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Les artisans princiers pour Une panoplie de métiers remis au goût du jour Le parti pris du noir et blanc la première fois exposés Un livre tiré à 3 000 exemplaires

Mis à jour le 10/12/2019 à 10:10 Publié le 10/12/2019 à 10:09
Le prince Albert II a exceptionnellement ouvert les portes de son domaine privé de Roc Agel aux deux photographes.

Le prince Albert II a exceptionnellement ouvert les portes de son domaine privé de Roc Agel aux deux photographes. Olivier Huitel & Jean-Charles Vinaj

Les artisans princiers pour Une panoplie de métiers remis au goût du jour Le parti pris du noir et blanc la première fois exposés Un livre tiré à 3 000 exemplaires

Les photographes Jean-Charles Vinaj et Olivier Huitel ont tiré le portrait de l’entier personnel du Palais princier et du domaine de Roc Agel. Le livre a fait l’objet d’une exposition éphémère

Seuls quelques dizaines de privilégiés étaient présents dans les Grands appartements du Palais princier, vendredi dernier, pour découvrir cinquante clichés issus d’un livre inédit consacré aux fidèles artisans de la famille princière. Un ouvrage de plus de 400 photos réalisé, avec la bénédiction du prince Albert II (lire ci-dessous), par deux photographes familiers de la Principauté, Jean-Charles Vinaj et Olivier Huitel.

« Après Vivre Ensemble [travail sur la cohabitation entre l’homme et l’animal à travers le monde (*), N.D.L.R.], mon huitième livre, il fallait un super projet qui sorte de l’ordinaire. Ça faisait quelque temps que j’avais cette idée qui me trottait dans la tête de rentrer dans l’intimité du Palais pour évoquer ses artisans… » Déjà auteur de livres sur Monaco et de photo reportages sur les artisans du Mercantour, Jean-Charles Vinaj ne part pas dans l’inconnu et dresse rapidement un cahier des charges, qu’il transmet au Palais princier.

Séduit par le projet, le souverain retourne son feu vert dans les jours qui suivent et, comme souvent à Monaco, tout s’enchaîne vite et bien. « Mon premier contact a été avec Gilles Bandoli, le régisseur du Palais. Il a été le fil conducteur et m’a mis en relation avec les différents chefs de service qui étaient tous enchantés. »

Ravis que les 126 personnels, représentant 21 corps de métiers, happent (enfin) la lumière.

Face à l’ampleur de la tâche qui l’attend, Jean-Charles Vinaj décide de faire rentrer le photographe de presse (Crystal Pictures) Olivier Huitel dans la boucle.

« Je me suis vite rendu compte que ce serait compliqué tout seul. Olivier est un excellent photographe et avant tout un ami, je savais qu’on pourrait travailler intelligemment et produire un rendu homogène. C’était une belle aventure. »

Une expérience intense entre ville et campagne. Entre le prestigieux Palais princier et Roc Agel, secret domaine privé des Grimaldi perché sur les hauteurs de La Turbie. Entre traite des vaches ou brebis et grandes réceptions ou concerts. « C’est une situation authentique. Nous avons découvert un personnel dévoué, fier et reconnaissant de pouvoir montrer son quotidien. Ils ont tous joué le jeu à fond », se félicite Jean-Charles Vinaj.

Entre janvier et juillet 2019, à raison de trois ou quatre visites hebdomadaires, les deux compères s’efforcent alors de sublimer le savoir-faire du restaurateur-doreur, des tapissiers, peintres, garçons de ferme, argentiers… De rendre uniques, et visibles, leurs gestes répétitifs. Faire entendre la petite musique d’un microcosme où chaque détail est orchestré avec une rigueur quasi-militaire et un sens du devoir prononcé. Et lever ainsi le voile des fantasmes pour le grand-public…

« On a souvent l’image une fois que tout est préparé, souligne Olivier Huitel, mais on ne se rend pas compte du travail énorme derrière. Beaucoup de visiteurs de l’exposition nous ont dit : “Il se passe tout ça ? !” » De l’ombre à la lumière.

« C’est plus intemporel. » « On perçoit mieux les détails et ça met en valeur des gestes. » « Ça correspond à des moments plus rares et permet de fixer cet instant. » Parmi les quelques proches des photographes et autres invités triés sur le volet, vendredi soir dans la Salle du Trône et le Salon bleu, le noir et blanc faisait son effet.

