“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

La Damnation de Faust… cent vingt-six ans après Le voilà sur son rocher, à Monte-Carlo

Mis à jour le 13/12/2019 à 10:22 Publié le 13/12/2019 à 10:22
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

La Damnation de Faust… cent vingt-six ans après Le voilà sur son rocher, à Monte-Carlo

Cet opéra de Berlioz dont la première représentation mondiale eut lieu à Monaco en 1893 sera donné dimanche en version de concert

Le 18 février 1893 se déroula à Monte-Carlo un événement considérable dans l’histoire de l’art lyrique : la première représentation scénique au monde de la Damnation de Faust de Berlioz.

Le célèbre directeur de l’Opéra de Monte-Carlo de l’époque, Raoul Gunsbourg, avait eu l’idée de transformer en opéra l’œuvre que Berlioz avait conçue à l’origine comme une simple pièce de concert. Dans cette pièce figuraient quatre chanteurs interprétant les personnages de Faust, Marguerite, Méphisto et Brander. Il était tentant de revêtir ces chanteurs de costumes et de les faire évoluer dans un décor. C’est ce qu’imagina Raoul Gunsbourg, créant ainsi un nouvel opéra… vingt-quatre ans après la disparition de son compositeur, mort en 1869.

Ainsi mise en scène, la Damnation de Faust allait connaître un succès mondial - jusque dans le film La Grande Vadrouille où l’on assiste à l’interprétation de la Marche hongroise sous la direction mémorable de Louis de Funès !

Deux représentations pour un anniversaire

Après le succès de la création de sa Damnation de Faust, le nom de Berlioz allait être définitivement attaché à la l’histoire artistique de la Principauté. Le 8 mars 1903, le prince Albert Ier inaugurait en grande pompe un monument en son honneur - ce monument que l’on peut toujours voir à l’entrée du jardin du Casino (lire par ailleurs).

En 2019, le monde entier célèbre le cent cinquantième anniversaire de la mort du compositeur. C’est dans le cadre de cette célébration que sera programmée dimanche et mardi prochains à Monaco la Damnation de Faust.

Celle-ci sera donnée sous forme de concert sous la direction de Kazuki Yamada. Le rôle de Faust sera tenu par l’ancien « Petit chanteur de Monaco » à la carrière devenue internationale, Jean-François Borras (lire ci-dessous), celui de Marguerite par l’une des meilleures sopranos françaises, Sophie Koch. Le baryton-basse uruguayen Erwin Schott incarnera Méphisto. Il est, peut-être, à l’heure actuelle le meilleur interprète au monde de ce rôle. Le diable, on le sait, se tient dans les détails. Mais aussi dans la voix d’Erwin Schrott !

Hector Berlioz vient à Monaco en 1868 à l’occasion d’un séjour à Nice. Le 6 mars, il s’aventure sur les rochers du bord de mer, fait une chute et est ramassé en sang. Soigné à l’Hôtel de Paris, il est ramené le lendemain à Nice. Une nouvelle chute à Nice achève de l’anéantir. Il est rapatrié à Paris par le train. Ne s’étant jamais complètement remis, il meurt quelques mois plus tard.

Le 7 mars 1903, à l’occasion du centenaire de sa naissance, le prince Albert Ier inaugure à l’entrée des jardins du Casino le monument qui s’y trouve toujours. Le sculpteur était Léopold Bernstramm originaire de Riga (actuelle Lettonie), installé à Paris où la rapidité et la qualité de son travail l’avaient fait employer par le Musée Grévin. Sur le socle du monument figurent des personnages de la Damnation de Faust, façonnés par le sculpteur parisien Paul Roussel.

L’inauguration s’est déroulée en présence de représentants du gouvernement français, de la nièce du compositeur, du grand compositeur Jules Massenet. Ce dernier a prononcé un discours : « Le voilà sur son rocher, à Monte-Carlo, le Prométhée musicien, l’Orphée nouveau qui fut déchiré par la plume des critiques ! Berlioz y connaîtra, dans l’apothéose, le repos qu’il chercha vainement dans la vie. » Lui-même, Massenet, aura droit quelques années plus tard à son propre monument, à quelques mètres de là, devant l’entrée latérale du casino.

L’orchestre a joué, sous la direction de Léon Jéhin, les hymnes français et monégasque, ainsi que le final de la Symphonie triomphale de Berlioz.

« Quand j’avais 7 ans, mes parents, qui tenaient une librairie-journaux à Monaco, m’ont inscrit aux “Petits chanteurs” de la cathédrale. Ils m’entendaient toujours chanter avec la radio et pensaient que ça me conviendrait ! Je les en remercierai toute ma vie… »

Ainsi parle Jean-François Borras, le ténor qui a passé toute son enfance à Monaco et qui, applaudi aujourd’hui sur les plus grandes scènes, chantera le rôle de Faust pour la première fois de sa carrière.

Après son stage chez les « Petits chanteurs », Jean-François Borras a étudié le chant à l’Académie de musique de Monaco, dans les classes de Josée Vémian et Marianne Losco.

En 2014, sa carrière connaît un essor mondial lorsqu’il remplace à l’Opéra de New York Jonas Kauffman dans Werther.

Au cours de l’actuelle saison, on l’aura entendu à Séoul dans les Contes d’Hoffmann, dans Carmen à Francfort, dans Manon à l’Opéra de Vienne, dans le Requiem de Verdi à Helsinki. En avril, il chantera Carmen à Marseille, mis en scène par Jean-Louis Grinda.

Sophie Koch interprète Marguerite.	(DR)
Erwin Schrott sera Méphisto.	(DR)
Jean-François Borras, le ténor monégasque, interprète de Faust.	(DR)

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.