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Jazz-classique : le mélange des genres au Festival de Musique

Mis à jour le 08/08/2018 à 05:11 Publié le 08/08/2018 à 05:11
Le jazz du trio de Yaron Hermann est venu offrir une parenthèse au festival de musique classique.

Jazz-classique : le mélange des genres au Festival de Musique

S'aventurant au-delà du périmètre classique, la programmation s'est ouverte à l'excellent trio de Yaron Hermann, lundi soir, sur le parvis de la basilique Saint-Michel. Devant un public fourni

Cocteau, parrain du festival de Menton, qualifiait le jazz de « catastrophe apprivoisée ».

Catastrophe, le jazz ? Pas vraiment, lorsqu'on a entendu le concert de lundi au Parvis Saint-Michel, donné par le trio de Yaron Hermann, devant une « salle comble » en présence du maire Jean-Claude Guibal !

Le jazz était l'invité de la « soirée exceptionnelle » qui a lieu chaque année, au milieu de la programmation classique, depuis que Paul-Emmanuel Thomas tient (excellemment) les rênes du festival. C'est ce qu'on appelle le mélange des genres. La tendance est à la mode : dynamiter les frontières entre les différents styles de musique. À vrai dire, le jazz s'était déjà invité au festival de Menton avec le Golden Gate Quartet en 1970, Dizzy Gillespie en 1975, Oscar Peterson et Count Basie en 1978, Ray Charles en 1979.

Le jazz du trio de Yaron Hermann est un jazz chic, un jazz de luxe. Un jazz qui s'envole et papillonne.

Il fallait voir, lundi soir, avec quelle grâce Yaron le pianiste - disciple de Keith Jarret - faisait courir ses doigts sur le clavier. Le batteur Ziv Ravitz balayait de ses baguettes les disques dorés des cymbales avec une délicate nonchalance qui, pourtant, était d'une précision extrême. Pour ponctuer une fin de phrase du pianiste, il ajoutait un petit tintement pas plus épais qu'une goutte d'eau - la goutte d'eau qui fait déborder le jazz ! Cet homme donnait l'impression d'avoir le cou monté sur un ressort, tant sa tête ballottait au rythme de la musique. Yaron Hermann, lui, emporté par son élan, se dressait ou s'agenouillait devant son clavier, ou bien agitait son buste comme s'il était à cheval sur un pur-sang. Le troisième homme était le contrebassiste Haggai Cohen-Milo. Lui aussi faisait corps avec son instrument. Il s'arc-boutait autour de sa contrebasse, la transformant en partenaire d'une danse tribale. Il fallait les voir, les trois musiciens, lorsque la musique enflait, grandissait, explosait - car la soirée ne se déroula pas que dans les nuances délicates. Ils semblaient entrer dans une sorte d'extase collective. Ils faisaient transe à trois comme d'autres font le diable à quatre.

Le diable ? Pas question ! Au-dessus de la scène, Saint-Michel veillait avec son épée. Il n'aurait pas toléré de débordements excessifs.

Et c'est ainsi que le Festival classique de Menton s'est offert sa soirée jazz. Et si, à titre de réciproque, on proposait au festival de jazz de Juan-les-Pins de programmer des sonates de Bach ou des quatuors de Mozart ? Ce serait cela, le vrai mélange des genres !


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