Leïla Bekhti, la force tranquille

Dans "Les intranquilles", drame intime de Joachim Lafosse présenté en compétition en toute fin de festival, le 16 juillet, elle interprète l’amoureuse d’un bipolaire joué par Damien Bonnard. Porte-parole de "L’Oréal Paris" depuis dix ans, elle revient sur son histoire avec Cannes.

aurore harrouis aharrouis@nicematin.fr Publié le 07/07/2021 à 20:31, mis à jour le 08/07/2021 à 16:44
Leila Bekhti, sur la terrasse du Martinez. Photo Sebastien Botella/Nice Matin

Beauté magnétique. Au Martinez, sur la terrasse L’Oréal Paris dont elle est porte-parole depuis dix ans, Leïla Bekhti aimante les regards. Chemisier satiné grège. Large sourire. Yeux de biche. Elle est vraie. Intense. Généreuse. Comme son jeu. Au fil des années, il s’est aventuré dans la comédie (Tout ce qui brille, avec son amie, sa complice Géraldine Nakache, La Flamme, série dans laquelle elle campe une hilarante sociopathe), s’est dirigé vers les régions plus sombres du polar (Mains armées, Jour Polaire) et le drame social (La Lutte des classes).

Leïla Bekhti est star et hyper-accessible à la fois. Aux petits soins avec ceux qui l’entourent. Elle sert du "ma chérie" à son assistante. Tutoie d’emblée "on a à peu près le même âge, non?". Rit avec son maquilleur et coiffeur, en chemises à manches longues "Mais vous devez mourir de chaud, vous auriez dû mettre des débardeurs!"

Communicative et joyeuse, celle qui campera la compagne d’un homme atteint de troubles bipolaires (Damien Bonnard) dans "Les intranquilles", le nouveau film de Joachim Lafosse, en compétition le 16 juillet, se livrait hier, sans compter ses mots, en toute quiétude. Lumineuse force tranquille, dévoilée ici en six séquences.

10 ans avec L’Oréal paris

"Je n’aurais jamais imaginé être accompagnée aussi longtemps par la marque. En dix ans, on a grandi, on a mûri ensemble, on se challenge. On partage des moments émouvants. Je suis notamment très liée à Delphine Hovasse-Viguier, directrice générale internationale de L’Oréal qui m’a toujours soutenue dans mes doutes. Quand j’ai eu mes 36 grossesses [Leïla est maman de trois enfants et c’est déjà beau! NDLR] et que j’ai pris 48.000kg pour chaque grossesse, elle n’en avait rien à fiche!"

Festival de Cannes

"Le festival de Cannes, c’est plein de souvenirs. Un prophète, La Source des Femmes, Le grand bain… En 2012, j’ai aussi été jurée d’Un certain regard. Dans le jury présidé par Tim Roth. Grâce à lui, j’avais eu la chance de rencontrer Ken Loach qui est l’un de mes réalisateurs préférés. On a parlé pendant plus d’une heure de son cinéma. Il n’y a qu’à Cannes que l’on peut faire ça! À la fin, il m’a demandé ce que je faisais dans la vie. Je lui ai répondu que je travaillais dans le cinéma, je ne voulais pas lui dire que j’étais actrice. Je ne voulais pas qu’il y ait un semblant d’intention à ce moment magique."

 

74e édition

"Mardi soir, Annette m’a bouleversé. J’espère voir beaucoup d’autres films. Ceux de Farhadi, de Catherine Corsini, d’Audiard, de Verhoeven… C’est une telle émotion de retrouver le cinéma. D’être là. Il n’y avait pas que le manque en tant qu’actrice. Aussi celui en tant que spectatrice. Quand on est au Grand théâtre Lumière, on oublie qu’on est actrice. Je serai à Cannes toute la quinzaine. Ma famille réside à 20 minutes d’ici, au calme. Je suis sur la Croisette pour travailler. Et dès que c’est possible, je les rejoins."

Les "Intranquilles"

"C’est à la fois stressant et excitant d’avoir son film dans les derniers jours de la compétition. Jusqu’au bout, le suspense demeure. J’y campe une femme mariée à un bipolaire. C’est un film sur le couple. Aujourd’hui, ce qui est rock’n’roll en amour, c’est de rester ensemble encore et encore et de se battre pour son couple. C’est un sujet qui m’a toujours fasciné. Les films de Joachim Lafosse 'Aimer à perdre la raison', 'L’économie du couple' me plaisent tout autant que son exigence dans le travail. Quand j’ai appris que 'Les Intranquilles' était en compétition, j’étais très heureuse. C’est un film qu’on a tourné en pleine pandémie. Et de le voir enfin vivre sur un grand écran, avant sa sortie en salles en octobre, c’est merveilleux. "

Esprit de famille

"La famille est très sincèrement mon moteur. J’englobe dans le mot famille, celle du sang comme celle du cœur, des amis, celle que l’on construit. Partager les joies et les peines sans les gens qu’on aime, ça n’a aucune saveur, c’est même plus triste. A la fin de ma vie, j’ai envie de me dire que j’ai fait les bons choix. à la fois professionnels et personnels. Je veux vivre les deux plans pleinement. L’un nourrit l’autre, lui est nécessaire. Le soir, quand les caméras s’éteignent, je suis la maman qui va voir si la fièvre de mes enfants est tombée… "

Son premier film

"J’écris mon premier film. J’ai déjà le titre: à nous regarder, ils s’habitueront, une phrase extraite d’un poème de René Char. Je ne jouerai pas dedans. Ce film évoquera une fratrie, devant prendre une décision, et se défaire du regard des autres. Je crois qu’on a besoin du regard des autres. Mais aussi de se regarder un chouïa soi-même, sans quoi on n’y arrive pas. Tout est une question de mesure."

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