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La vie culturelle à Monaco entre parenthèses avec l'épidémie de coronavirus

Mis à jour le 26/03/2020 à 17:40 Publié le 26/03/2020 à 16:32
Le théâtre Princesse Grace.

Le théâtre Princesse Grace. Photo Jean-François Ottonello

La vie culturelle à Monaco entre parenthèses avec l'épidémie de coronavirus

La culture est-elle une denrée essentielle à la vie? La question sur un plan philosophique pourrait servir de sujet à une épreuve du baccalauréat. Pour autant, en période d’urgence sanitaire pour lutte contre la propagation du virus Covid-19, la réponse est non.

Du moins pour la culture vivante, partagée et appréciée à plusieurs. Ce ne sera pas éternel mais la situation l’impose. Et place ainsi toute une frange de la société entre parenthèses.

Depuis la pandémie déclarée de Coronavirus en Europe, toutes les manifestations en Principauté se sont mises sur pause. Une décision jusqu’à nouvel ordre, du moins pour les semaines à venir.

Plus de spectacles sur la scène du théâtre Princesse Grace; pas de Printemps des Arts cette année ; aucune note émise par l’orchestre philharmonique; pas d’exposition au NMNM; l’opéra est fermé.

Tout comme la médiathèque ou les cinémas. Il n’y aura pas dans les prochaines semaines: ni salon du livre, ni foire Art Monte-Carlo, ni représentation des Ballets de Monte-Carlo fin avril.

Une hécatombe... Encore une fois, la situation l’impose. Et il y aura des jours meilleurs. Comme l’espère Françoise Gamerdinger, directeur des Affaires culturelles, qui reste optimiste et fait le point sur la situation.

La crise sanitaire que nous traversons place les activités culturelles entre parenthèses. Comment le monde artistique la vit-elle?
Nous sommes en contact permanente autant avec les grandes entités que les associations, d’abord pour leur apporter un suivi d’informations, mais aussi du réconfort. Nous sommes là pour aider et préparer la suite. Au fil des annonces de report et d’annulation, on se rend compte des rendez-vous qui s’effacent et l’importance qu’ils ont dans le paysage monégasque. Leur absence laisse un trou béant. Ce qui réconforte, c’est que le public nous soutient, comprend la situation, nous remercie. Ça fait chaud au cœur. Et pour les créateurs, cette période devrait donner lieu à un foisonnement d’idées, j’en suis sûre !

Un nombre important d’événements pourrait-il n’être que reporté?
La vie culturelle est riche en Principauté, si bien que le calendrier de deuxième partie de l’année est déjà bien chargé. Mais nous essayerons de reporter au maximum les manifestations prévues. Car des annulations sèches provoquent une situation morose et triste, autant pour la création que pour le travail d’organisation.

Pour le théâtre Princesse Grace, dont vous assurez la direction, c’est par contre une fin de saison anticipée, les spectacles ne pourront pas être reportés?
Malheureusement pas non, car ce sont des spectacles en tournée. Nous espérons, peut-être, pouvoir offrir au public le dernier programmé en mai. Mais nous ne pourrons pas reportés ceux qui sont annulés. D’autant que la programmation pour l’année 2020/2021 est déjà prête.

En 2008, l’État avait sollicité une aide des banques, via des subventions attribuées aux entités culturelles pour surmonter la crise financière. Cette crise nouvelle devrait laisser des marques économiques important pour les professionnels de la culture. Le gouvernement sera attentif à les soutenir?
Il le sera, je n’en doute pas. L’urgence aujourd’hui est d’assurer la sécurité sanitaire et la vie quotidienne. Mais la Principauté à toujours été réactive pour le monde de la culture. En 2008, cette solution de financement par les banques avait été trouvé. Nous arrivons à nous en sortir, ça ne me préoccupe pas. Car la volonté de soutenir la création en Principauté est intacte.

Un conseil culturel que vous pourriez donner à appliquer chez soi?
En tant que directeur des Affaires culturelles, j’encourage le public à se replonger dans leurs bibliothèques, pour se contenter du plaisir d’un bon livre ou d’un bon film. Il faut voir le côté positif et considérer ce moment comme une pause, une réflexion, un ralentissement. La culture est utile et nous pouvons continuer à la fréquenter au travers des livres. Je serais tentée de dire, « Lisez Proust et détendez-vous ». Et sûrement, lorsque l’activité reprendra, nous apprécierons davantage la richesse de la programmation culturelle en Principauté, là ou certains peut être parfois un peu blasé.


Au NMNM, comment l’activité se réorganise

L’histoire est la même pour toutes les institutions culturelles de la Principauté. Comment s’organiser face à la fermeture imposée?

Les portes closes au Nouveau Musée National de Monaco depuis une semaine. Les équipes, reliées par la technologie au quotidien pour le télé-travail, assurent à tour de rôle une permanence dans les bureaux pour le suivi administratif. Et des rondes sur les différents sites gèrent la sécurité. C’est à peu près la seule activité dans les établissements.

A la villa Paloma, l’expo accrochée en février sur les décors lumineux d’Eugène Frey est fermée jusqu’à nouvel ordre.

A la villa Sauber, l’exposition "Artifices instables, histoires de céramiques", n’ouvrira pas en avril, mais en septembre.

"Juste avant la crise, nous réfléchissions déjà à la reporter pour des questions techniques. L’actualité nous a contraint à le faire. Donc nous sommes entrain de prévenir les préteurs. La plupart sont privés donc, cela reste gérable pour modifier les dates" explique la directrice, Marie-Claude Beaud.

"Fragilité de l’humain"

À Paloma, elle réfléchit peut-être à prolonger l’exposition d’Eugène Frey dont le public est privé dans cette époque de disette culturelle.

"Mais j’observe" continue Marie-Claude Beaud, "que des musées un peu partout dans le monde mettent en ligne leurs collections, leurs archives. C’est le bon côté de ces technologies. Toutes ces initiatives, et toutes les réactions de la création contemporaine pour garder un lien avec le public sont intéressantes. Pour la communauté artistique, cette crise est aussi une prise de conscience de la fragilité de l’humain comme nous n’en avions pas eu dans notre société depuis longtemps".

Pour les jours à venir, les équipes du NMNM réfléchissent elles aussi à mettre en ligne du contenu culturel sur leur site internet pour échanger avec le public. En espérant que la fermeture imposée ne dure pas trop longtemps? "Je ne suis ni médecin, ni politique, nous ferons ce qu’on nous dit de faire et dès que nous pourrons, nous rouvrirons au public".

Falstaff chez soi!

L’art est il essentiel ? En cette période, Jean-Louis Grinda répond un grand "oui".

C’est pourquoi le directeur de l’Opéra de Monte-Carlo a choisi de garder le contact avec son public en proposant divers programmes et production de l’opéra monégasque mis en ligne à destination du plus grand nombre.

L’offre a commencé en piochant dans le programme de la saison 2018/2019 de la Salle Garnier pour proposer l’opéra de Verdi, Falstaff, découpé en épisodes à découvrir sur plusieurs jours... sans sortir de chez soi, via le site www.opera.mc.

à partir de 1 €


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