« C’est plus artistique et surtout plus percutant, plus puissant », estime Jean-Charles Vinaj, qui explique que ce choix s’imposait. « On travaillait parfois dans des endroits où la lumière était compliquée, à différentes heures et saisons. Par souci d’homogénéité, on a pris le parti du noir et blanc. »

« Nos photos ont été prises en couleur classique, détaille Olivier Huitel, puis j’ai appliqué le même traitement en noir et blanc sur les images. J’aime bien les rendus contrastés, où le noir est bien noir et le blanc bien blanc. »

Une technique qui porte l’œil sur un détail ou ravive le côté brut d’un plan large. Il en est ainsi de la palette de photos prises à Roc Agel, sanctuaire rural à quelques encablures de la Principauté. « C’est la première fois que j’avais l’occasion d’y aller et c’est un petit monde à part, vraiment extraordinaire. Ils aiment les bêtes, ramassent les œufs, il n’y a pas de pesticides dans le potager, tout est bio… »

Des clichés en couleur parsèment également le livre, comme cette “photo de famille” au-dessus des petits-quartiers à l’occasion des 200 ans de la création du corps des Carabiniers du prince. D’autres sujets, comme les fleuristes ou les fresques des façades ne pouvaient également être privés de leurs nuances de couleurs.

Il y a quelque chose du compagnonnage dans les métiers du Palais princier. Un aspect authentique mais jamais suranné.

Après avoir poussé un cri d’alarme en captant l’intimité des bêtes, dans un regard ou une posture, pour avertir de la sixième extinction massive de l’espèce animale - « la première de la main de l’homme », c’est un autre témoignage, plus confidentiel mais tout aussi fort, que livre Jean-Charles Vinaj. Un bestiaire de l’artisanat et, parfois, de sa survie.

De Jacques, restaurateur-doreur en poste depuis soixante ans, qui a tout appris de son paternel « et dont le métier est difficile à perpétuer ». Aux garçons de ferme de Roc Agel et leur chef, Patrick, qui produisent encore le fromage servi à la table du Palais. En passant par les mécaniciens du garage, dont on pourrait penser que l’utilisation de véhicules électriques ou hybrides par le souverain, a réduit la tâche, mais qui entretiennent aussi les tracteurs et autres machines agricoles. Ou encore les électriciens, dont la mission ne se cantonne pas à changer des ampoules mais tout autant à monter une scène dans la Cour d’honneur pour les concerts d’été du Philharmonique.

Un large éventail de professions parfois surprenant pour Olivier Huitel. « C’était souvent les mêmes services qui étaient mis en avant, les jardiniers ou les cuisiniers, cette fois tout le monde est mis en valeur de manière équitable (...) J’ai été frappé par toutes ces fonctions distinctes et subtiles dans les différents services et le fait que personne ne se chevauche… »

Un ballet quotidien de petites mains réglé comme du papier à musique et que les deux observateurs n’entendaient pas bouleverser selon Jean-Charles Vinaj. « C’est un privilège d’accéder à ces lieux et il n’était surtout pas question d’arriver en terrain conquis ou de faire preuve d’ego. C’était un travail d’équipe. »

« Je ne pensais pas qu’autant de personnes joueraient le jeu et j’ai été encore plus étonné de voir leur implication, confirme Olivier Huitel. Nous ne sommes pas allés chercher la mise en scène. » Juste guetter d’un œil averti le moment propice. « Par exemple quand l’argentier mesure l’écart entre deux assiettes, pour nous, c’est du détail qui a toute son importance. »

Avec le soutien d’EFG Bank, un livre rouge de 300 pages, au format 30 x 30 cm, a été tiré à 3 000 exemplaires. À l’intérieur, quelque 400 photos et des textes signés Marie-Alice Leclerc présentant chaque métier. Sous chaque portrait, les noms des artisans.

Pour l’heure, difficile de se procurer l’ouvrage puisque 2 700 exemplaires sont réservés au Palais princier. Une partie pour les protagonistes du livre et le service d’honneur ; l’autre qui pourrait faire l’objet de cadeaux, notamment dans le cadre d’échanges diplomatiques. « D’un côté, ça donne un côté encore plus exclusif à ce travail qui n’avait jamais été fait ; de l’autre, on espère que ceux qui le veulent à Monaco pourront l’avoir », résume Olivier Huitel.

Le souverain a découvert les cinquante clichés en noir et blanc exposés dans les Grands appartements du Palais princier.
Le souverain a découvert les cinquante clichés en noir et blanc exposés dans les Grands appartements du Palais princier. Jean-François Ottonello
À raison de quatre ou cinq verres par convive, il convient de faire preuve de délicatesse. Et de mesure, pour que tout soit parfaitement aligné.
Olivier Huitel & Jean-Charles Vinaj
Olivier Huitel & Jean-Charles Vinaj
Des gants blancs en quête perpétuelle de la perfection, comme ici lors de la mise en place d’une réception par les valets.
Jean-François Ottonello

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