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J.-C. Maillot: "On peut imaginer "F(ê)aites de la danse" sur deux jours"

Mis à jour le 06/07/2017 à 11:43 Publié le 06/07/2017 à 05:32
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J.-C. Maillot: "On peut imaginer "F(ê)aites de la danse" sur deux jours"

Sur un nuage depuis l'énorme succès de la première F(ê)aites de la Danse, le directeur des Ballets de Monte-Carlo est prêt à rempiler et dévoile une démarche artistique et humaniste militante

Comme l’équilibre d’un danseur ou l’alchimie d’une chorégraphie, le succès d’une grande fête culturelle et populaire ne tient souvent qu’à un fil.Celui du partage, de l’émotion, de la simplicité et de l’exigence mêlés.Bref, celui d’un professionnalisme dévoué dont les 250 danseurs et 600 membres du staff de F(ê)aites la danse ont fait montre, samedi dernier, pour monter de toutes pièces le plus grand événement culturel de Monaco en terme de fréquentation et, pour beaucoup, de spectacle. À la baguette, le directeur et chorégraphe des Ballets de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot, ne cache pas sa fierté, sa joie et son émoi, tout en réfléchissant déjà à l’après.

L’événement a manifestement dépassé toutes vos attentes?
J’avais dit, avec un peu d’ambition, qu’on viserait entre 5.000 et 10.000 personnes.Ce dont on est certain, chiffres à l’appui, c’est qu’il y a eu un pic à minuit avec plus de 10.000 personnes sur la place du Casino ["près" de 10.000 personnes selon le Ministère de l’Intérieur, qui n’a pu donner jusqu’à présent de chiffres de la fréquentation globale, ndlr].On sait aussi qu’entre 19 heures et minuit, il n’y a jamais eu moins de 7.000 personnes sur la place.et, ça n’engage que moi, mais je suis certain qu’entre 19 h et 1 h du matin, les mêmes personnes ne sont pas restées et donc qu’il y a eu plus de 20.000 personnes.

L’œuvre de votre carrière, de votre vie, a été de démocratiser la danse. Qu’espérer de mieux?
J’ai toujours eu cette volonté d’imaginer qu’il faut, du plus pointu au plus populaire, respecter toutes les propositions et n’exiger que la qualité.C’était le souhait de Jean Vilar etje m’amuse d’avoir vu Marion Crampe faire de la pole dance à F(ê)aites de la Danse. Dans le milieu culturel, certains ont dû ricaner ou pouffer de rire, mais la qualité indiscutable de sa présentation vaut bien d’autres présentations contemporaines plus pointues dans l’esprit de certains.Quelle que soit l’expression artistique, il n’y a pas de spectacle sans public!

Qu’ont ressenti vos danseurs?
C’est la première fois qu’ils se retrouvaient avec 10.000 personnes à leurs pieds.C’est un sentiment d’euphorie exceptionnel!Le dernier qui a su créer ce genre de relations avec le public, c’était Béjart quand il remplissait les Palais des Sports ou les Arènes de Vérone avec cette simple volonté d’offrir au public ce que la danse a de plus généreux, de plus accessible et direct.

Avez-vous en tête un équivalent à cette F(ê)aites de la Danse?
Non.J’ai tendance à dire que les choses s’étriquent, se tendent, se communautarisent, comme le monde.D’ailleurs, j’ai vraiment l’intention de faire une version théâtre de cette création.Je ne vois pas pourquoi pas on s’interdirait d’offrir des moments de bonheur et de joie.C’est une manière contemporaine de retrouver ce plaisir qu’on ressent devant certains grands ballets classiques. Ce côté cirque où le public ressent immédiatement ce que le danseur vit sur scène.

Vous trouvez les créateurs actuels trop frileux?
Dans la douleur, le malheur, la souffrance, l’expression de ce que le monde a de plus laid, il ne faut absolument pas que les créateurs négligent cette mission presque politique de la danse.L’espoir, le bonheur et le bien-être, c’est fondamental et nous est très rarement offert. Je pense que cette fête renoue avec une forme de danse qui avait disparu.

À quand la prochaine alors?
J’avais un peu sous estimé l’ampleur de la tâche (rires). Heureusement elle est largement récompensée par la réponse du public.On peut raisonnablement imaginer que, dans deux ans, il y en aura une deuxième.

Pourquoi pas tous les ans? Question de budget? Peur d’une forme de lassitude?
C’est une question de temps.La compagnie a une activité très importante. L’année prochaine, elle est en tournée jusqu’à fin juillet.Et en 2019 on a déjà une problématique parce qu’on sera en tournée en Australie jusqu’en juin. Il faut qu’on s’organise et je pense que ça mérite une petite cellule permanente pour faire fonctionner l’événement parce que, là, toute l’équipe des Ballets s’est mise sur le coup et ça a désossé complètement la structure. Personne ne le regrette évidemment.

Car vous avez désormais des certitudes?
Ce qu’on sait, avec la SBM et le gouvernement, c’est que la structure technique qu’on avait imaginée fonctionne très bien. ça simplifie.Mais il faut être vigilant sur le contenu artistique même si, cette fois, il n’y a pas eu de trous ou de faiblesses.Et puis on est un tout petit peu victime de ce succès aussi…

L’espace confiné de la place du Casino pourrait ne pas suffire après ce succès populaire?
À l’origine, j’avais vu plus large puisque je partais du port(rires). J’ai évidemment plein d’idées dans la tête mais il faut faire attention, ne pas être trop gourmand.Le fait qu’on soit assez cadré a quand même donné cette énergie qui peut se perdre quand on agrandit trop.La Fête de la musique n’a pas du tout la même force qu’au début par exemple.Il faut garder ce côté sympathique et le sentiment d’être proche des autres sans étouffer. Mais on pourrait imaginer des choses plus délirantes, en partant du port, un grand défilé. C’est toujours possible de faire plus.

Le modèle pourrait s’exporter?
Quand la surface est beaucoup plus grande ce n’est pas pareil.Il ne faut pas tomber dans le piège de la Fête de la danse avec tout le monde qui descend dans la rue et danse ce qu’il veut. Ce qui a plu aux gens, c’est d’être accompagnés par les danseurs.Mais ce n’est pas du tout impossible que ça s’exporte.
Je pense aussi qu’on peut l’imaginer sur deux jours. On peut imaginer deux soirées avec des temps forts et un dimanche matin avec des choses plus douces, des orchestres, des petits-déjeuners.

Sans toucher à la gratuité?
Ah non! ça, c’est fondamental!Un accès pour tous et aucune restriction.c’est le seul bémol qu’on a eu.Les gens avaient du mal à accéder à la nourriture, il y avait des queues trop longues. Mais ils faisaient la queue en souriant et en dansant.Et ça, ça devient rare! (rires) ça montrait bien que quelque chose a marché.J’aime ce genre de détail qui révèle l’état d’esprit des gens.Et l’état d’esprit, ça s’insuffle.


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