Rubriques




Se connecter à

Jazz à Juan: rencontre avec Stacey Kent la plus française des américaines

Mercredi soir, la chanteuse américaine partageait l’affiche avec Van Morrison à Jazz à Juan. Rencontre avec la plus Française des Américaines.

Jimmy Boursicot Publié le 15/07/2022 à 14:25, mis à jour le 15/07/2022 à 13:57
Photo Jimmy Boursicot

Après avoir un peu joué au chat et à la souris, on a fini par se retrouver face à Stacey Kent en coulisses. Bob Kangol, lunettes de soleil et masque FFP2 noir sur le visage. Pas facile d’établir le contact, commencions-nous à pester. La native du New Jersey, aujourd’hui installée en Virginie après avoir vécu dans le Colorado, nous fera vite ravaler nos réticences, se livrant assez généreusement au sujet de son lien avec Jazz à Juan, où elle s’était déjà produite en 2004 et 2014, sur son rapport à la langue et aux chansons françaises, ainsi que sur son dernier album, Songs From Other Places, sorti en septembre dernier.

Moment intime, Chick Corea et cigales

On feuillette l’album souvenir marqué "Jazz à Juan", en commençant par le versant intime.

"Mon concert de 2004, c’est une date très marquante, surtout pour des raisons personnelles. Cela correspond à ma première rencontre avec le fils de l’homme qui a vécu avec ma mère pendant des années. C’était très spécial, une vraie belle nuit pour moi. Il est venu me voir jouer, on a partagé un dîner..."

En opérant un bond de dix ans en avant, on se retrouve dans la cour des légendes de la note bleue. "La deuxième fois, j’ai rencontré Chick Corea, qui nous a quittés l’an dernier. On avait parlé de plein de choses, j’avais pu l’écouter en restant derrière la scène, il avait fait pareil. C’était vraiment un bel échange, une connexion réelle. On avait parlé de chez moi, du Colorado... Tous ces petits détails comptent beaucoup pour moi."

 

Alors que George Benson nous confiait avoir été subjugué par la Méditerranée en toile de fond de la Pinède Gould, Stacey Kent s’attarde sur une autre spécificité locale: le chant des cigales.

"C’est un son que j’adore! Je l’entends tous les jours là où je vis maintenant, en Virginie. Et je crois que ça m’inspire beaucoup, comme si des musiciens marquaient le rythme derrière moi."

Cosmopolite

Programmée partout à travers le globe, Stacey Kent est devenue l’une des meilleures ambassadrices de la chanson française, elle qui interprète Ferré, Salvador ou encore Moustaki. Cela la remplit de fierté, tout en la replongeant dans une dimension très personnelle. "Pour moi, le français restera toujours la langue de mon grand-père. Il avait un rôle énorme dans ma vie. Même s’il n’est plus là, je retrouve notre petit monde quand je chante dans sa langue."

Sur Song From Others Places, un album né pendant le confinement, avec la complicité de son mari, le saxophoniste Jim Tomlinson, et le pianiste Art Hirahara, Stacey Kent reprend ainsi Les Voyages, de Barbara.

 

Le français n’est pas la seule langue étrangère à se retrouver sur la galette. En 2013, après avoir appris le portugais, l’artiste avait sorti The Changing Light, un disque inspiré par la bossa-nova. Un tropisme brésilien que l’on retrouve avec le morceau Imagina. Mais aussi, de manière plus étonnante, sur... Besame mucho, classique du répertoire hispanophone.

"J’ai découvert cette chanson à travers la version de João Gilberto, qui m’avait vraiment émue", nous explique l’Américaine.

Après avoir repris Blackbird des Beatles, Landslide de Fleetwood Mac, ou encore Lovely Day de Bill Withers, Stacey Kent ne cache pas son envie de poursuivre sur sa lancée. "Je voulais chanter certains titres depuis plus de vingt ans. D’autres sont arrivés plus tard. Il y en a encore beaucoup sur la liste de mes envies, donc on va donner une suite à ce projet."

Le meilleur moyen de nourrir sa relation avec Art Hirahara. "Notre lien va au-delà de la scène. Entre nous, le dialogue est super fluide, même à distance."

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.