de Jean-Christophe Maillot. Une déclaration d'amour tout en technique et en émotions

Le Roméo et Juliette de Jean-Christophe Maillot, chorégraphe-directeur des Ballets de Monte-Carlo, n'est pas une tragédie, ni une lutte des clans. Mais le souvenir d'un amour au dénouement tragique. Samedi soir, la salle Garnier a reçu la dernière représentation monégasque de ce ballet emblématique emporté par la musique de Sergueï Prokofiev (voir par ailleurs).

L'âme tourmentée de Frère Laurent, interprété par Alexis Oliveira, hypnotique, ravive sa mémoire des événements. De sauveur des amants, il devient finalement le prophète de leur malheur. Il convoque et chasse tour à tour les ombres dansantes des étoiles contraires du théâtre anglais.

« Juliette, je t'aime »

Ce soir-là, dans le rôle de Roméo : un Lucien Postlewaite plus épris que jamais. Anna Blackwell interprète Juliette. D'abord innocente et transie, l'Anglaise montre, après l'entracte, une maturité et une sensualité étonnantes. Elle dicte les règles de la passion, au point d'incarner l'amour lui-même.

Le public aura du mal à ne pas tomber à son tour sous le charme de sa danse connectée à tout ce qui est intime.

Les gestes sont habités. Le but n'est pas de nous éblouir techniquement mais de transmettre les sentiments de cet amour irréfléchi et absolu.

Les corps peignent des tableaux riches et intenses. L'apparition de la nourrice, aussi drôle que bienveillante, ou le spectacle de guignols dessinent des sourires immédiats. La scène du bal, ensorcelante sur la puissante Danse des Chevaliers de Prokofiev, démontre la maîtrise des danseurs de Monte-Carlo. La compagnie peut compter sur le renfort d'une scénographie épurée d'Ernest Pignon-Ernest : un décor blanc amovible, lisse comme l'innocence, qui se change tour à tour en no man's land, en chapelle de l'amour ou en lit nuptial.

Un final subjuguant

Les jeux de la haine, eux, sont dérisoires. Les affrontements ne sont que des escarmouches adolescentes, soldées par la mort de Mercutio et de Tybalt, dont les corps s'arrêteront trop vite de danser.

Les mouvements sont alors ralentis, comme pris de folie. Et Roméo l'amoureux se change en tueur. La rampe - le balcon sur lequel Juliette contemple Roméo danser sa flamme - s'élève comme pour sceller son destin.

Entre arrêt sur images et frénésie des corps, les flash-backs qui affligent le Frère Laurent s'enchaînent sans casser le rythme vivace instauré par Jean-Christophe Maillot.

La mort des amants est déchirante de vérité. Juliette découvrant son Roméo inerte, délace de son corps sans vie un filet de tissu rouge. Désespérée, la belle s'en imprègne et s'étrangle du dernier souvenir laissé par son amour. Le public, subjugué par la performance, se lève et applaudit sans interruptions les artistes aux corps magnifiés. Après la représentation, une interrogation subsiste : une fois au repos, à quoi peuvent bien rêver les pieds des danseurs ?


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