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Le chorégraphe Jean-Christophe Maillot explique comment il travaille à l'époque du #Metoo

Mis à jour le 26/11/2018 à 08:50 Publié le 26/11/2018 à 08:41
La danse est un art tactile

La danse est un art tactile Photo Alice Blangero

Le chorégraphe Jean-Christophe Maillot explique comment il travaille à l'époque du #Metoo

Le rapport au corps et à son image, particulièrement au corps de la femme, est en train de changer. Les gestes, les regards… tout est décodé pour en trouver les intentions, et protéger celles qui ont trop longtemps subi les pressions des hommes. Si le milieu de la danse est au coeur de la tempête, les Ballets de Monte-Carlo semblent épargnés.

Le milieu de la danse est au cœur de la tempête #Metoo. Harcèlement, abus sexuels, tout le monde en parle. Le Ballet Nice Méditerranée en a fait les frais il y a quelques mois. Récemment, c’est Jan Fabre, le sulfureux chorégraphe belge qui s’est retrouvé au cœur d’un scandale.

La compagnie monégasque est épargnée. Mais son directeur, Jean-Christophe Maillot, reconnaît la difficulté: "C’est compliqué. On a un rapport tactile au danseur. Mais je pense qu’il n’y a jamais de problème à partir du moment où il y a de l’humanité, et un consentement préalable."

Malgré ces deux ingrédients, qui font presque office d’amulette, il sait que certains spectacles sont plus compliqués que d’autres: "La nudité doit être montrée avec l’accord. Moi quand je monte un ballet comme ça, je convoque mes danseurs, et je les préviens que si les femmes ne veulent pas montrer leurs seins nus, il ne faut pas se présenter à l’audition. J’ai connu une époque où, dans certaines compagnies, si elles refusaient, elles pouvaient prendre la porte!"

Changement de regard

Preuve du changement dans la société, aux États-Unis, où les Ballets de Monte-Carlo ont joué Roméo et Juliette, la programmatrice a été invectivée par la presse: "Selon eux, cette pièce serait dégradante pour les femmes et misogyne. Une folie! Parce qu’elle se met nue, dos au public, pour montrer à sa nourrice qu’elle grandit et qu’elle a des seins. J’ai été très surpris qu’au bout de 20 ans de représentations, on me fasse cette réflexion!"

Au-delà de la nudité occasionnelle, c’est parfois la chorégraphie elle-même qui est mise en cause: "Je peux entendre qu’on soit choqué par certains mouvements. Si on prend le Songe, c’est une pièce débordante d’érotisme, voire de sexualité! Mais à ce moment-là, il faut interdire tout Shakespeare! Et Cendrillon, et La Belle au bois dormant…"

Autre parade évidente: le bon sens. "Si un mouvement passe sur la poitrine de la danseuse, et que je vois un de mes danseurs qui s’attarde sur les seins, ça va mal se passer."


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